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Livre blanc: La modernisation du Tibet (1)

L'Office d'Information du Conseil des Affaires d'Etat de la République populaire de Chine a publié jeudi à Beijing un livre blanc intitulé "la modernisation du Tibet". En voici le texte intégral: Avant-propos

La modernisation est toujours un problème crucial concernant tous les pays et toutes les régions du monde à l'époque moderne. Depuis que la Chine a été victime de l'agression des puissances occidentales au milieu du XIXe siècle, se débarrasser de la pauvreté et d'une situation arriérée, refuser un destin plein d'humiliation et édifier un pays indépendant, unifié, puissant, démocratique, moderne et hautement civilisé ont toujours été les premières tâches à accomplir par les différentes ethnies de Chine, y compris les Tibétains. Depuis la fondation de la République populaire de Chine, la réforme et l'ouverture en particulier, le processus de modernisation de la Chine a connu un grand essor. Des succès universellement reconnus ont été obtenus. La Chine marchant d'un pas assuré vers l'avenir sera plus ouverte et plus prospère. Depuis la libération pacifique, une réforme démocratique a eu lieu au Tibet, mettant fin au régime de servage féodal. Le système d'autonomie régionale ethnique a été appliqué, réalisant ainsi un changement historique du régime social. Grâce à l'édification socialiste, à la réforme et à l'ouverture, le processus de modernisation du Tibet s'est rapidement développé comme le reste du pays, offrant de larges et belles perspectives.

Cette année, c'est le 50e anniversaire de la Libération pacifique du Tibet. Passer en revue le processus de modernisation depuis la Libération pacifique du Tibet, présenter les progrès obtenus par le peuple des différentes ethnies du Tibet avec l'aide du gouvernement central et du peuple chinois pour réaliser la modernisation et mettre en lumière les facteurs de croissance de la modernisation du Tibet permettront d'accélérer non seulement le développement sain de ce processus de modernisation, mais aussi de dissiper des malentendus de la communauté internationale sur le " problème du Tibet" et d'approfondir la connaissance sur l'histoire et la situation réelle du Tibet.

I. Le processus du développement social du Tibet

Le problème de la modernisation est fondamental pour le développement social du Tibet à l'époque moderne. Le régime de servage féodal caractérisé par l'union du pouvoir et de la religion, en vigueur depuis des centaines d'années au Tibet, est devenu, à l'époque moderne, un système social extrêmement pourri et décadent qui allait à l'encontre de l'évolution mondiale. Il a jugulé le développement des forces productives de la société du Tibet, empêché gravement les progrès sociaux et plongé ainsi le Tibet dans un état de régression extrême. Le Tibet se trouvait au bord de la ruine.

- Le système social était arriéré et l'exploitation économique très cruelle. Le système de servage féodal de l'ancien Tibet était un régime beaucoup plus obscur et plus cruel que celui qui prévalait au Moyen-Age en Europe. Les trois propriétaires de domaines seigneuriaux (les fonc- tionnaires du gouvernement local, les aristocrates et les clercs de la couche supérieure des monastères), qui représentaient moins de 5% de la population du Tibet, possédaient la totalité des terres, des paturages, des forêts, des montagnes, des rivières et le gros du cheptel. Et les serfs et les esclaves qui représentaient plus de 95% de la population du Tibet étaient dépourvus de terres, d'autres moyens de production et de liberté individuelle. Ils vivaient sur les terres du manoir de leur seigneur auquel ils étaient attachés ou devenaient des serfs héréditaires. Ils furent exploités par le biais des corvées, des impôts et des prêts usuraires. Ils menaient une existence précaire. Selon des statistiques partielles, les corvées et les impôts que le gaxag (l'ancien gouvernement local) imposait aux serfs étaient de plus de 200 sortes. Les corvées imposées par le gaxag et par les propriétaires de domaines représentaient plus de 50% du travail fourni par les familles de serfs, voire 70-80%. Plus de 60% des paysans et des pasteurs vivaient de prêts usuraires.

