Chine / Lait contaminé : traitement gratuit pour les victimes
LAIT CONTAMINÉ
La Chine va continuer à offrir un traitement médical gratuit aux enfants victimes du scandale du lait contaminé, a annoncé le porte-parole du ministère chinois de la Santé publique Mao Qun'an vendredi.
Il a indiqué que les enfants toujours hospitalisés pour calculs rénaux ou d'autres maladies urinaires après avoir bu du lait contaminé à la mélamine pourraient continuer à bénéficier d'un traitement gratuit.
"Les enfants de moins de trois ans ayant bu du lait frelaté et ayant développé des symptômes de maladie urinaire peuvent se rendre dans des hôpitaux locaux désignés pour des examens et recevoir un traitement gratuit si des calculs rénaux sont diagnostiqués", a annoncé le porte-parole.
Les statistiques des hôpitaux du pays et les tests conduits sur des échantillons cliniques ont montré que la majorité des enfants malades ont reçu des soins médicaux gratuits. Aucun nouveau cas n'a été rapporté dans l'ensemble du pays, et aucun cas sérieux n'a été signalé.
"Cela signifie que le dépistage des enfants malades va pouvoir prendre fin", a-t-il dit.
D'après le ministère de la Santé publique, chaque région doit disposer d'au moins un hôpital de niveau du district chargé du diagnostic et du traitement des enfants malades. Les enfants gravement malades recevront aussi des consultations et des conseils de comités d'experts médicaux provinciaux.
Six bébés ont trouvé la mort et plus de 290 000 autres ont souffert de problèmes urinaires tels que des calculs rénaux après l'éclatement du scandale du lait contaminé en septembre 2008.
Le plus large producteur laitier chinois au centre du scandale, Sanlu, ainsi que 21 autres entreprises impliquées dans le scandale, ont décidé de mettre en place un fonds de compensation pour les enfants victimes, selon l'Association de la laiterie de Chine.
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Le terme "responsabilisation" (问责制)est devenu à la mode dans la politique chinoise en 2008, en mettant en relief la démission du responsable supérieur de la qualité.
Li Changjiang, ancien directeur de l'Administration générale du contrôle de la qualité, l'inspection et la quarantaine, a démissionné en septembre à cause du scandale du lait contaminé, quelques jours après la démission du gouverneur du Shanxi Meng Xuenong à la suite d'un éboulement de roche et de boue meurtrier, qui a été provoqué par des explosifs non conformes.
Beaucoup de jeunes fonctionnaires ont dû également avaler la pilule amère des sanctions et des démissions. Au début du mois de décembre, le directeur du Bureau de construction de Shijiazhuang, capitale de la province du Hebei, a été démis de ses fonctions après que 6 fonctionnaires de son bureau ont été découverts en train de jouer aux jeux de hasard pendant le temps de travail.
Les fonctionnaires ont même été punis pour avoir somnolé pendant des réunions de travail, comme ces 12 fonctionnaires locaux dans la province de Shaanxi, qui ont été réprimandés en juin de cette année.
"Le système de "responsabilisation" a pris une nouvelle "hauteur", ce qui se reflète dans le mode de l'administration, comme cela a été stipulé dans le rapport du 17e Congrès du Parti," a dit Wu Zhongmin de l'Ecole du Comité central du Parti communiste chinois (PCC).
"Le parti appuie l'idée que les citoyens passent en premier, donc il n'est pas rare que les responsables soient punis lorsque les intérêts publics ont été touchés," a dit M. Wu.
Les médias chinois ont utilisé le mot «tempête» pour décrire la série d'affaires dans lesquelles la responsabilité des fonctionnaires a été impliquée, bien qu'elle a souvent été indirecte dans les accidents et les scandales de cette année. Ces événements ont été rares au cours de la dernière décennie.
Dans la province du Yunnan au sud-ouest de la Chine, 864 fonctionnaires ont été pénalisés cette année, alors que dans la province du Jilin dans le Nord-est, 279 fonctionnaires ont été punis depuis le mois de novembre de l'année dernière.
"Cette tempête de responsabilisation est puissante, et elle montre la détermination du pays à exécuter les directives du parti et du gouvernement correctement", a déclaré Han Yu, professeur à l'Ecole du parti du Comité provincial du PCC du Hebei.
Cette tempête montre également le pouvoir de l'opinion publique, a ajouté M. Han. "Il devrait y avoir quelqu'un, qui soit tenu pour responsable pour la violation grave des intérêts publics."
La Chine a activé le système de responsabilisation officielle pendant l'épidémie du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. Plus de 1 000 fonctionnaires, y compris le Ministre de la Santé de l'époque, Zhang Wenkang et le maire de Beijing Meng Xuenong, ont été forcés de démissionner pour des tentatives de dissimulation des informations sur l'épidémie ne désirant pas montrer leur incompétence dans la prévention et le contrôle du SRAS.
Ce système a été ensuite introduit à tous les niveaux du gouvernement, et plusieurs fonctionnaires ont perdu leur emploi à cause de grands accidents ou des erreurs administratives.
Quelques jours avant la démission de M. Li, le président chinois Hu Jintao, qui est aussi le Secrétaire général du Comité central du PCC a réprimandé "certains fonctionnaires" sur les accidents du travail et de la sécurité alimentaire cette année.
Ces accidents ont indiqué que certains cadres manquaient de sens de responsabilité et ont perdu leur capacité de diriger, certains ne prêtant aucune attention aux plaintes des citoyens et étant même insensibles aux problèmes, qui présentaient une menace à la vie, a dit M. Hu.
Déjà en mai, un père s'était plaint que sa fille de 13 ans avait des calculs rénaux à cause du lait en poudre qu'elle avait consommé, et le département de la Santé de la province du Gansu a reçu au mois de juillet un rapport concernant la qualité douteuse du lait en poudre, produit par le Groupe Sanlu dont le siège social est situé à Shijiazhuang.
Cependant, le scandale a été étouffé jusqu'au mois de septembre. Le Ministère de la Santé a annoncé qu'il était probable que le lait contaminé aurait tué 6 nourrissons, et 294 000 enfants ont eu des problèmes urinaires, en particulier des calculs rénaux.
Le Premier ministre Wen Jiabao a déclaré que le développement des entreprises et de l'économie ne doit pas se faire au détriment de la vie et de la santé publique, et il a promis de punir les responsables pour ces incidents graves.
Les conditions pourraient être plus sévères pour les fonctionnaires dans l'avenir, surtout que la Commission centrale d'inspection de la discipline du PCC a annoncé à la fin de décembre que les autorités sont en train d'élaborer des projets de règlement visant à intensifier le système de responsabilisation.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne






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