La tension reste vive entre Tokyo et Pékin. Le chef de la diplomatie japonaise, Taro Aso, a évoqué dimanche "un sentiment de menace" lié aux dépenses militaires chinoises croissantes tandis qu'un haut responsable gouvernemental excluait que le Premier ministre Koizumi renonce à ses visites au sanctuaire controversé de Yasukuni.
M. Aso, dont les critiques irritent le régime communiste depuis quelques mois, s'inquiète de l'augmentation des dépenses militaires de la Chine. "On ignore à quoi sert l'argent. Cela engendre un sentiment de menace pour les pays alentour", a-t-il affirmé sur la chaîne Fuji TV.
Depuis le début des années 1990, Pékin annonce quasiment tous les ans une hausse à deux chiffres de l'enveloppe consacrée à ses 2,5 millions de militaires, ce qui préoccupe le Japon et les Etats-Unis.
Pékin assure que tout est transparent et le président Hu Jintao a même proposé la tenue d'un sommet avec le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi si celui-ci renonce à se rendre au sanctuaire de Yasukuni, qui rend hommage aux 2,5 millions de morts pour la patrie, parmi lesquels des criminels de guerre condamnés. La Chine y voit une preuve de révisionnisme et une offense à la mémoire de ses victimes de l'agression japonaise avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Le porte-parole du chef de cabinet japonais Shinzo Abe a exclu de lier discussions et sanctuaire, estimant que "c'est la Chine qui doit faire un autre pas en avant" et que la question du sanctuaire relevait des affaires intérieures.
Le Japon et la Chine sont liés par des échanges commerciaux de plusieurs milliards d'euros mais leurs relations se trouvent au plus bas depuis des dizaines d'années. Ces disputes menacent la stabilité d'une région déjà au climat déjà tendu en raison du programme nucléaire nord-coréen.
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