La société était fortement hiérarchisée et l'oppression politique, très cruelle. Selon le Code en 13 articles et le Code en 16 articles en vigueur dans l'ancien Tibet, les gens étaient classés en 3 catégories hiérarchisées et 9 échelons. Ils n'étaient jamais égaux devant la loi. D'après les termes explicites de la loi, la vie des gens des catégories supérieures et leur cadavre valaient leur pesant d'or tandis que ceux des gens des catégories inférieures n'avaient pas plus de valeur qu'une corde de paille. Les propriétaires de serfs les considéraient comme leur propriété privée et les employaient à leur gré. Ils pouvaient également les vendre, les acheter, les céder, les offrir en cadeau, s'en servir pour payer des dettes et les échanger. Ils détenaient le pouvoir de décision sur la vie, la mort et le mariage de leurs serfs. Le serf et la serve qui n'avaient pas le même seigneur devaient payer des "frais de rachat" lors de leur mariage. Leur enfant était condamné à rester serf toute sa vie. Les propriétaires de serfs pouvaient battre et injurier à leur gré les serfs. Les chatiments corporels étaient aussi cruels que barbares: couper les bras, les jambes, les oreilles et la langue, crever des yeux et arracher les tendons, noyer ou précipiter dans le vide.

Le régime politique de nature théocratique faisait peser un joug religieux très lourd. La religion et les monastères ont occupé une position prédominante dans la structure sociale et politique de l'ancien Tibet caractérisée par l'union du pouvoir et de la religion, devenant ainsi la seule idéologie et l'unique entité politique et économique. Les religieux de la couche supérieure possédaient une puissante force et un grand nombre de privilèges politiques et économiques pour dominer la vie spirituelle et culturelle des gens. Ils étaient non seulement les principaux dominateurs politiques du Tibet, mais faisaient partie aussi des grands propriétaires de serfs. Le Dalai Lama, en tant que chef de la secte Gelug-pa (Bonnets jaunes), était le chef du gouvernement local. Il détenait à lui seul la totalité des pouvoirs dans les domaines politiques et religieux. Le gouvernement local de l'ancien Tibet pratiquait un double système d'administration, c'est-à-dire qu'il y avait à la fois des fonctionnaires ecclésiastiques et des fonctionnaires laïques. En général, les fonctionnaires ecclésiastiques possédaient plus de pouvoirs que les fonctionnaires laïques. Selon les statistiques de 1959, le Tibet comptait 3,3 millions de ke (mesure de superficie utilisée par les Tibétains, un hectare=15 ke) de terres cultivées, dont 1,2144 millions appartenaient aux monastères et aux bonzes de la couche supérieure, soit 36,8% du total; 24% revenaient aux aristocrates et 38,9% aux fonctionnaires. Le monastère Drepung possédait, à cette époque-là, 185 manoirs, 20 000 serfs, 300 prairies et 16 000 pasteurs. Selon des statistiques des années 50 au XXe siècle, on comptait, dans tout le Tibet, plus de 2 700 monastères avec 120 000 moines, soit 12% de la population totale du Tibet. Le quart des hommes environ était bonze. En 1952, on comptait, à Lhasa, 37 000 citadins, dont 16 000 étaient des moines. Des monastères répartis partout dans les différentes régions du Tibet, des moines très nombreux et un grand nombre d'activités religieuses ont accumulé et consommé une grande quantité de ressources matérielles et humaines, ce qui a entravé gravement le développement des forces productives du Tibet. Comme le dit le tibétologue américain, Melvyn C. Goldstein, "La religion et le groupement des monastères étaient un joug qui entravait gravement la progression sociale du Tibet et représentaient une force ultra- conservatrice. La croyance du peuple entier et les chefs religieux qui exerçaient le pouvoir gouvernemental et religieux ont conduit le Tibet à ne plus avoir les moyens de s'adapter aux changements incessants de l'environnement et de la situation."

