Alors que la torche principale fait actuellement une tournée des provinces chinoises, une seconde flamme olympique a été hissée au sommet du mont Everest ce jeudi 7 mai. Un moyen pour Bejing de donner encore plus de prestige à ses JO, et aussi de répondre aux critiques internationales suite au émeutes tibétaines...
Alors que la Flamme olympique poursuit actuellement son tour de Chine après un périple international mouvementé, une torche supplémentaire a été portée jusqu'au sommet du mont Everest ce jeudi.
Projet ambitieux des organisateurs des Jeux de Beijing, le pari a finalement été tenu malgré les récents problèmes au Tibet et certaines critiques venues de l'étranger. C'est un groupe de 31 alpinistes, dont une large partie de Tibétains (22 au total), qui ont réalisé l'ultime ascension, ayant duré environ 6 heures.
En portant la Flamme à 8850 mètres d'altitude, la Chine veut montrer au reste du monde sa capacité à repousser les limites humaines plus haut, plus loin, comme le veut la devise olympique. Pour arriver à leurs fins, les organisateurs n'ont pas hésité à utiliser des technologies dernier cri : une capsule spéciale pour préserver la flamme et une torche spécialement conçue pour résister à l'hostilité du climat himalayen.
Allumée peu avant l'arrivée au sommet sous une température de -30°, la torche fût hissée par une dernière relayeuse d'origine tibétaine : Ciren Wangmu. Une fois sur le «Toit du monde», le groupe d'alpiniste a déployé les drapeaux chinois et olympique, ainsi qu'un troisième floqué du slogan des JO 2008.
L'évènement a bien entendu été retransmis à la télévision nationale en direct, et depuis, repasse en boucles sur différentes chaînes dont principalement CCTV5, dédiée au sport. Il est clair que le succès de l'entreprise fait aujourd'hui la fierté des Chinois après les incidents de parcours de la flamme à l'étranger. Il s'agit également selon eux d'un bon moyen pour prouver au monde l'unité des éthnies du peuple chinois.
La performance ne fait cependant pas que des heureux, en particulier chez les défenseurs de la cause tibétaine qui voient en cet évènement une politisation des JO. Pour eux, la Chine a clairement voulu confirmer au monde ses revendications territoriales sur le Tibet via la montée drapeaux chinois en mains du mont Everest par le versant tibétain.
Il faut dire que malgré les émeutes au Tibet et la répression qui a suivi en mars, on aurait pu penser que le projet pékinois allait être abandonné. Il n'en a été rien malgré également la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et les représentants du Dalaï Lama.
Nicolas Jucha pour C.I.
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