
Des historiens chinois et japonais se sont retrouvés lundi à Tokyo pour une nouvelle session de discussions visant à désamorcer leurs contentieux liés au passé, notamment à la colonisation japonaise (1931-1945), sous les auspices des deux gouvernements.
Cette réunion, qui s'est déroulée "dans un bonne ambiance" selon un participant chinois, survient en pleine polémique sur le rôle du Japon dans la prostitution forcée des Asiatiques pendant la guerre, rôle que les dirigeants conservateurs japonais sont accusés de minimiser.
Le Premier ministre Shinzo Abe a récemment déclenché un tollé en Asie en affirmant qu'il n'existait "aucun témoignage fiable" prouvant que l'armée nippone avait eu recours à la "coercition" pour recruter des femmes comme chair à soldats.
Le groupe d'études historiques, qui rassemble 10 experts de chaque pays, débattra à huis clos jusqu'à mardi.
Lundi, il a rendu une visite de courtoisie au chef de la diplomatie nippone, Taro Aso.
"L'ambiance de notre réunion a été bonne. Nous avons pu approfondir la compréhension mutuelle entre les historiens de nos deux pays", a assuré un diplomate de l'ambassade de Chine au Japon, se disant optimiste pour l'avenir.
En décembre dernier, le groupe s'était réuni pour la première fois à Pékin afin de fixer la méthodologie des échanges.
Les Chinois reprochent au gouvernement japonais de couvrir l'édition de manuels scolaires d'histoire "révisionnistes" qui, selon Pékin, minimisent sciemment les exactions de l'armée impériale nippone.
Les Japonais, de leur côté, critiquent la vision simplificatrice et systématiquement anti-nippone des historiens chinois.
Les actes des travaux historiques conjoints devraient être publiés d'ici la fin 2008.
Ce projet --une vraie gageure-- a été relancé en octobre dernier lors de la visite de M. Abe à Pékin afin d'améliorer des relations bilatérales qui s'étaient considérablement tendues sous le mandat de l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi.
Les visites répétées de M. Koizumi au sanctuaire shintoïste du Yasukuni à Tokyo, haut lieu spirituel du nationalisme nippon, avaient déclenché la colère de ses voisins asiatiques, Chinois et Coréens.
M. Abe, un nationaliste pragmatique, a fait de l'amélioration des relations avec la Chine un objectif prioritaire de sa politique étrangère.
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