Le niveau du développement était bas, et le peuple vivait dans l'incertitude du lendemain. L'oppression et l'exploitation cruelles du système de servage féodal, la consommation infinie des ressources humaines et matérielles par le système théocratique et l'asservissement spirituel des gens en particulier, ont gravement étouffé l'initiative des travailleurs dans la production et freiné le dynamisme et la vitalité de la société, de sorte que l'économie de cette région souffrait depuis longtemps d'un retard extrême. Au milieu du XXe siècle, la société du Tibet se trouvait encore dans un état extrêmement fermé et arriéré. Il n'y avait absolument pas d'industrie, de commerce, d'éducation, de culture modernes et de santé publique. On pratiquait depuis longtemps une culture primitive. L'élevage dépendait de la nature. Les variétés de la production agricole et de l'élevage étaient peu nombreuses, et les outils de travail ne pouvaient pas être améliorés. Le rendement céréalier était seulement de quatre à dix fois celui du total des semences. Le niveau des forces productives et du développement social était extrêmement bas. De nombreux serfs souffraient du froid et de la faim. Leur existence était très difficile. Un grand nombre de personnes mouraient de faim et de maladie. Dans les villes de Lhasa, Xigaze, Qamdo et Nagqu, les mendiants vivaient en bande. On pouvait voir partout des vieillards, des femmes et des enfants mendier le long de la rue. L'invasion des impérialistes aggrava le malheur du peuple tibétain et approfondit les contradictions de la société du Tibet, ne permettant pas à celle-ci déjà décadente de survivre. A partir du milieu du XIXe siècle, la Chine fut réduite à un état semi-colonial et semi-féodal. Comme le reste du pays, le Tibet fut lui aussi victime de l'agression des puissances occidentales. Les impérialistes britanniques entreprirent une guerre d'agression contre le Tibet. Ils incendièrent des maisons, tuèrent des gens, pillèrent et cherchèrent à obtenir des privilèges à travers une série de traités inégaux. Ils pillaient avec frénésie les ressources et vendaient à perte leurs produits pour exercer un contrôle colonial et une exploitation sur le Tibet. En même temps, ils entretenaient des hommes de confiance parmi les dominateurs de la couche supérieure du Tibet et plaçaient leur agent dans le but de séparer le Tibet de la Chine.

Soumise à une double oppression venant de l'intérieur et de l'extérieur, la vie des serfs se dégradait rapidement. Pour sortir de leur situation désespérée, les serfs utilisèrent la protestation, la fuite, le refus de payer le fermage et de fournir les services de corvée, voire la lutte armée. Les crises couvaient dans la société tibétaine. " Le système théocratique était en déclin comme la flamme d'une lampe dont l'huile allait être épuisée." M. Ngapoi Ngawang-Jigme, galoin ( ministre du gouvernement local de l'ancien Tibet), déclara à plusieurs reprises dans les années 1940: "Si cela continue ainsi, peu de temps après, les serfs mourront, et les aristocrates ne pourront pas vivre. Toute la société sera anéantie." Ainsi, se débarrasser de l'agression des impérialistes et briser le joug du système de servage féodal étaient devenus une nécessité historique du progrès social au Tibet et le désir ardent du peuple tibétain.

La fondation de la République populaire de Chine en 1949 apporta un espoir aux Tibétains plongés dans un abîme de souffrance. Conformément à la règle du développement historique et en procédant dans tous les cas dans l'intérêt des Tibétains, le gouvernement populaire central concourut activement à la Libération pacifique du Tibet et adopta de grandes résolutions et d'importantes mesures comme la réforme démocratique, l'application de l'autonomie régionale des minorités ethniques, la mise en place du processus de modernisation sur une grande envergure, ainsi que la réforme et l'ouverture, etc. pour changer radicalement le destin du Tibet et stimuler énergiquement le développement de la société tibétaine.

