Ces derniers jours ont eu lieu au Tibet des manifestations de moines tibétains sans précédents.

"Ce sont les manifestations les plus importantes organisées par les moines bouddhistes depuis celles de 1989 qui avaient conduit à l'imposition de la loi martiale dans la capitale tibétaine", déclare dans un communiqué le groupe International Campaign for Tibet.
Lundi, trois monastères tibétains ont protesté en organisant des marches en réclamant le retour de leur chef spirituel, le Dalaï-Lama.
Ce sont des milliers de moines des monastères de Drepung, de Lutsang, dans la province de Qinghai et de Myera, dans la province de Gansu qui ont défilé.
Mercredi, 600 moines du monastère de Sera à Lhassa ont été dispersés par la 2000 policiers chinois à coup de grenades lacrymogènes. Les manifestants réclamaient la libération d'une dizaine des leurs arrêtés au début du mois pour avoir clamé à l'indépendance du Tibet.
Actuellement, les 3 monastères Sera, Ganden et Drepung sont fermés aux touristes et sous surveillance policière selon de nombreux opérateurs touristiques.
Des moines du monastère de Sera à Lhassa sont en grève de la faim et demandent le retrait des forces de police et militaires selon Radio Free Asia (RFA).
Deux moines de Drepung sont dans un état grave après avoir été poignardés lors d'une tentative de suicide selon RFA. Les deux moines ont peu de chance de survivre.
Au lendemain des protestations, Jampa Phuntsog, président de la région autonome du Tibet, a nié toute arrestation de tibétains après avoir été questionné par des journalistes à Pékin.
Dans une déclaration officielle, les autorités chinoises ont accusé le Dalai-Lama des protestations qui ont commencé lundi à l'occasion du 49e anniversaire du départ forcé du chef spirituel. Qin Gang, le porte-parole du Ministère chinois des affaires étrangères décrit ces protestation comme "un complot politique délibéré organisé par des groupes du Dalaï-Lama pour causer des troubles sociaux, séparer le Tibet de la Chine et détruire la vie stable et harmonieuse du peuple tibétain."
Pour Mary Beth Markey, vice-présidente d'International Campaign for Tibet, les manifestations actuelles pourraient annoncer une nouvelle épreuve de force entre les Tibétains et les autorités chinoises, à cinq mois de l'ouverture des JO de Pékin.
La Chine a interdit mercredi pendant deux mois les expéditions sur la face Nord de l'Everest, où la flamme olympique doit faire étape début mai. L'an dernier, cinq Américains, l'un d'origine tibétaine, avaient déployé sur le "toit du monde" des banderoles portant l'inscription "Tibet libre".
La Rédaction
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