En faisant un lien entre le séisme destructeur du Sichuan et la politique chinoise au Tibet, Sharon Stone a créé la polémique. Et alors que le groupe Christian Dior, qui utilise l'actrice dans ses campagnes publicitaires, a tenté de calmer le jeu, la vedette américaine persiste et signe...
Tout à commencé lors du Festival de Cannes, pendant lequel Sharon Stone avait émis en public des opinions visiblement assez tranchées sur la politique de Pékin au Tibet et le récent séisme au Sichuan : "Je n'apprécie pas la façon dont les Chinois traitent les Tibétains car je crois que personne ne devrait se montrer méchant envers quelqu'un d'autre. Et puis est arrivé ce tremblement de terre et tout ce qui s'est passé. Et je me suis demandé, est-ce que ce ne serait pas le karma - quand vous n'êtes pas gentils et que de mauvaises choses vous arrivent ?"
Une déclaration qui n'a pas manqué de créer une réaction de colère en Chine, particulièrement visible sur Internet via les messages laissés dans les forums. De nombreux cinémas ont également pris l'initiative de ne plus diffuser de films où apparaît l'actrice, tandis que la maison de couture et de cosmétiques Christian Dior a retiré de ses magasins de Chine continentale toutes les affiches publicitaires avec la belle.
"A la lumière des réactions négatives provoquées par les remarques inappropriées de Sharon Stone, Dior-Chine a décidé d'annuler immédiatement toutes les publicités, les campagnes de marketing et les activités commerciales liées à Sharon Stone" avait ainsi indiqué la marque, pour se désolidariser de son égérie, dans un communiqué réagissant aux propos de la vedette américaine.
Alors qu'il semblait que l'actrice regrettait ses dires et avait fait des excuses publiques, un nouveau pavé vient d'être lancé dans la mare. Un communiqué diffusé par les bureaux Dior-Shanghai, et attribué à Sharon Stone, faisait état des remords de cette dernière et d'un mea-culpa plus que prononcé : "mes propos et actes erronés ont mis en colère et attristé les Chinois et je présente sincèrement mes excuses pour cela".
Or, un récent article du New York Times rapporte que le communiqué original fait par l'actrice est quelque peu différent. Elle y indique ainsi que ses mots ont été mal interprétés car sortis de leur contexte, et y exprime sa sympathie pour les victimes du séisme. Mais aucune trace d'excuses ou de regrets, au grand dam de son employeur...
C'est sur ce point que les propos de l'actrice aurait été détournés, les dirigeants de Dior voulant la voir s'excuser publiquement. Ce qu'elle ne semble pas prête à faire, estimant que les accusations dont elle fait l'objet sont fausses...
A ce jour d'ailleurs, il existe des divergences entre ce que la vedette américaine aurait réellement dit, et la couverture du sujet par les médias chinois. Ces derniers lui font dire que le séisme serait selon elle une conséquence de la politique chinoise au Tibet, alors qu'elle prétend avoir voulu mettre en avant l'attitude exemplaire des Tibétains désireux d'aider les victimes du séisme.
L'imbroglio entre la star américaine et la marque de luxe est néanmoins révélateur : les entreprises occidentales ayant un marché important en Chine sont prêtes à tout pour ménager leur public. Y compris à fermer les yeux sur des sujets (le Tibet, le Darfour, liberté de la presse) où les critiques pleuvent habituellement à l'encontre de Pékin.
Le vocabulaire employé dans la communication de la grande marque de couture est d'ailleurs assez symbolique et révélateur : "Dior a été l'une des premières marques internationales sur le marché chinois et a gagné l'affection et le respect des consommateurs. Nous sommes résolument opposés à toute remarque qui blesse les sentiments du peuple chinois" avait ainsi indiqué le groupe dans un communiqué peu après la sortie verbale de Sharon Stone.
S'il est évident que cette dernière a dérapé en faisant un lien entre la politique de Pékin et le séisme du 12 mai, on peut regretter que le groupe Dior, comme beaucoup d'autres, ait une attitude en retour totalement motivée par l'aspect économique et qui consiste à caresser excessivement les consommateurs chinois dans le sens du poil.
N.J. pour Chine Informations
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