Si la Chine vient d'achever un deuil exceptionnel de trois jours en la mémoire des victimes du séisme au Sichuan, les difficultés ne font que commencer pour Beijing : outre le fait que le traumatisme soit encore palpable, le gouvernement va devoir s'attaquer à plusieurs objectifs de taille, entre la prise en charge des sinistrés et la reconstruction des zones touchées...

Tentes faisant office d'écoles dans la région sinistrée du Sichuan
Réévalué par les autorités à 80000 morts et disparus depuis jeudi, le bilan du séisme au Sichuan ne cesse de s'alourdir. Outre la douleur suscitée par la catastrophe naturelle, c'est la question de la reconstruction et la gestion des sinistrés qui posent aujourd'hui problème.
Pour reconstruire, 70 milliards de yuans ont été débloqués par la Chine. Mais si les chiffres concernant les victimes sont terribles (plus de 55000 morts, près de 25000 disparus), la vraie urgence se situe au niveau des rescapés.
En effet, le séisme a laissé plus de 5,2 millions de sans-abri. Ceux-ci comptent sur l'aide de leurs dirigeants pour leur assurer un retour à une vie décente. Il faut dire qu'entre Wen Jiabao et Hu Jintao, les autorités chinoises ont montré, à profusion via les médias, leur implication pour venir en aide aux victimes.
Si la promesse est facile à faire, pouvoir la tenir relève du challenge alors que se profile la saison des pluies dans le sud-ouest chinois. Aujourd'hui, l'idée est de parer au plus pressé en fournissant des logements préfabriqués et des tentes aux nombreux sinistrés.
La Chine espère d'ailleurs recevoir en priorité des tentes de la part de la communauté internationale, car actuellement les stocks disponibles ne suffisent pas à répondre à la forte demande. Sur CCTV, il était d'ailleurs possible de voir le président Hu Jintao dans une usine, en train d'exiger l'accélération du rythme de production.
Mais plus qu'un problème de quantité, la qualité des logements provisoires reste précaire. Les conditions sanitaires sont en général mauvaises et différents types d'épidémies sont redoutés alors que l'été et ses températures élevées approche. L'une d'elle, la gangrène gazeuse, contagieuse et mortelle, aurait déjà été découverte dans la zone du sinistre.
Pour lutter contre ce fléau potentiel, l'OMS a d'ailleurs annoncé un nouvel envoi de matériels de désinfection et traitement de l'eau, de toilettes mobiles, et prépare l'envoi de médicaments. Beijing se retrouve en face d'une course contre la montre pour éviter de voir le bilan du tremblement de terre s'alourdir indirectement.
Nicolas Jucha pour C.I.
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