Depuis ce mercredi, le Tibet est officiellement réouvert aux touristes étrangers. Mais si cette décision de Pékin apparaît comme un pas en avant, elle n'en reste pas moins soumise à des conditions drastiques.
Depuis les émeutes de mars au Tibet, le Haut Plateau était totalement fermé aux étrangers sur volonté du gouvernement chinois qui présentait la zone comme risquée. Alors que de nombreuses ONG critiquaient l'impossibilité pour des journalistes et observateurs étrangers de se rendre dans la région, Pékin avait progressivement désserré l'étau en autorisant les touristes de Chine continentale (fin avril) et ceux d'Hongkong, Macao ou encore Taïwan (début mai) à se rendre sur place.
Mais la réelle question que se posait le reste du monde était de connaître la date de réouverture de la région aux touristes et journalistes étrangers : des voyages de presse avaient bien été organisés mais n'avaient pas vraiment convaincu les participants en raison d'un encadrement trop “stricte” et l'impossibilité d'entrer en contact direct avec des habitants.
Or, depuis mercredi, la Chine autorise à nouveau les visiteurs non chinois à se rendre à Lhassa. Un évènement en soi même si l'afflux de touristes risque de rester limité encore un long moment, et ce au grand dam des commerçants locaux. Il faut dire que les procédures, déjà compliquées, pour obtenir une autorisation pour la capitale tibétaine sont actuellement très longues et complexes sur le plan administratif.
La Chine avait expliqué la fermeture du Tibet par une situation dangereuse et instable sur place, plaçant les émeutiers et le Dalaï Lama comme responsables de cette interdiction. Suite au récent passage de la Flamme olympique à Lhassa, le gouvernement chinois a estimé que la situation est redevenue suffisamment sûre pour réouvrir le Haut Plateau aux touristes.
Il faut dire que les professionnels du tourisme ont considérablement souffert de l'absence de visiteurs étrangers : alors qu'ils tablaient sur une hausse de 25%, ils ont dû faire face à une quasi absence de recettes depuis les émeutes de mars…
Ce qui peut expliquer la situation inconfortable du gouvernement chinois, quelque part obligé de rouvrir le Tibet pour des raisons économiques, mais peu enthousiaste à l'idée de voir des journalistes mettre leur nez là où il ne faut pas…
Car depuis les violences de mars, les chiffres concernant les victimes comme les informations concernant la répression des révoltes ont varié du tout au tout selon les sources. Nul doute que les visiteurs étrangers seront triés sur le volet et couvés de toutes les attentions durant leur séjour…
N.J. pour Chine Informations
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