Beijing, consacrée par de nombreuses chansons, livres ou poèmes comme la capitale de la petite reine est néanmoins touchée par un fléau depuis quelques années.
Ce ne sont pas moins de 4 millions de vélos qui étaient dérobés chaque année dans le pays, comme le rapporte le Quotidien du peuple en ligne.
Afin d'enrayer ce qui semblait se rapprocher d'une nouvelle discipline olympique, au même titre comme la revente sauvage des deux roues sur des marchés d'occasions, pas toujours marqués par la régularité, comme l'avait consacré il y a une dizaine d'années le film « Beijing Bicycle », les autorités chinoises ont décidé de s'en prendre au phénomène par la racine.
Dès la fin de cette semaine, tout nouvel acquéreur d'un vélo devra se sacrifier à une tâche qui devrait mettre des bâtons dans les roues à toute tentative de vol.
Les nouveaux propriétaires de deux-roues devront désormais sacrifier à l'enregistrement de leur moyen de locomotion privilégié auprès des services de police: toutes les coordonnées personnelles devront être fournies, noms, numéros de cartes d'identité, numéros de téléphone permettront aux services de police et de sécurité publique de localiser plus aisément les véritables détenteurs de bicyclette en cas de vol.
La tâche qui pour l'instant n'est appliquée que dans la capitale, serait d'une autre ampleur si elle venait à être étendue à l'ensemble du pays. La faune vélocipède chinoise est la plus importante au monde, avec près de 470 millions de bicyclettes en circulation.
Cette mesure, véritable coup de frein contre les circuits de revente illégale, devraient pour le moins être rédhibitoires pour les personnes songeant à commettre ce menu larcin, qui semble toutefois assez intéressant, à en juger l'arrestation de 4 000 auteurs de vols.
Ceux-ci devraient désormais cesser de faire des émules et d'alimenter le marché noir, auquel les propriétaires de vélos devaient souvent se tourner. Cette initiative devrait porter un plus grand coup d'arrêt à la revente illégal par rapport aux descentes de polices effectuées en mai dernier dans les échoppes non-officielles de la capitale, dont la portée était restée toute relative.
Dans un pays où en des temps pas si lointains l'acquisition d'un deux-roues était synonyme d'une relative conquête vers une situation sociale plus confortable, la bicyclette bénéficie encore d'une grande aura auprès de la population, permettant de se faufiler entre les nombreuses automobiles, au mépris des dangers et des bouchons.
L'organe de presse officiel du Comité central du Parti communiste chinois rappelle enfin par la sentence suivante : « Dans ce cercle vicieux, ceux qui volent les vélos et les revendent aux marchés noirs en profitent tandis que les résidents volés en souffrent » que ces pratiques illégales privent avant tout la partie la moins fortunée de la population d'un mode de transport, pratique, accessible, économique et surtout non polluant.
Frédéric Lepape
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