A quelques heures de l'ouverture du relais, la ville de San Francisco, et surtout sa communauté chinoise, la plus nombreuse du continent américain, s'apprête à accueillir la flamme à bras ouverts, avec fierté et émotion. Et avec courage.

Alors que le monde attend impatiemment de voir comment se déroulera la sixième étape du « périple de l'Harmonie », on voit déjà sur place que la Flamme de Beijing sera traitée comme une vraie VIP.
« On traite ça comme une visite de chef d'Etat étranger », a d'ailleurs expliqué le porte-parole du comité organisateur de l'aéroport, Mike McCaron.
En dépit des mesures de sécurité draconiennes - ici aussi on se prépare à faire face à d'éventuels débordements de groupes séparatistes tibétains et anti-chinois --, la ville baigne dans une atmosphère de paix et d'harmonie, particulièrement au long de l'itinéraire du relais, tout pavoisé de drapeaux olympiques.
La ville a mobilisé ses ressources pour que le relais soit un triomphe, et le maire, M. Garvin Newsom, a promis une sécurité à l'épreuve de tous les extrémismes.
Les autorités policières de San Francisco, ainsi que l'équipe du maire et plusieurs autres départements, « ont travaillé continuellement avec les services locaux et fédérales pour garantir la sécurité du relais de la Flamme et des spectateurs », a expliqué M. Newsom à l'agence d'Etat chinoise Xinhua.
« La Flamme olympique est un symbole d'excellence, et nous sommes honorés d'avoir l'occasion de l'accueillir et de contribuer au voyage de l'harmonie », a déclaré le maire.
La ville a sélectionné 40 relayeurs parmi 535 candidats venus de toute l'Amérique du Nord. Ceux-ci rejoindront 40 autres relayeurs de la région de la Baie lors du parcours de la Flamme.
La seule pensée de porter la torche est une expérience émouvante pour les relayeurs.
« Ca a été un choc. J'ai été émue aux larmes, parce que c'est un honneur incroyable », déclare ainsi Lisa Hartmayer, une infirmière de 29 ans originaire de San Francisco. Elle skiait dans le Colorado quand elle a reçu un coup de fil lui indiquant qu'elle avait été choisie pour porter la Torche dans la ville.
Aucun des relayeurs n'a émis de doutes concernant la sécurité.
« Je n'ai pas peur du tout », a déclaré Hartmayer, qui prévoit de porter la torche jusqu'au bout malgré les problèmes de sécurité qui se posent. « Je fais confiance au service d'ordre et je ne me fais aucun souci, vraiment aucun. A vrai dire je n'y ai pas beaucoup pensé, et peut-être que j'ai un peu trop confiance ? »
Hartmayer n'est pas la seule à planer. Beaucoup de ceux qui ont été choisis pour porter la Torche n rajoutent, disant qu'ils ne demandent pas mieux que de voir la Flamme à Frisco et de la porter.
Ainsi, un autre relayeur, Todd Hallenbeck, affirme n'avoir aucunement peur de manifestants hostiles.
« Cela ne change rien à l'honneur que je ressens de porter la torche », a déclaré Hallenbeck, 25 ans.
Même naturalisés de longue date, les Chinois de la Baie soutiennent de tout leur coeur le relais de la Flamme. « Beaucoup d'entre nous sont vraiment fiers que San Francisco ait été choisie pour le Relais », explique David Lee, responsable d'une organisation à but non lucratif. « Pour nous, l'arrivée de la Flamme, c'est le symbole de l'émergence de la Chine en tant que superpuissance. Donc les manifestations, c'est très peu pour nous. »
« On comprend que vous soyez attachés à la liberté d'expression, mais soyez gentils et comprenez que un tiers de la population à San Francisco est d'origine asiatique », lâche l'avocat Edward Liu à propos de ceux qui seraient tenter de saboter le relais.
L'Association sino-américaine pour le commerce a fait distribuer pas moins de 10.000 T-shirts frappés aux symboles des Jeux de Beijing à San Francisco, a révélé Siu Yuen Chung, président de cet organisme, qui organisera aussi une démonstration d'arts martiaux chinois de masse sur la place Justin Herman Plaza, où devrait se terminer le relais.
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