Sur fond de croissance galopante, la corruption prend des proportions inquiétantes en Chine. Les cadres dirigeants vont être contraints à plus de transparence sur leur vie privée et leurs investissements.
La croissance phénoménale de l'économie chinoise (10,2 % en 2005) a considérablement accru les opportunités de corruption. Face à un fléau qui gangrène tous les échelons de la société, Pékin semble découvrir les vertus de la transparence. Le Parti communiste chinois vient de lancer une énième campagne anticorruption exigeant de ses cadres dirigeants la transparence sur leur vie privée et leurs investissements.
La plus haute instance communiste, le bureau politique du comité central, a annoncé que les cadres dirigeants disposeront d'un mois pour informer le parti de tout changement dans leur situation conjugale. Ils devront également dire si eux ou leur épouse, ou les enfants vivant sous le même toit, achètent, vendent ou louent un bien immobilier, s'ils se marient avec des étrangers, ou si leur épouse ou leurs enfants sont l'objet d'une enquête judiciaire.
Scandales. Les cadres devront également indiquer si leurs proches ont des intérêts dans des entreprises privées ou travaillent pour des entreprises (joint-ventures ou filiales de groupes étrangers) comme cadres. Cette nouvelle directive intervient à la suite de plusieurs scandales. A Shanghai, l'ancien responsable du fonds de pension de la ville fait l'objet d'une enquête après le détournement de 3,2 milliards de yuans (400 millions de dollars).
A Pékin, l'ancien vice-maire qui supervisait les projets de construction pour les jeux Olympiques de 2008 est également dans la ligne de mire de la justice. Le boom de la construction alimente une corruption débridée dans ce secteur. Un récent rapport officiel a indiqué que la corruption aurait coûté plus de 30 milliards de yuans (3,75 milliards de dollars) à l'Etat au cours du seul premier semestre 2006. La Chine arrive au 78e rang des pays les plus corrompus de la planète, selon l'indice que publie chaque année Transparency International. Les autorités sont conscientes des conséquences désastreuses et délétères ce problème. Mais elles semblent incapables de l'éradiquer.
Cinquante cas. Le secteur bancaire n'est pas épargné. Un récent rapport de la banque centrale chinoise indique que les autorités de Pékin ont découvert cinquante cas importants de blanchiment en 2005 pour un total de 10 milliards de yuans (environ 1,25 milliard de dollars). En 2005, les banques lui ont transmis 7,85 fois plus de rapports qu'en 2004 sur des transactions présumées douteuses en yuans, et 11,96 fois plus sur des transactions en devises sur lesquelles pesaient des soupçons.
3,75 milliards de dollars, c'est la facture de l'incurie et de la corruption pour l'Etat chinois au premier semestre, selon un rapport officiel.1,25 milliard de dollars a été blanchi en Chine à travers une cinquantaine de cas importants découverts en 2005, selon la Banque centrale.
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