
Début août, les délégations des six pays (Chine, Russie, les deux Corée, le Japon et la Russie) n'avaient pu se mettre d'accord sur un document visant à ce que la dictature de Kim Jong-Il abandonne ses ambitions atomiques. Après sept jours de discussions cette fois, le compromis a été trouvé, qui ne règle pas pour autant la crise ouverte fin 2002 avec la reprise par la Corée du Nord de son programme nucléaire, rompant ainsi un accord conclu avec les Etats-Unis en 1994. Les six pays se retrouveront en novembre dans la capitale chinoise pour une cinquième série de pourparlers.
Dans la déclaration conjointe adoptée lundi, la dictature nord-coréenne réaffirme s'engager à renoncer à son arsenal nucléaire militaire et à rejoindre le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qu'elle avait quitté en janvier 2003 avant de déclarer posséder la bombe atomique. "La Corée du Nord s'engage à abandonner toutes ses armes nucléaires et tous ses programmes nucléaires existant et à rejoindre le plus tôt possible le Traité de non-prolifération nucléaire sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)", stipule de document en six points.
Jusqu'à présent, les discussions achoppaient sur la possibilité pour le pays le plus isolé au monde, englué dans une grave crise économique, d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins civiles en échange de l'abandon de son programme d'armes atomiques. Pyongyang réclamait notamment un réacteur à eau légère. Si aucun engagement n'a été pris à ce sujet, la porte est ouverte pour des négociations à ce sujet. "La Corée du Nord a déclaré son droit à l'usage de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. Les autres parties ont indiqué respecter cette position et sont convenues que des discussions pour la fourniture d'un réacteur à eau légère à la Corée du Nord pourraient avoir lieu en temps voulu", dit la déclaration.
Le texte fait également allusion à une aide économique dont pourrait bénéficier la Corée du Nord. Comme ils l'avaient laissé entendre, les Etats-Unis ont accepté de discuter d'un possible établissement de relations diplomatiques avec Pyongyang. "La Corée du Nord et les Etats-Unis ont promis de respecter mutuellement leur souveraineté, de coexister pacifiquement et de s'engager progressivement vers une normalisation de leurs relations", poursuit le document.
Le chef de la délégation américaine, Christopher Hill, s'est félicité des engagements pris lundi mais a fait preuve de prudence. "Tout le monde est gagnant", a déclaré M. Hill. "Il est important de contrôler cet accord", a cependant souligné l'envoyé spécial américain, précisant que les six pays allaient devoir "travailler très dur, la prochaine étape étant l'application de cet accord". M. Hill a également réaffirmé que la question du réacteur à eau légère ne pourrait être abordée "qu'après l'abandon par la Corée du Nord de son programme nucléaire et son retour dans le TNP".
"Une étape majeure a été franchie en vue du démantèlement d'une structure héritée de la guerre froide", a commenté son homologue sud-coréen, Song Mi-Soon. Le délégué chinois, Wu Dawei, a estimé que la déclaration adoptée lundi était "le résultat le plus important depuis que les pourparlers ont débuté il y a plus de deux ans". La cinquième série de discussions commencera "dans les dix premiers jours de novembre", a précisé M. Wu.
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