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Pékin 2008 : Budget grandiose pour les Jeux

La Chine recèle de monuments historiques: la Grande Muraille, les guerriers Terracotta et la Cité interdite. Et les dirigeants de la Chine moderne veulent tirer profit desJeux olympiques pour remodeler la capitale et consolider leur propre héritage.

La note de quelque 40 milliards $ US associée aux Jeux de Beijing et aux infrastructures connexes dépassera largement celle qu'ont dû payer les précédentes villes hôtes et pourrait représenter, selon les prévisions de certains économistes chinois, jusqu'à 43% des dépenses totales des Jeux olympiques depuis ceux de Montréal en 1976.

En fait, presque tout sera plus imposant à Beijing. Le Parc olympique, qui accueillera de nombreuses compétitions, est six fois plus vaste que celui d'Athènes et trois fois plus grand que Central Park, à New York.

Le Centre national aquatique -- une structure audacieuse qui rappelle un immense cube enveloppé de papier à bulles -- fait deux fois la taille de celui de Sydney, en Australie.

Beijing réalise même une expansion de ses infrastructures aéroportuaires, initiative qui lui permettra d'accueillir 60 millions de passagers par an d'ici à 2015 -- soit à peu près l'équivalent de la population de la France.

Jeux grandioses

Les Jeux de Beijing «seront probablement les jeux les plus grandioses de l'histoire», lance Brian Newman, PDG de Sydney Olympic Park Authority.

Mais l'ampleur et la magnificence des Jeux olympiques de Beijing soulèvent des interrogations quant à la façon dont la ville gérera ses infrastructures sportives après les Jeux, un problème qui afflige toute ville hôte mais qui devrait toucher Beijing de façon nettement plus importante.

Les sites olympiques ont été conçus afin d'accommoder les attroupements de 400 000 personnes qui se dirigeront vers les immenses stades, dit M. Newman. «Vous ne verrez jamais autant de visiteurs après les Jeux. Que faire, alors, de ces grands espaces?», dit-il.

Expériences passées

Le parc olympique de Sydney - construit pour les Jeux de 2000 et qui correspond au quart de la taille de celui de Beijing - accuse toujours un déficit important mais devrait s'autofinancer d'ici à 2015. Quoi qu'il en soit, bien des experts en gestion sportive le considèrent comme un exemple à suivre, ses installations étant fréquemment utilisées et ayant même accueilli de grands événements sportifs, telle la Coupe du monde de rugby en 2003.

Londres, qui a été élue hôte des Jeux de 2012, planche déjà sur sa stratégie d'utilisation des infrastructures après les Jeux.

La ville, qui a déjà dépassé son budget initial, a conçu certaines installations olympiques de façon à ce qu'elles puissent être facilement démantelées et transportées vers d'autres régions du pays, souligne Peter Mann, vice-président exécutif du conseil de PMP, une firme-conseil en gestion sportive qui participe au processus de planification. «Si l'existence d'une infrastructure sportive n'est pas totalement défendable, elle n'existera plus après les Jeux», dit-il.

Concurrence étatique

Contrairement à Sydney, Beijing n'a pas mandaté un seul organisme pour la gestion de ses infrastructures après les Jeux. Elle sera plutôt confiée aux entreprises étatiques qui ont écopé de la majorité des coûts faramineux associés à leur construction, ce qui fait craindre une concurrence féroce au sein des différents sites pour la tenue d'événements d'importance.

«Ils vont se concurrencer les uns les autres pour accueillir les mêmes défilés et concerts rock», déplore Gilbert Van Kerckhove, ressortissant belge qui agit comme conseiller pour le gouvernement municipal de Beijing en ce qui a trait aux questions olympiques.

Kang Wei, PDG de la société Beijing State-Owned Assets Management (BSAM), le groupe responsable de la gestion de cinq stades, reconnaît que la fragmentation de la gestion s'avère «le principal problème».

Le gouvernement est conscient des dangers qu'une vive concurrence risque d'engendrer, dit-il, mais «la mission du gouvernement consiste à tenir des Jeux olympiques réussis».

Pour sa part, le BSAM -- filiale investissement du gouvernement municipal de Beijing -- a des plans ambitieux, bien qu'encore flous, pour l'utilisation de ses stades. Au coeur des projets liés au Centre national aquatique, évalué à 125 millions $ US et surnommé «l'aquacube», des installations concurrentielles de moindre envergure et davantage d'espaces détente - notamment des spas, trois terrains de tennis intérieurs et des pratiques de prix à plusieurs niveaux - afin de cibler différents groupes de consommateurs.

Défi de taille

Le défi sera à la mesure des enjeux. Les représentants de Beijing n'ont toutefois aucun échéancier à respecter pour s'assurer de la rentabilité commerciale de l'aquacube et des autres stades sous la gestion de BSAM, révèle un représentant.

Dans sa forme actuelle, l'utilisation à des fins commerciales du Stade national - un gracieux amalgame de boucles en acier conçu par la firme suisse Herzog & de Meuron et surnommé «le nid d'oiseau» - sera limitée.

Afin de réduire les coûts, les autorités ont décidé d'abandonner l'idée d'y ajouter un toit rétractable, rendant difficile la location du stade durant la période hivernale. Beijing mise sur une vaste population à forte croissance -- qui devrait augmenter de 25 % d'ici à 2010 pour atteindre 20 millions -- pour remplir ses immenses stades. Les urbanistes municipaux ont cru bon d'ajouter un musée, plusieurs hôtels de même qu'un centre commercial sous-terrain au parc olympique afin d'assurer que le secteur demeure dynamique au lendemain des Jeux.

Acheteurs

Les infrastructures qui serviront à loger les athlètes olympiques trouvent déjà preneur, certains acheteurs étant prêts à débourser plus de 2000 $ US le mètre carré -- cher selon les normes de Beijing -- pour le privilège d'habiter là où les participants aux Jeux olympiques ont logé. Les organisateurs des Jeux de Beijing ont également aménagé certaines infrastructures olympiques au coeur des campus universitaires de la ville.

Mais la pénurie de ligues sportives professionnelles en Chine, conjuguée aux antécédents peu reluisants des promoteurs immobiliers chinois en matière de maintenance, pourrait ajouter aux maux de tête de Beijing durant la période post-olympique, disent les spécialistes de l'industrie.

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Source : inconnue,
Le 08 mai 2007
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