Au plus mal en 2005, les relations sino-japonaises se sont considérablement réchauffées depuis deux ans. La visite dans l'archipel Nippon de Hu Jintao, du 6 au 10 mai, symbolise le rapprochement des deux voisins asiatiques. Il s'agit de la première visite d'un chef d'état chinois au Japon depuis 10 ans.
Avec Junichiro Koizumi comme chef du gouvernement japonais de 2001 à 2006, les relations sino-japonaises avaient atteint des degrés de tensions assez inquiétants. La faute à d'offensantes visites au sanctuaire de Yakusuni, dédié aux soldats morts pour le Japon et où reposent plusieurs criminels de guerre.
Le successeur de Koizumi, Shinzo Abe, avait su ménager les susceptibilités chinoises et amorcer un rapprochement avec le géant asiatique (avec une visite officielle dans l'Empire du milieu en octobre 2006). Une politique qui fût suivie par Yasuo Fukuda, premier ministre japonais depuis 2007, et en visite en Chine en début d'année 2008.
La venue du président chinois Hu Jintao du 6 au 10 mai représente donc une sorte d'aboutissement dans la politique japonaise, et il semblerait que des deux côtés, personne ne veuille voir l'évènement tourner au fiasco. En effet, en 36 ans, seul un autre chef d'état chinois, en l'occurence Jiang Zemin en 1998, avait fait le déplacement dans l'archipel.
Grandes puissances asiatiques, le Japon et la Chine ne peuvent s'ignorer malgré une relation particulièrement houleuse issue du douloureux souvenir de la Seconde Guerre Mondiale pour les Chinois. Il est évident aujourd'hui qu'il est dans l'intérêt des deux pays de trouver un terrain d'entente pour coopérer, se développer, et surtout assurer la paix régionale...
Preuve de l'importance accordée à la venue de monsieur Hu, l'empereur Akihito rencontrera trois fois le président chinois alors qu'il se montre d'ordinaire très peu en public.
Pendant la visite, devrait principalement être abordée des questions de coopération économique mais aussi environnementale. Mais certains sujets sensibles pourraient aussi être traités tels la crise au Tibet, le différent sur la frontière maritime des deux pays en mer de Chine orientale, le budget militaire chinois, ou encore l'affaire des raviolis chinois ayant causé une intoxication au Japon...
Les dirigeants nippons auront cependant besoin de trouver les mots qu'il faut car là où les Occidentaux peuvent se permettre certaines libertés de language, le Japon se doit de faire preuve d'une grande tacte face à une Chine qui n'a toujours pas totalement cicatrisée des traumatismes du passé...
Nicolas Jucha pour C.I.
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