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Dernière mise à jour le 11 mai 2008 à 17:40

Exposition - Culture des portes de l'ancien rempart de Beijing

Une exposition intitulée « Culture des portes de l'ancien rempart de Beijing » vient de s'ouvrir dans la Tour d'angle du sud-est de l'ancien rempart interne de Beijing, située dans le parc des ruines du rempart de la dynastie des Ming.

Les maquettes miniatures des 16 portes de l'ancien rempart de Beijing y sont exposées. Il s'agit des reproductions à l'échelle de 1 : 60 de ces anciennes portes. Ces objets illustrent l'aspect originel des anciennes portes impériales construites surtout dans la dynastie des Ming (1368-1644).

Les remparts externe et interne et leurs portes, construites dans l'antiquité, furent des fortifications en prévision des éventuelles agressions de l'extérieur. En raison de leurs utilisations différentes, le rempart interne était en général plus épais que le rempart externe, et leurs portes étaient également plus majestueuses. Cependant, les portes des anciens remparts de Beijing étaient généralement composées de trois parties : une tour de guet, une tour de flèches, un vestibule. La plus grande porte est la Porte Zhengyangmen, qui se trouve dans la direction sud de la Porte Tian'anmen, sur l'axe centrale du Palais impérial (Cité interdite).

Dans l'exposition, on peut voir l'aspect originel de la Porte Zhengyangmen reproduite. En réalité, il n'existe plus aujourd'hui à Beijing que trois postes de l'ancien rempart interne de la ville dont la Porte Zhengyangmen, la Porte Deshengmen et la Porte Yongdingmen (récemment reconstruite). En outre, on peut aussi voir dans l'exposition la maquette de la Porte Heyi, qui sont les ruines de l'unique porte construite en terre battue (les portes de la dynastie des Ming étaient généralement construites avec de grosses briques de qualité) durant la dynastie des Yuan (1271-1368), mais qui ont été déterrées et démolies par la suite, à la fin des années 1960 et au début des années 1970 lors de la construction du métro de Beijing. La maquette a été faite selon des photos prises avant sa démolition et des données archéologiques.

Les données historiques montrent que l'ancien rempart interne de Beijing comptait neuf portes alors que l'ancien rempart externe en avait sept.

S'agissant des neuf portes de l'ancien rempart interne de Beijing, elles avaient des fonctions différentes dans le temps.

La Porte Zhengyangmen était la porte d'honneur du rempart interne, dont le passage était uniquement réservé à l'empereur lors de sa sortie et de son retour à la Cité interdite. Elle portait aussi un autre nom plus familier : la Porte de Qianmen (Porte de Devant) du fait de son emplacement juste avant la direction sud de la Cité interdite, à l'opposé de la Porte Di'anmen (Porte de la Paix terrestre) surnommée la Porte de Houmen (Porte de Derrière). La Porte Tian'anmen, comme tout le monde le sait, s'appelle aussi la Porte de la Paix céleste.

Quant à la Porte Chongwenmen et la Porte Xuanwumen, « Chongwen » signifie en chinois « vénérer la culture » tandis que « Xuanwu » veut dire en chinois « faire montre de la force ». Ces deux portes se trouvaient parallèlement sur les deux côtés de la Porte Zhengyangmen, la Porte Chongwen à l'est et la Porte Xuanwu à l'ouest. Conformément à la doctrine antique chinoise du Yin et du Yang et aux cinq éléments constitutifs de la cosmogonie chinoise (métal, bois, eau, feu et terre), les lettrés venus à Beijing pour passer les examens supérieurs devaient entrer dans la capitale par la Porte Chongwenmen, alors que les cortèges funèbres étaient condamnés à sortir de la ville par la Porte Xuanwumen. D'autre part, durant le règne de la dynastie des Qing (dernière dynastie féodale de la Chine, 1644-1911), le terrain d'exécution était installé à Caishikou, situé à l'extérieur de la Porte Xuanwumen, d'où également son surnom « Porte des peines capitales ». La Porte Chongwenmen était également nommée la « Porte des impôts » du fait que l'Administration générale de collecte des impôts fut mise sur pied à l'emplacement de la Porte Chongwenmen. Dans l'antiquité, les marchandises transportées à Beijing par le Grand Canal devaient entrer par la Porte Chongwenmen pour arriver dans leur destination finale.

A propos de la Porte Chaoyangmen, elle s'appelait la « Porte des céréales », pour la simple raison que les céréales consommées à Beijing étaient transportées à Tongzhou (nœud du transport fluvial et routier dans le temps, qui se trouve dans le district de Tongzhou, dans la grande banlieue est de Beijing) par le Grand Canal Beijing-Hangzhou, et puis par voie terrestre jusqu'à la capitale à travers la Porte Chaoyangmen.

La Porte Dongzhimen était la plus simpliste des neuf portes du rempart interne de Beijing. La légende montre qu'au moment de la construction du rempart de Beijing, les charrettes transportant des bois d'œuvre empruntaient surtout cette porte pour entrer dans la ville. C'est la raison pour la quelle on l'appelait également la « Porte du Bois ».

Durant le règne des deux dernières dynasties féodales dans l'histoire chinoise, Ming et Qing, les troupes impériales sont généralement sorties de la capitale par la Porte Andingmen pour des expéditions, et en sont retournées par la Porte Deshengmen. « men » signifie toujours en chinois la « porte », et « desheng » veut dire « retour triomphal après la victoire ». Une anecdote des premières années de la dynastie des Ming raconte que le célèbre général Xu Da, dans son Expédition du Nord (la capitale des Ming fut d'abord installée par son fondateur Zhu Yuanzhang à Jinling, qui est maintenant la ville de Nanjing, chef-lieu de la province du Jiangsu au sud du Yangtzé), arriva jusqu'au pied de Dadu (capitale de la dynastie des Yuan), l'empereur Shundi de la dynastie des Yuan s'enfuit par la Porte Jiandemen (ancien nom de la Porte Deshengmen). Pour commémorer cette victoire éclatante, on décida d'en changer le nom et appela désormais la Porte Deshengmen.

La Porte Xizhimen était le passage obligatoire pour le transport d'eau potable réservée aux cours impériales des Ming et Qing, eau venue de Yuquanshan dans la banlieue ouest de Beijing, ce qui lui valut aussi le nom « Porte de l'Eau ».

La Porte Fuchengmen était située dans la partie ouest de l'ancien rempart interne de la ville. Dans le temps, le charbon utilisé dans la ville provenait surtout des houilles de Mentougou et de Zhaitang, qui se trouvaient toutes deux dans la banlieue ouest de la ville, d'où peut-être l'origine du surnom « Porte du Charbon » affectueusement donnée par des habitants d'alors à la Porte Fuchengmen en voyant passer de nombreuses charrettes de charbon passer quotidiennement par cette porte.


Source : BOCOG,
Le 18 mars 2008 à 10:27
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