La Libération pacifique a ouvert la grande porte à la modernisation du Tibet. Le gouvernement populaire central et le gouvernement local du Tibet signèrent, le 23 mai 1951, l'Accord sur les mesures concernant la Libération pacifique du Tibet (en abrégé l'Accord en dix-sept points). Depuis lors, une nouvelle page s'est ouverte pour le développement social du Tibet. La Libération pacifique du Tibet était une partie de la révolution démocratique de la nation chinoise: elle devait permettre au Tibet de se débarrasser de l'agression et du joug politique et économique des forces impérialistes, de mettre fin à la discrimination et à l'oppression de l'ancienne Chine sur l'ethnie tibétaine, de sauvegarder l'intégrité du territoire, la souveraineté et la réunification de la Chine, de réaliser l'union entre les différentes ethnies du pays et l'union au sein du Tibet, créant ainsi les conditions préalables pour réaliser la progression et le développement communs du Tibet et de toute la Chine. Après la Libération pacifique du Tibet, l'Armée populaire de Libération (APL) et les travailleurs entrés au Tibet ont appliqué fermement l'Accord en dix-sept points et la politique du gouvernement central. Ils ont aidé le Tibet à construire les routes Ya'an-Lhasa et Xining-Lhasa et l'aéroport de Damxung, à faire des travaux hydrauliques et à créer des usines modernes, des banques, des compagnies de commerce, des postes, des fermes et des écoles. Ils ont pris diverses mesures pour aider les paysans et les pasteurs à développer la production, entreprendre des activités d'aide sociale, lutter contre les calamités, prévenir et soigner gratuitement les malades, stimulant ainsi le développement économique, social et culturel du Tibet, apportant une atmosphère nouvelle de civilisation et de progrès et exerçant une influence profonde et durable dans les différentes couches du Tibet. Tout cela a brisé la situation de fermeture et de stagnation qui a sévi de longues années au Tibet, lui a permis de marcher vers la société moderne et offert de larges et belles perspectives à son développement social.

La réforme démocratique a ouvert la voie à la croissance de la modernisation du Tibet. Au moment où le Tibet réalisait sa libération pacifique en 1951, tenant compte des antécédents historiques et des réalités du Tibet, l'Accord en dix- sept points précisait la nécessité d'une réforme du système social du Tibet mais adoptait en même temps une attitude très prudente. Il est stipulé: "Le gouvernement local du Tibet devra procéder automatiquement à une réforme. Quand le peuple souhaitera une réforme, il devra en discuter avec les dirigeants tibétains pour la résoudre." Mais, certains membres de l'équipe dirigeante de la couche supérieure du Tibet s'opposaient à toute réforme. Ils proclamèrent qu'"on ne procéderait jamais à celle-ci," dans le but de maintenir le système de servage féodal. Face à la demande de réforme démocratique qui ne cessait de gagner en ampleur dans le peuple tibétain, ils ne se soumirent pas à la volonté du peuple, et agissant de connivence avec les forces anti-chinoises étrangères déclenchèrent, le 10 mars 1959, une rébellion armée dans le but de séparer le Tibet de la Chine et de proclamer " l'indépendance du Tibet". Pour sauvegarder la réunification du pays et les intérêts fondamentaux du peuple tibétain, le gouvernement populaire central prit des mesures énergiques pour réprimer la rébellion avec le peuple tibétain et procéder à la réforme démocratique du système social du Tibet.

La réforme démocratique a permis d'abolir la propriété agraire des propriétaires de serfs et les liens de dépendance entre les propriétaires et les serfs, les codes de l'ancien Tibet, les chatiments barbares, le système théocratique et les privilèges féodaux des monastères. C'est ainsi qu'un million de serfs et d'esclaves ont été émancipés sur le plan politique, économique et spirituel, devenant maîtres de la terre et de la propriété des moyens de production. Ils ont obtenu alors le droit à la liberté individuelle et à la croyance religieuse, devenant ainsi maîtres de leur propre destin. Les forces productives ont été considérablement libérées, ouvrant ainsi la voie à la croissance de la modernisation du Tibet. Selon des statistiques, les serfs et les esclaves ont obtenu, à la suite de la réforme démocratique, plus de 2,8 millions de ke de terres. A la fin de la réforme démocratique en 1960, la production céréalière du Tibet avait augmenté de 12,6% par rapport à 1959 et de 17,7% par rapport à 1958 avant la réforme démocratique, et le cheptel, de 9,9% par rapport à 1959.

