L'arrivée des nouveaux manuels d'histoire entièrement revus et corrigés pour les étudiants du cours secondaire de Shanghai en septembre dernier a soulevé la polémique parmi la population.
La révision ne concerne pas que la forme mais aussi le contenu. Ainsi, ces nouveaux manuels d'histoire ne traitent plus des guerres, des dynasties et des révolutions communistes, comme l'a rapporté le New York Times lors de la sortie de ces livres. Ils s'intéressent davantage aux enjeux économiques, technologiques et sociaux et à la mondialisation, précise le journal étatsunien.
Si les anciens manuels d'histoire traitaient essentiellement d'événements politiques de manière chronologique, les nouvelles éditions se divisent en neuf parties dont trois qui entrent dans le cadre du programme obligatoire soit Politique nationale et internationale, Économie et Histoire culturelle. Les six parties facultatives s'intitulent Réformes, Démocratie, Guerre moderne, Personnalités, Mystères et Héritage culturel. Cette révision devrait s'étendre à tous les manuels d'histoire de la Chine. Actuellement, douze versions de manuels d'histoire pour les écoles secondaires ont été acceptées par le ministère de l'Éducation, dont huit au premier cycle du secondaire et quatre au deuxième cycle.
« Nous espérons que ces nouveaux manuels reflètent les efforts fournis par l'homme pour survivre et développer la société et expliquent clairement l'histoire de la civilisation de l'Antiquité jusqu'à nos jours », a exprimé Su Zhiliang, rédacteur en chef des nouveaux manuels scolaires et directeur de la faculté d'Histoire de l'École normale de Shanghai.
D'après Lei Yi, chercheur de l'Institut d'histoire moderne de l'Académie des sciences sociales de Chine, cette révision aurait dû se produire bien plus tôt. « À partir de la fin des années 1970, les historiens et les chercheurs ont reproché aux manuels de confondre l'histoire et l'histoire politique. Aujourd'hui, la plupart des historiens sont convaincus que la recherche historique doit couvrir de larges domaines et que l'évolution de la société est plus importante pour l'histoire », estime Lei Yi.
S'ouvrir l'esprit
Chez les enseignants d'histoire, les avis sont partagés. Chen Lin enseigne dans la province du Jiangsu (au sud-est). Il se dit satisfait des nouveaux manuels. « Les anciens faisaient une nette distinction entre l'histoire chinoise et celle du reste du monde. Les nouveaux combinent les deux et traitent essentiellement du développement politique, économique et culturel de l'humanité », souligne-t-il. Cela permet d'ouvrir l'esprit des élèves et rend'enseignement et l'apprentissage plus faciles, ajoute-t-il.
Sun Gang, enseignant d'histoire à Xining du Qinghai (nord-ouest), préférait les anciens manuels qui couvraient, selon lui, davantage d'événements. « Les nouveaux manuels s'attachent moins aux événements et trop aux coutumes et à la vie sociale », reproche-t-il.
Quant à Han Xiao, il continue d'utiliser les anciens manuels à l'école annexe de l'Université de Beijing. Ses élèves semblent vraiment apprécier les cours de Han qui tente de placer les événements historiques dans leur contexte social. « Les cours d'histoire n'ont pas pour but de transmettre des connaissances qu'on peut obtenir de diverses façons mais d'aider les élèves à se former des concepts justes. Ces cours leur permettent de connaître le monde, d'analyser, de puiser la force spirituelle de l'histoire et de s'ouvrir au monde », explique-t-il.
» Réagissez, Ajoutez votre commentaire !
Articles Relatifs