
1er forum financier sino-français: opération séduction d'Europlace en Chine
La place financière française a mené une opération de séduction des investisseurs chinois, jeudi à Pékin, en organisant son premier Forum financier sino-français, organisé sous l'égide des Banques centrales des deux pays.
Premier indice de succès pour Europlace, l'organisation de promotion de la place financière de Paris, la manifestation était placée sous le parrainage notamment du gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, dont l'institution est aujourd'hui à la tête des premières réserves mondiales de change, voguant allègrement vers les 1.000 milliards de dollars.
Elle a aussi attiré la présidente de l'Administration nationale des changes (SAFE) Hu Xiaolian et de nombreux hauts responsables du secteur de l'assurance, de la banque et des différentes Commissions de régulation chinoises.
Avec 954,5 milliards de dollars de réserves de changes fin juillet, plus de 1.700 milliards de dollars d'épargne des ménages à fin 2005, la Chine, en plein ouverture financière, est désormais un partenaire incontournable.
D'autant que Pékin travaille activement à remédier au sous-développement de ses marchés financiers.
"La capitalisation financière (en Chine) ne représente que 25% du PIB alors que souvent elle dépasse les 100% dans les pays développés", a souligné lors du forum Miao Jianmin, le président de China Life, numéro un de l'assurance-vie et l'un des deux assureurs chinois autorisés en juin à investir à l'étranger en convertissant en devises une partie de ses avoirs en yuans.
Pour leur part, les banques et les sociétés d'assurance ou de gestion françaises ont déjà pris leurs marques en Chine.
Les Français sont ainsi partenaires de cinq des 12 entreprises mixtes initiées par des sociétés de gestion chinoises.
Mais les entreprises et investisseurs chinois sont plus familiers des places financières de Kong Kong et de New York que de leurs homologues européennes, hors Londres.
"Notre enjeu est aujourd'hui de développer la compétitivité des places financières de nos deux pays en exploitant toutes les dynamiques venant d'un côté de l'expérience de la construction européenne et du succès de l'euro, de l'autre de la dynamique de développement des marchés financiers chinois", a déclaré Gérard Mestrallet, le président d'Europlace.
Les Français veulent encourager la coopération dans tous les secteurs de l'industrie financière: banque, assurance, gestion d'actifs, immobilier financier, que ce soit avec Paris ou plus globalement Euronext, qui regroupe les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne.
En faveur d'Euronext, en passe de fusionner avec le New York Stock Exchange, et contre la prestigieuse place londonienne, l'euro sert d'argument : "Beaucoup de gens ont dans l'idée que le grand marché, c'est les Etats-Unis, avec des instruments en dollars et qu'il y a une place intéressante en Europe: Londres. Or Londres n'est pas un marché en euro, c'est la place d'une monnaie secondaire. Pour travailler dans l'autre grande monnaie mondiale, il vaut mieux être dans cette zone", a déclaré le président de la Banque de France, Christian Noyer.
L'euro représente aujourd'hui 20% des réserves de devises contre 13% en 1999, a insisté M. Mestrallet, le patron de Suez.
Pour l'heure, même si Zhou Xiaochuan voit "radieuses les perspectives de coopération franco-chinoise", Paris n'est pas encore un pôle irrésistible pour les entreprises du géant asiatique.
Avec une cotation prévue fin 2006 sur Alternext, le marché d'Euronext destiné au entreprises de petite taille, la société Aierfu deviendra la deuxième entreprise chinoise cotée chez Euronext.
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