L'application de l'autonomie régionale des minorités ethniques a fourni une garantie sérieuse à la croissance de la modernisation du Tibet. Après la réforme démocratique, les Tibétains, de même que les autres communautés ethniques, jouissent de tous les droits politiques prévus par la Constitution et les lois. En 1961, une élection au suffrage universel a été effectuée dans les différentes régions du Tibet. Etant devenus maîtres de leur propre destin, les serfs et les esclaves d'autrefois ont participé activement à l'élection pour désigner les organes du pouvoir et les gouvernements aux divers échelons de la région autonome. Un grand nombre de serfs et d'esclaves émancipés ont assumé les fonctions de cadres dirigeants aux divers échelons de la région autonome. En septembre 1965, a eu lieu la première assemblée populaire de la Région autonome du Tibet, durant laquelle ont été fondés la Région autonome du Tibet et son gouvernement populaire. La fondation de la Région autonome du Tibet et l'application de l'autonomie régionale des minorités ethniques ont assuré effectivement la réalisation de l'égalité, de l'union, de l'entraide et de la prospérité commune des différentes ethnies au Tibet et garanti les droits de participer, sur un pied d'égalité, à la gestion des affaires d'Etat et d'administrer de façon indépendante les affaires de leur propre région et de leur propre ethnie. De la sorte le Tibet est en mesure de réaliser, avec l'assistance très particulière de l'Etat et tenant compte des caractéristiques propres à la région, un développement commun à l'ensemble de la Chine.

La réforme et l'ouverture ont apporté un souffle vital à la croissance de la modernisation du Tibet. Dans les années 1980, comme tout le pays, un essor de la réforme et de l'ouverture et du processus de modernisation a été déclenché au Tibet. Pour stimuler le développement du Tibet, le gouvernement central a défini une série de mesures préférentielles favorables au développement économique du Tibet; elles consistent à "accorder le droit d'utilisation des terres, à exploiter les terres de façon autonome, à répartir les bêtes entre les familles, à donner aux paysans et éleveurs le droit de choisir ce qu'ils cultivent et élèvent et à promettre que les politiques concernées resteront inchangées pendant une longue période", promouvant ainsi la réforme du système économique et l'ouverture sur l'extérieur du Tibet. Depuis 1984, avec le concours de l'Etat, 9 provinces ( municipalités) ont envoyé des travailleurs et fourni des matériaux pour entreprendre au Tibet 43 projets de construction. La mise en application de la réforme et de l'ouverture et l'assistance de l'Etat ont renforcé et fait prospérer l'industrie, l'agriculture, l'élevage, le commerce et le secteur tertiaire constitué principalement de la restauration et du tourisme. Le niveau de l'ensemble des secteurs industriels et celui des activités commerciales s'est élevé, permettant ainsi à l'économie et au développement social du Tibet de franchir un nouveau palier.

