Les immeubles seront beaux et apprêtés, les stades aux centaines de millions de dollars seront neufs et colossaux, CCTV5 (chaîne sportive chinoise) est déjà devenu CCTV JO, les rues seront olympisées dans 8 mois. 8 mois pour refaire une beauté à une ville vers laquelle tous les regards vont converger. 8 mois pour soigner sa face, ses façades, sa façon d'être.
Sans aucun doute les chinois ne seront pas en retard sur les constructions et les infrastructures mais les esprits chinois seront-ils prêts à recevoir les critiques venues du monde entier ? Les personnes qui visiteront la capitale seront prévenues de la sensibilité chinoise sur les questions du Tibet, de Taiwan, du Darfour, des droits de l'homme, seront-ils pour autant assez compréhensif sur le concept de communisme capitaliste autoritaire ? Ajouté à la désinformation commune des deux côtés, aux problèmes de langues, les incompréhensions seront pour le moins sportives dans les discussions d'après match.
Beaucoup de chinois d'outre mer mais aussi d'oubliés de la croissance vont vouloir profiter de cette vitrine pour exprimer leur rancoeur envers le régime pékinois, et lorsqu'on sait qu'on peut finir au poste pour une blague déguisée sur WangFuJing (principale rue commerçante à Pékin), on peut craindre qu'un débordement tourne mal pour l'image de ces jeux.
Un autre aspect du problème pékinois, et ce qui fait que ce titre devient symbolique d'une des plus grandes préoccupations des pays en développement est celui de la réconciliation de l'écologie et du développement économique.
Pékin a soif.
Certains osent même parler de relocaliser l'emplacement de la capitale. Pékin symbolise le centre du pouvoir de la Chine depuis 1421 malgré quelques épisodes historiques où la capitale a été momentanément déplacée, à Nankin notamment.
Déjà Pékin pompe les réserves en eau de toutes les provinces environnantes, le prix devient très difficile à supporter pour la communauté urbaine, forte de près de 20 millions d'habitants. Un projet de détournement de toute la rivière Han est à l'étude après avoir commencé à épuiser la rivière Hai. Le président Hu, ingénieur en hydraulique de Tsinghua, ne pourra pas le contredire, c'est une folie de miser sur le développement économique, industriel et démographique de la ville, déjà étouffée par le trafic urbain, la ceinture industrielle, la folie immobilière.
C'est la version chinoise du Financial Times qui l'avance, relocaliser la capitale dans un endroit favorable au développement économique, au développement de l'immobilier sans pression démographique trop importante dans une ville moyenne de 3 à 4 millions d'habitants ferait souffler Pékin et la planète par la même occasion.
Ce n'est plus l'invasion des Mongols qui est à craindre à Pékin.
Benoît Boisseuil (http://lustintranslation.blogspirit.com)
Reproduction avec l'aimable autorisation de l'auteur.
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