
La Chine et le Japon ont décidé jeudi à Hanoï d'aller de l'avant pour désamorcer leurs querelles sur la période de l'occupation japonaise de la Chine, en se fixant comme objectif de publier en 2008 les résultats d'une étude conjointe sur leur histoire commune.
"Entre les deux pays, il y a différentes interprétations de l'Histoire, en particulier avant la seconde guerre mondiale", a indiqué un responsable gouvernemental japonais après une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
"L'objectif de cette étude conjointe est d'approfondir la reconnaissance objective de l'Histoire", a-t-il dit. "Les deux parties en ont des visions très subjectives".
Selon ce responsable, la première rencontre réunira dix experts de chaque pays avant la fin de l'année et les résultats devraient être publiés en 2008. Une partie des chercheurs travaillera sur l'histoire ancienne asiatique et l'autre sur l'histoire récente incluant la période la plus controversée, a-t-il ajouté.
La rencontre entre le chef de la diplomatie japonaise Taro Aso et son homologue chinois Li Zhaoxing s'est déroulée en marge des réunions préparatoires au sommet annuel du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), ce week-end dans la capitale du Vietnam.
Des tensions éclatent régulièrement entre Pékin et Tokyo en liaison avec l'occupation japonaise de la Chine.
Selon Pékin, quelque 300.000 soldats et civils chinois ont été massacrés par la soldatesque nipponne à Nankin, l'épisode le plus sanglant de la guerre sino-japonaise de 1937-45. Tokyo s'en tient au chiffre de "200.000 victimes ou plus".
Zhu Feng, chef de l'Institut des relations internationales de l'université de Pékin, a souligné que le principe de cette étude conjointe avait été accepté lors de la visite à Pékin, en octobre, du nouveau Premier ministre japonais Shinzo Abe, la première d'un chef du gouvernement nippon en Chine depuis cinq ans.
"On entre dans la phase de mise en oeuvre du projet", a-t-il expliqué à l'AFP. Mais "résoudre la question prendra du temps. Les efforts actuels peuvent simplement éviter des confrontations, ils ne parviendront pas à aboutir à un consensus".
Les relations entre les deux pays se sont améliorées de façon sensible depuis l'élection à la tête du gouvernement japonais, le 26 septembre, de Shinzo Abe à la place de Junichiro Koizumi.
Les sommets bilatéraux avaient été suspendus il y a cinq ans à l'initiative de Pékin, officiellement en raison des pèlerinages de M. Koizumi au sanctuaire tokyoïte du Yasukuni, haut-lieu du nationalisme nippon.
A Pékin, M. Abe, nationaliste mais pragmatique, avait reconnu devant ses hôtes que le Japon avait commis des atrocités en Asie au siècle dernier, en particulier pendant la colonisation de la Chine et de la Corée.
Le mois dernier, un groupe de 78 chercheurs, hommes d'affaires, parlementaires et journalistes japonais avaient demandé à leur Premier ministre de soutenir cette initiative de recherche historique commune.
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