Grâce à la sollicitude du gouvernement central et à l'assistance des différentes régions du pays, le processus de modernisation du Tibet est entré dans une nouvelle étape de développement rapide. En 1994, le gouvernement central a organisé la troisème causerie sur les actions à mener au Tibet et défini les principes directeurs concernant cette question durant la période à venir: il faut concentrer tous les efforts sur l'édification de l'économie et son développement, en accélérer le mouvement, veiller à la stabilité de la situation, maintenir corrélativement les progrès sociaux, l'élévation constante du niveau de vie de la population et une stabilité durable de la société. Le gouvernement central a décidé qu'il veillerait aux intérêts du Tibet et que les autres régions de Chine l'aideraient en cela et édicté une série de mesures politiques préférentielles particulières qui sont adaptées à l'accélération du développement du Tibet. Ainsi, une base du processus de modernisation, fondée sur l'investissement direct de l'Etat, les subventions du gouvernement central et l'assistance tous azimuts des secteurs, a été mise en place au Tibet. Depuis 1994, le gouvernement central a investi 4,86 milliards de yuans dans la construction de 62 projets au Tibet. 15 provinces et municipalités ainsi que les ministères et commissions des autorités centrales ont investi aussi 3,16 milliards de yuans dans la réalisation de 716 projets. Plus de 1 900 cadres ont été successivement envoyés au Tibet. Tout cela a contribué à améliorer considérablement les conditions de production et de vie des Tibétains et à promouvoir le développement économique et social du Tibet. En même temps, on a mis en application, au Tibet, la réforme du système économique et du système scientifique et technique, réorganisé la structure économique et le mécanisme d'exploitation et de gestion de l'entreprise, établi et perfectionné le système de sécurité sociale, élargi le champ d'application de la politique d'ouverture, encouragé et attiré activement les capitaux sociaux pour participer à l'édification économique du Tibet. Ainsi, l'économie sous différentes formes s'est rapidement développée, apportant ainsi une vitalité accrue au développement du Tibet. En juin 2001, le gouvernement central a organisé la quatrième causerie sur les actions à mener au Tibet et défini un plan grandiose pour réaliser la modernisation du Tibet au cours du XXIe siècle. Il a décidé de prendre des mesures politiques énergiques pour augmenter son aide en vue de la croissance de la modernisation du Tibet.

Grâce à la sollicitude du gouvernement central, à l'assistance des différentes régions du pays et aux efforts du peuple des différentes ethnies du Tibet, l'économie de cette région a connu un développement accéléré. Le niveau de vie de la population s'est largement amélioré. La croissance de la modernisation est très active. Selon des statistiques, entre 1994 et 2000, le produit intérieur brut du Tibet a augmenté de 1,3 fois, soit une augmentation de 12,4% par an, ce qui a modifié radicalement la situation où l'accroissement du produit intérieur brut du Tibet se révélait inférieur à celui du reste du pays. Le revenu moyen par personne de la population urbaine et celui des paysans et éleveurs ont respectivement augmenté de 62,9% et de 93, 6%. Le chiffre de la population pauvre a régressé de 480 000 personnes au début des années 1990 à 70 000.

En un mot, évoquer l'histoire du développement du Tibet au cours des 50 années qui ont suivi sa Libération pacifique c'est comme passer des ténèbres à la lumière, de l'obscurantisme à la civilisation, de la pauvreté à l'aisance et de la fermeture à l'ouverture. C'est aussi raconter comment avancer peu à peu dans la voie de la modernisation au sein de la grande famille de la patrie chinoise.

II. Les réalisations de la modernisation du Tibet

Depuis une cinquantaine d'années, sous la direction du gouvernement central avec le soutien du peuple chinois, et grâce aux efforts inlassables de tous ses habitants, le Tibet ne cesse d'avancer sur le chemin de la modernisation et a enregistré de brillantes réalisations qui attirent l'attention mondiale.

-- Un grand bond a été réalisé dans le développement économique. Depuis 50 ans, le Tibet a fait de grands progrès dans le système d'organisation de la production économique, délaissant pour toujours l'économie autarcique basée sur les domaines, il s'avance vers une économie de marché moderne. En 2000, le PIB de cette région autonome a atteint 11,746 milliards de yuans, soit le double de celui de 1995 et le quadruple de celui de 1990, avec une augmentation 30 fois supérieure à celui qui existait avant la Libération pacifique. La structure de l'économie est de plus en plus rationnelle; la proportion du secteur primaire dans le PIB est passée de 99% il y a 50 ans à 30,9% aujourd'hui, tandis que celle des secteurs secondaire et tertiaire s'est respectivement élevée à 23,2% et à 45,9%.

