Alors qu'un réchauffement entre la Chine et l'entourage du Dalaï Lama peut se profiler avec la reprise du dialogue entre les deux parties, Pékin continue d'user face aux médias d'une position dure et accusatrice : «le leader tibétain n'est rien d'autre qu'un séparatiste à l'origine des émeutes de mars»...
Depuis les émeutes de mars dernier au Tibet, le gouvernement chinois n'a pas manqué de pointer du doigt le gouvernement tibétain en exil du Dalaï Lama. Une véritable guère de communication semble se jouer entre les deux camps, comme l'en avait attesté l'interprétation et les chiffres contradictoires donnés suite aux soulèvements de la minorité tibétaine...
Alors que de nombreux pays occidentaux montrent clairement une sympathie envers la cause du Dalaï Lama, Pékin ne semble pas vouloir infléchir sa position quant à la situation controversée dans les Hauts Plateaux.
On aurait pu voir la reprise d'un dialogue entre proches du Dalaï Lama et membres du gouvernement chinois comme une étape majeure d'une normalisation. Aujourd'hui, on est en droit de penser que la Chine cherche avant tout à faire bonne figure face à ses détracteurs occidentaux avant les Jeux Olympiques, et ainsi éviter des boycotts politiques de la cérémonie d'ouverture.
Car en dépit de cette reprise du contact entre le Parti Communiste et le gouvernement tibétain en exil, les dirigeants chinois continuent d'utiliser une réthorique claire et sans concession dans les médias.
Interrogé en conférence de presse sur la fermeture du Tibet aux journalistes étrangers, le porte parole du ministère des Affaires étrangères chinois Qin Gang n'y est pas allé par quatre chemins : «je voudrais souligner que c'est à cause des crimes extrêmement violents perpétrés à Lhassa le 14 mars que Lhassa et les autres régions du Tibet ne peuvent pas accueillir aujourd'hui les journalistes étrangers, et nous n'en sommes pas responsables.»
Une manière claire de rejeter toute idée de censure ou de volonté chinoise de cacher aux yeux du monde une éventuelle répression. Et en réponse à la question «qui est responsable des émeutes ?», la réponse est claire et sans détour : «vous ne savez vraiment pas ? Bien sûr c'est la clique du Dalaï Lama.» Comprennez donc que ce dernier est responsable de la fermeture du Tibet aux journalistes étrangers...
Cela n'apporte rien de bien nouveau dans la communication du gouvernement chinois, qui n'avait pas hésité à présenter le leader tibétain comme «un homme au coeur de bête»... On peut néanmoins s'interroger sur le fait que la Chine accuse le gouvernement tibétain en exil depuis le début des émeutes en mars et prétende avoir des preuves de sa responsabilité, mais ne les communique pas au reste du monde.
Le plus surprenant reste la possible poursuite de consultations entre Pékin et «la clique du Dalaï Lama» dans de telles conditions. Ce dialogue peut-il arriver à des résultats tangibles ?
Les déclarations chinoises ne prêtent pas à l'optimisme, mais pourraient peut être s'expliquer plus par des besoins de propagande interne que par réelle conviction. En accusant perpétuellement le Dalaï Lama d'activités séparatistes et de la responsabilité des émeutes, Pékin semble s'adresser avant tout à ses citoyens. Préserver la mauvaise image du leader tibétain ainsi que sa culpabilité est actuellement essentiel pour le régime, qui n'a pas le droit de céder face aux pressions occidentales...
N.J. pour Chine Informations
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