La ligne ferroviaire la plus élevée au monde, reliant le Tibet au reste de la Chine, ouverte en grande pompe début juillet, montre déjà des signes de défaillance en raison de craquelures du permafrost, sur lequel elle est édifiée, a rapporté un journal officiel vendredi. «Le sol perpétuellement gelé sous la ligne s'effondre et craque par endroits, ce qui la rend instable», a affirmé, selon le Beijing News, un porte-parole du ministère des Chemins de fer, Wang Yongping.
«Le béton de certaines structures et ponts craque, ce qui représente un danger caché pour la qualité de la ligne», a-t-il ajouté. Le président Hu Jintao qui a lui-même inauguré la ligne le 1er juillet avait alors vanté ce «nouveau grand succès du processus de modernisation socialiste». Pour Pékin, ce chemin de fer est la clef du développement économique de l'ouest du pays, à la traîne par rapport aux provinces côtières de l'est.
Victoire politique, prouesse technologique, le tronçon de 1142 kilomètres entre Golmud, dans la province du Qinghai, et Lhassa, a demandé depuis 2001 33,9 milliards de yuans (près de 4,5 milliards de dollars) d'investissements. La ligne culmine à 5072 mètres, soit 200 m de plus que le point le plus élevé de la voie ferrée des Andes qui relie Lima au centre du Pérou. Des experts avaient mis en garde l'an dernier contre les aléas que pourraient entraîner le réchauffement climatique pour la ligne. «Si les températures continuent de s'élever au même rythme que celui observé ces dernières décennies, la sûreté des opérations sera affectée», avait ainsi déclaré lors d'un colloque un climatologue cité par le China Daily.
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