L'industrie moderne qui n'existait pas avant la Libération pacifique est devenue un pilier important de l'économie régionale du Tibet qui l'incite à progresser rapidement. De nos jours, a été établi un système industriel moderne riche en caractères locaux, constitué de plus de 20 secteurs, tels que l'énergie, l'industrie légère, le textile, l'industrie mécanique, l'industrie forestière, l'exploitation minérale, les matériaux de la construction, l'industrie chimique, la pharmacie, l'imprimerie et la transformation agro-alimentaire, etc. La bière de Lhasa, les remèdes tibétains "Qizheng" et les motos "Mont Qomolangma" sont des produits de marque réputés en Chine. En 2000, le Tibet comptait 482 entreprises de l'échelon cantonais ou supérieur et la valeur ajoutée du secteur secondaire du Tibet a atteint 2,721 milliards de yuans.

Les secteurs fondamentaux comme l'énergie et les communications sont en plein essor. L'électricité a connu un développement rapide; par conséquent, un nouveau système de ressources énergétiques ayant pour base la production hydroélectrique et pour compléments les énergies géothermique, éolienne et solaire, s'est créé. En 2000, la région possédait 401 centrales de divers types; la capacité installée a atteint 356 200 kW, et la production d'électricité annuelle, 661 millions de kWh. Par rapport à l'époque précédant La libération pacifique, où il n'y avait qu'une petite centrale de 125 kW, alimentant par intermittence un petit nombre de maisons nobles, on voit là qu'il y a un changement radical. Un réseau de communications à trois niveaux, ayant pour axe les transports routiers, en coordination avec les transports aériens et des voies fluviales, s'est créé, ce qui a mis fin à la situation existante dans l'ancien Tibet où le pays n'avait pas la moindre route. S'est également mis en place un réseau routier qui, rayonnant à partir de Lhasa, a comme ossature les routes Qinghai-Tibet, Sichuan-Tibet, Xinjiang-Tibet, Yunnan- Tibet et Chine-Népal; il englobe 15 voies principales et 375 voies secondaires menant dans toutes les directions. Le kilométrage total des routes ouvertes au trafic a atteint 22 500 km. Presque tous les districts et plus de 80% des cantons du Tibet sont accessibles aux voitures. Actuellement, il y a deux aéroports civils au Tibet: celui de Konggar à Lhasa et celui de Bamda à Qamdo. Des lignes intérieures et internationales ont été ouvertes entre Lhasa et Beijing, Chengdu, Chongqing, Xi'an, Xining, Shanghai, Diqing (Yunnan), Kunming, Hongkong et Kathmandou du Népal. Un pipe-line reliant Golmud et Lhasa, qui est le plus haut pipe-line du monde et dont la longueur totale est de 1 080 km, achemine actuellement plus de 80% des produits pétroliers du Tibet. La ligne du chemin de fer Qinghai-Tibet a été mise en construction à partir du mois de juin 2001, ce qui mettra bientôt un terme à la situation du Tibet sans voie ferrée.

Le secteur tertiaire est devenu le secteur le plus actif du Tibet. De nouvelles branches d'activité, comme le commerce moderne, le tourisme, les Postes et Télécommunications, la restauration, la culture, les divertissements et la technologie informatique, qui étaient totalement inconnus dans l'ancien Tibet, se développent rapidement. Les télécommunications, en particulier, ont fait d'énormes progrès. Un réseau composé de cables à fibre optique, de transmissions par satellite, de commutateurs à commandes programmées et de télécommunications par satellite, numériques ou mobiles, centré sur Lhasa, qui couvre toute la région, a été mis en place, se situant au niveau performant de notre époque. En 2000, le chiffre d'affaires des P. et T. du Tibet était de 384 millions de yuans, avec un revenu de 123 millions de yuans, soit respectivement 179 fois et 1 086 fois ceux de l'année 1978. Au cours de ces quelque vingt ans, les vitesses de croissance annuelle sont respectivement de 26,6% et 24,3%. Fin 2000, la capacité des centraux téléphoniques de toute la région a atteint 170 200 postes, dont 111 100 postes installés; la capacité globale des téléphones mobiles a atteint 123 000 postes, avec près de 72 300 abonnés. On compte 9 sites Internet avec 4 513 clients. En 2000, la valeur ajoutée du secteur tertiaire représentait 5,393 milliards de yuans, occupant la première place dans le total du PIB du Tibet.

