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Jacques Chirac tire un bilan "incontestablement positif" de sa visite en Chine

Une "visite incontestablement positive" sur les plans économique comme politique: c'est du moins le bilan que le président Jacques Chirac a tiré vendredi de son voyage en Chine, probablement le dernier grand déplacement international de son quinquennat.

Sur la Corée du Nord comme sur le dossier nucléaire iranien, le président français s'est ainsi félicité d'une "proximité" entre Paris et Pékin. Soulignant que la Chine avait voté -contrairement à ses habitudes- la résolution 1718 imposant des sanctions à Pyongyang après l'essai nucléaire du 9 octobre, M. Chirac a expliqué n'avoir "pas eu le sentiment qu'il y ait une divergence de vues aujourd'hui entre les autorités chinoises et la communauté internationale sur ce problème". Principale alliée de Pyongyang, la Chine paraît néanmoins réticente pour l'application effective de certaines de ces sanctions.

Or, la passivité de l'ONU face à la Corée du Nord serait un bien mauvais exemple pour Téhéran. Le chef de l'Etat a d'ailleurs évoqué vendredi la possibilité, si le "dialogue" avec l'Iran n'aboutissait pas, de "sanctions ajustées, adaptées, provisoires, réversibles".

Reste à savoir si Pékin suivra. Jacques Chirac l'a donc pressé jeudi de se plier à une "discipline collective au service de la paix" qui "doit nous conduire à prendre les mesures nécessaires quand un pays bafoue ses engagements et menace la paix".

Sur le plan économique, Jacques Chirac peut se vanter du doublement du nombre d'entreprises françaises exportant en Chine -passé de 3.500 à 7.000 entre 2004 et 2006-, et repart avec en poche quelques gros contrats, à commencer par la vente de 150 Airbus A320.

Et il a des espoirs pour l'avenir. Pour la construction par Alstom d'une future ligne de trains à grande vitesse entre Wuhan et Canton peut-être, et surtout dans le domaine nucléaire pour Areva, qui espère vendre à la Chine quatre réacteurs de troisième génération.

Deux projets que le président français a ardemment défendu lors de ses entretiens avec ses interlocuteurs chinois. "J'ai bon espoir", a-t-il affirmé vendredi au sujet du dossier nucléaire.

Si le marché chinois, avec ses 10% de croissance annuelle, est tentant pour une économie européenne essoufflée, il n'est pas dénué de pièges. Certes, les échanges commerciaux ont pratiquement doublé depuis 2000 entre Paris et Pékin, mais la balance commerciale est lourdement déficitaire pour la France: 7,3 milliards d'euros au premier semestre 2006.

Et l'Empire du milieu pose ses conditions aux sociétés occidentales. Pour vendre en Chine, il faut produire en Chine. Et Pékin contraint les groupes étrangers candidats à s'allier à un partenaire local, en leur interdisant d'être majoritaire dans ces joint-ventures. C'est le choix qu'ont néanmoins fait Airbus, en ouvrant une nouvelle ligne d'assemblage à Tianjin, près de Pékin, et PSA Peugeot-Citroën, en construisant une nouvelle usine à Wuhan, dans la province du Hubei. Avec, à chaque fois, des transferts de technologie.

Mais Jacques Chirac en est convaincu: la Chine est la superpuissance de demain. Il entend donc cultiver ces liens, pour des raisons stratégiques et, aussi, parce que son goût personnel l'y porte. Il est donc hostile à l'indépendance de Taïwan, soutient la levée de l'embargo européen sur les armes imposé après la répression de Tienanmen en 1989 et, sur les droits de l'homme, a opté pour la stratégie de "l'efficacité, donc de la discrétion".

C'est donc loin de toute caméra qu'il a évoqué jeudi soir en privé, lors d'un dîner à Pékin avec son homologue chinois Hu Jintao, cette question. Une liste de noms de cas individuels a été remise aux autorités chinoises.

La conférence de presse prévue de jeudi s'étant transformée en monologue des deux chefs d'Etat à la demande de Pékin, toute question gênante sur la mort d'une nonne tibétaine de 17 ans, tuée par des garde frontières chinois alors qu'elle tentait de fuir le pays avec un groupe de compatriotes, a par ailleurs été évitée au président chinois.

A six mois de la fin de son mandat, Jacques Chirac veut croire que d'autres suivront son chemin. La relation franco-chinoise, "c'est un élément permanent pour les 20 ou 30 prochaines années", a-t-il affirmé.

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Source : AP,
Le 27 octobre 2006
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