Sous front de crise écologique mondiale, les pays s'activent pour la recherche et le développement d'énergies alternatives. La Chine pourrait devenir dans les prochaines années l'un des leaders mondiaux de l'énergie solaire. Cependant, dans un premier temps, le pays doit encore acquérir la technologie et le savoir-faire des firmes occidentales.
Un groupe public du centre de la Chine prend une place dominante dans un créneau d'avenir, grâce à une PME allemande. A Houbu (Shanxi), Lu'an est un poids moyen du charbon, qu'il extrait à raison de 12 millions de tonnes / an. 155ème groupe du pays, il a aussi un pied dans la mécanique, le ciment, la filière bois - et bien d'autres. Le prix du charbon qui s'envole lui assurent une confortable réserve de cash: assez pour acheter à Centrotherm (Blaubeuren) la chaîne intégrée nécessaire pour maîtriser la transformation de sa silice en cellules photovoltaïques. Le contrat du 14 juillet pourrait atteindre 160 millions d'euros, pour un «grand nombre» de réacteurs et convertisseurs (pour obtenir 7 tonnes/jour de polysilice de qualité solaire), et deux lignes « clé en main » de cellules, d'une capacité de 30 Mégawatts/an. Premières livraisons prévues sous douze mois. Le marché est évidemment porteur : dès fin 2009, la capacité solaire chinoise installée atteindra 4 millions de Mégawatts. Mais l'enjeu va plus loin. Des 50 producteurs chinois solaires actuels, peu survivront dans dix ans, faute de maîtriser toute leur chaîne de production. Lu'An fera probablement partie des gagnants, ayant toutes les cartes en main, matière première, fonds et technologie. La seule question qui intrigue, est quelle énergie poussant une groupe « baron de province » à s'arracher à sa léthargie : la loi, peut-être, qui lui impose l'investissement en énergies renouvelables ?
Extrait du Vent de la Chine n°25
Pour C.I.
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