Avec deux médailles d'argent glanées la veille de la cérémonie de clôture par le marcheur Yohann Diniz (50 km) et le perchiste Romain Mesnil et 9 finalistes, l'équipe de France a terminé son déplacement japonais au 12e rang du concert mondial dominé par les Etats-Unis (26 médailles dont 14 en or) inspirant une insatisfaction manifeste à ses dirigeants qui tablait sur 3 à 5 breloques.
"Je repars avec un sentiment d'amertume et d'insatisfaction par rapport aux résultats de l'équipe de France et à son potentiel, a déclaré Bernard Amsalem, président de la Fédération française d'athlétisme (FFA). Le négatif l'emporte sur le positif. Pourtant, la Fédération avait pris les moyens de réussir."
La FFA a même peut-être trop chouchouté ses athlètes. Au vert dans le camp d'entraînement de Wakayama, à une heure et demie de la touffeur et de l'agitation d'Osaka, ceux-ci avaient également la possibilité de rejoindre leur hôtel sur site à la demande. Ebranlés par le décalage horaire, le climat et le choc culturel, ou se satisfaisant d'avoir été du voyage, plusieurs athlètes ont témoigné d'une faible capacité d'adaptation et d'un manque de professionnalisme.
"LA MESURE DE L'ENJEU"
"Pour les Jeux de Pékin (en août 2008), j'essaierai d'emblée d'éviter les touristes qui font les magasins et font preuve d'une incapacité à rééditer la performance sur laquelle ils ont été sélectionnés", a déclaré Bernard Amsalem.
Sans nommer les trublions, le directeur technique national, Franck Chevallier, a évoqué "une petite dizaine d'athlètes" sur les 54 sélectionnés, "certains, entrés tard en compétition, ou faisant partie des collectifs relais" tous éliminés en série pour la première fois de l'histoire des championnats du monde créés en 1983.
"Ils n'ont pas su prendre la mesure de l'enjeu", a regretté Franck Chevallier, avant d'expliquer que, "hors blessure", seuls les membres du 16 mondial de leur discipline disputeraient les Jeux. Et Wakayama, qui devrait servir à nouveau de base arrière, ne sera pas ouverte à tout le monde à l'été 2008.
Critique, l'appréciation des patrons de l'athlétisme français doit être nuancée. Yohann Diniz et Romain Mesnil, respectivement champion d'Europe du 50 km marche et vice-champion d'Europe du saut à la perche en 2006, ont confirmé. Pour le reste, les forces dépêchées à Osaka étaient affaiblies et ont souffert de la comparaison avec les exceptionnels mondiaux de Paris en 2003 (8 médailles) et d'Helsinki en 2005 (7 médailles). A respectivement 33 et 32 ans, Christine Arron (6e du 100 m) et Eunice Barber (éliminée en qualifications du saut en longueur) qui avaient rapporté 4 des 7 médailles d'Helsinki traînent l'usure et les bobos récurrents d'une longue carrière qui pourrait s'achever au lendemain de Pékin. Ladji Doucouré, champion du monde du 110 m haies et du 4 × 100 m à Helsinki en 2005 - blessé au mollet au printemps 2006 -, s'est incliné sur les obstacles en demi-finale, seulement trois mois après son retour en compétition.
Enfin, l'opération propreté menée depuis un an dans le demi-fond français a passablement entamé les effectifs, et les multiples forfaits pour blessure chez les sprinteurs avaient décimé les relais traditionnellement pourvoyeurs de médailles.
Patricia Jolly
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