La chancelière allemande Angela Merkel a conclu mardi sa première visite en Chine par la capitale économique et financière, Shanghai, où elle a rencontré le représentant de l'Eglise officielle chinoise, Mgr Jin Luxian, dans un contexte de tension entre Pékin et le Vatican.
Cet entretien entre Mme Merkel et l'évêque de Shanghai, organisé à la demande des Allemands, a apporté une touche personnelle à une visite dominée par les questions économiques et commerciales, mais aussi les droits de l'Homme. Mme Merkel et Mgr Jin, un jésuite formé en France, ont eu un entretien privé d'une demi-heure et ont visité la cathédrale de Shanghai.
"J'ai été très impressionnée par l'évêque. Et aussi par son grand intérêt pour de bonnes relations entre le Vatican et le gouvernement chinois", a-t-elle dit à la presse. Mgr Jin a été nommé évêque en 1985 après avoir rejoint l'Eglise patriotique chinoise contrôlée par le régime. "La rencontre a été émouvante, l'évêque savait beaucoup de choses sur moi. Il savait que je suis protestante", a indiqué la chancelière.
S'exprimant en allemand, Mgr Jin, qui entretient des liens avec l'Eglise clandestine chinoise, s'est souvenu devant la chancelière, membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), de ses années en prison, près de 20 ans à partir de 1955. "Dieu est très bon avec moi. J'ai été en prison pendant tellement longtemps, mais Il m'a encore accordé du temps pour pouvoir vivre", a-t-il dit, selon des sources diplomatiques allemandes.
Malgré la volonté de rapprochement de Benoît XVI, qui aspire à normaliser les relations avec la Chine, rompues à l'initiative de Pékin au début des années 1950, le régime communiste a montré ces derniers temps sa détermination à garder le contrôle de l'Eglise officielle en nommant des évêques sans le consentement du pape. La Chine compte plusieurs millions de catholiques divisés entre l'Eglise patriotique, qui revendique 5 millions de fidèles, et une Eglise clandestine fidèle au Vatican, qui en rassemblerait une dizaine.
Mme Merkel a indiqué avoir évoqué les droits de l'Homme lundi à Pékin au cours de ses entretiens avec le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao, qu'il s'agisse du contrôle exercé par le régime communiste sur l'internet ou du Tibet. "Je pense que le gouvernement chinois écoute avec beaucoup d'attention cette question des droits de l'Homme", a estimé mardi Mme Merkel devant les journalistes.
"Nous devons avoir plus de discussions. Nous devons parler le même langage à la fois chez nous et en Chine lorsqu'il s'agit des droits de l'Homme", a-t-elle ajouté. Paradoxalement, pour son passage dans la capitale économique et financière, les affaires semblent avoir été reléguées au second plan. Allemands et Chinois n'arrivent pas à s'entendre sur l'extension de la ligne de train à sustentation magnétique Maglev, de conception allemande, actuellement en service à Shanghai sur 30 km pour la prolonger jusqu'à Hangzhou (est), à 170 km. Le contrat pourrait s'élever à 4,3 milliards de dollars.
Un accord préliminaire avait été trouvé et la Chine faisait pression pour que le document final soit signé lors de la visite de Mme Merkel, ont indiqué des responsables allemands. Cependant, ont-il ajouté, l'Allemagne s'oppose à un certain nombre d'exigences chinoises, en particulier en matière de transfert de technologie. Avant de se rendre à l'aéroport de Pudong, le nouveau quartier ultra-moderne, en empruntant ce même Maglev, Mme Merkel a rencontré le maire de la ville, Han Zheng. La chancelière a quitté la Chine en début d'après-midi.
» Réagissez, Ajoutez votre commentaire !
Articles Relatifs