Le Président Chen Shui-bian a nié avoir mal agi et a utilisé un ton de défiance assez ironique ce dimanche alors qu'il s'adressait, pour la première fois au public après que des procureurs aient inculpé son épouse et l'aient accusé de corruption et de détournements de fonds publics. Il a par ailleurs précisé qu'il ne démissionnerait que si les juges condamnaient sa femme. «Si elle est jugée coupable, je ne ferai pas appel et je démissionnerai » a t-il indiqué, tout en accusant les charges d'être inacceptables. «Cette mise en accusation n'est rien d'autre qu'une mise à mort des politiciens...»
Ce discours, tant attendu, arrivait deux jours après l'inculpation pour détournements de Wu Shu-jen, son épouse, et de plusieurs conseillers politique de la présidence. L'accusation indique que ce sont quelques 14,8 millions NT$ qui ont été détournés (361 000 €) depuis les fonds publics. Le bureau des procureurs de Taipei indiquait également vendredi lors de l'annonce des inculpations que suffisamment de charges existaient pour poursuivre le Président Chen. «Pas un centime n'est allé dans mes poches ... tout a été dépensé dans des fonds diplomatiques secrets, pour le bien du pays ... je ne peux pas en dire davantage...» a t-il précisé.
Alors que les juges l'accusent également d'avoir fait passer des frais personnels pour des dépenses d'état, et de ne pas avoir conservé les reçus prouvant ses achats, le Président a rétorqué se référant à la troisième personne à son surnom : «Je dois vous demander honnêtement ... pensez vous que A-Bian pourrait faire ce genre de stupidité ? (...) Aurait-il besoin d'utiliser des méthodes de corruption pour des sommes aussi dérisoires que 129 NT$ ? Par ailleurs est-ce vraiment un crime que de ne pas conserver des tickets après trois, quatre ou cinq ans, pour justifier des achats de 129 NT$ ? » (129 NT$ =3,10 €). Le Président, qui est protégé de toute instruction judicière tant qu'il est à son poste, est revenu pendant les 45 minutes de sa conférence de presse sur tous les points majeurs de l'accusation, les démontant les uns après les autres, prouvant que les résultats étaient faussés.
Il a par ailleurs précisé n'avoir aucun motif particulier pour avoir volé l'Etat, et il a rappelé que son propre salaire était même emputé d'une somme qui totaliserait 44 million NT$ (1,107 millions €) à la fin de son mandat en 2008. Il s'est par ailleurs défendu d'avoir utilisé les mêmes "techniques" que ses prédécesseurs, indiquant qu'il avait supprimé tous les comptes "louches" mis en place par le Parti Nationaliste (KMT) lorsqu'il était au pouvoir, et que les comptes du gouvernement étaient clairs et consultables par tous. Il s'est par ailleurs excusé envers la Nation et son parti pour les dommages que cette affaire a causé au pays.
Dimanche en début d'après-midi, une manifestation géante avait pris d'assaut les rues de Taipei. Avec en tête du cortège le président du KMT, et maire de Taipei, Ma Ying-jeou, les manifestants ont crié des slogans hostiles au Président, lui demandant de démissionner sans attendre .
» Réagissez, Ajoutez votre commentaire !
Articles Relatifs