Le mode de production agricole et de l'élevage a connu un changement radical, et le niveau de la productivité ainsi que la rentabilité se sont considérablement élevés. Depuis la libération pacifique, l'Etat a investi des capitaux très importants dans la réalisation des travaux d'aménagement des champs et des ouvrages d'irrigation; il a élaboré de nombreux programmes fondamentaux pour l'agriculture et l'élevage tels que l'exploitation générale du bassin moyen d'"un fleuve et deux rivières" (le Yarlung Zangbo, la rivière de Lhasa et la rivière Nyang Qu), ce qui a beaucoup amélioré les conditions productives de l'agriculture et de l'élevage du Tibet. Les anciens modes de vie et de production des paysans et des pasteurs, dépendant uniquement de la nature, sont désormais du passé. Une série de procédés techniques d'agriculture et d'élevage, tels que la fumure scientifique, la culture par la sélection des semences, l'amélioration des variétés, la prévention et le traitement des maladies des plantes et l'élimination des insectes nuisibles, l'élevage scientifique et la sélection des troupeaux, etc., ont été largement propagés et généralisés. Le niveau de la mécanisation agricole et l'efficacité productive se sont énormément élevés. La production agricole et de l'élevage commence à se diriger vers la modernisation. En 2000, la valeur ajoutée du secteur agricole du Tibet a atteint 3, 632 milliards de yuans, la production céréalière globale, 962 200 tonnes, et le cheptel vif, 22,66 millions de têtes. L'autosuffisance en céréales et oléagineux a été pratiquement réalisée. La quantité de lait et de viande par personne est supérieure au niveau moyen de la Chine.

Le niveau d'urbanisation s'est élevé de façon continue. L'ancien Tibet avait une économie de subsistance. Faute d'une impulsion au développement urbain, les villes et les bourgs y étaient peu nombreux et de petite taille. La population de Lhasa, la plus grande ville du Tibet, n'était que de 30 000 habitants. Quant aux autres agglomérations, elles n'étaient que des villages plus ou moins importants, avec quelque milliers d'habitants au maximum. On ne pouvait pas les considérer comme des villes. Même Lhasa n'était pas équipé d'un système de services urbains complets: les installations publiques n'existaient presque pas, et les services urbains étaient peu efficaces. De nos jours, en revanche, l'urbanisation du Tibet se développe avec l'amélioration de la structure industrielle. En 2000, il y a au Tibet 2 villes à fonction administrative, 72 districts et cantons et 112 bourgs à fonction administrative. La population urbaine totalise 491 100 personnes, et la superficie urba ine, 147 km2. Les équipements publics de ces villes et bourgs s'améliorent constamment. Les rues, l'alimentation en eau, la sécurité publique et les services publics dans les quartiers ont formé un système complet qui correspond aux besoins de la vie quotidienne des citadins et au développement de l'économie urbaine. L'aspect de ces villes, ainsi que la protection de leur environnement, sont en train d'être modernisés. La superficie des espaces verts en ville est de 10,27 m2 par habitant, et le taux de couverture végétale, de 24,4%. Le taux de qualité de l'environnement urbain est au premier rang en Chine. Un groupe de villes et de bourgs, avec pour centre Lhasa, répartis dans toute la région, s'est formé au Tibet, ainsi qu'une structure économique ayant les villes et les bourgs comme noyaux pour promouvoir le développement économique de leurs environs et réaliser un développement commun basé sur l'association de la ville et de la campagne. (à suivre)

 

Le 11 août 2003
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