L'appel au boycottage des Jeux Olympiques de Beijing a reçu des réponses négatives vendredi lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union européenne (UE) tenue en Slovénie.
La réunion ministérielle de deux jours s'est ouverte vendredi, en ajoutant la question du Tibet à son ordre du jour à la dernière minute, du fait que récemment, certains politiciens européens ont menacé de boycotter la cérémonie d'ouverture des JO de Beijing.
Les discussions en la matière sont prévues pour samedi, mais de nombreux ministres ont fait déjà entendre leur opposition à la politisation des Olympiades lors de la première journée de la réunion.
"Un 'non' aux JO afin de consoler nos consciences ne pourrait aider ni la population chinoise ni les organisations sportives", a confié le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier,aux journalistes à l'arrivée à la réunion, ajoutant que "pour le moment, je suis contre ce genre de débat sur le boycottage en cours dans plusieurs pays membres européens".
"Nous nous engageons pleinement à soutenir les JO. Nous souhaitons les voir en tant qu'un succès, et je crois qu'il est bien que le Premier ministre nous représente", a déclaré à la presse le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui se rendra à Beijing pour assister le 8 août prochain à la cérémonie d'ouverture des JO, a affirmé à Londres que la Grande-Bretagne ne boycottera définitivement rien des JO de Beijing. Entre-temps, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a douté de l'efficacité du boycottage, notant que "je ne pense jamais que le boycottage est un instrument particulièrement efficace dans le cadre des affaires étrangères". Au sein de l'UE, le Portugal, le Danemark ainsi que Chypre ont également rejeté l'appel au boycottage.
"Nous ne sommes pas pour un boycottage. Nous ferons tout pour créer des conditions afin d'avoir un événement réussi", a indiqué le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado.
"Les JO doivent rester hors de la politique. Ce sont deux sujets séparés", a estimé jeudi le ministre chypriote des Affaires étrangères, Markos Kyprianou, à Nicosie, capitale chypriote.
A la veille de la réunion de vendredi, le chef de la diplomatie slovène, Dimitrij Rupel, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, a réitéré que la question du Tibet et les JO devraient être abordés séparément, exprimant ses doutes sur l'éventualité que les ministres parviennent à un concensus sur le boycottage.
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