Délocaliser leurs productions dans des pays à main-d'oeuvre bon marché est devenu une des options favorites de nombreuses entreprises européennes, la Chine figure ainsi parmi un de leurs premiers choix dans ce domaine.
Récemment une enquête menée conjointement par l'Agence Bearing Point, la Grande Ecole de Commerce européenne Escp-Eap et le magazine « Supply Chain » a révélé les problèmes auxquels des entreprises françaises et belges sont confrontées dans les domaines des productions délocalisées et du commerce des produits sous-traités.
Cette enquête a estimé que délocaliser les productions et sous-traiter les produits dans les pays à main-d'oeuvre bon marché risqueraient de perturber la chaîne d'approvisionnement et d'augmenter les prix de revient. Le problème existant actuellement est la hausse des stocks, l'augmentation du coût des logistiques et l'incertitude concernant les fournitures.
Sur 150 entreprises françaises et belges soumises à enquête, 76% ont déjà délocalisé une partie de leurs productions (dont 60% d'entreprises ayant transféré environ 30% de leurs produits) dans des pays à la main-d'oeuvre bon marché, 20% projettent de le faire prochainement. Et un nombre de 30% d'entreprises (dont environ 80% appartenant au secteur textile) ont choisi la Chine comme pays de délocalisation de leurs productions ou de transformation de leurs produits.
La plupart d'entre elles ont indiqué que ce genre de délocalisation encourait tels ou tels problèmes. Sur toutes ses entreprises interrogées, 16% se sont déclarées préoccupées par la qualité des produits, 15% par le manque de réaction ponctuelle aux besoins du marché, 10% par la hausse du coût de transports et la durée excessive de la production, 8% par la contrefaçon, 7% par les retards à la livraison. Une proportion de 70% d'entreprises enquêtées est confrontée aux problèmes de la hausse des stocks et les coûts de leur logistique ont augmenté de 66%. Par contre 60% d'entreprises ont affirmé ne pas d'inquiétudes sérieuses quant aux livraisons assurées de leurs fournisseurs.
En ce qui concerne le secteur textile, le pourcentage d'erreur entre la commande et la livraison se situe de 1 à 2%, un niveau moins élevé par rapport aux autres secteurs comme par exemple le secteur électroménager. Ainsi nombre d'entreprises ne semblent-elles pas se soucier d'une incertitude de livraison due à la distance séparant les sous-traitants de leurs clients européens, mais elles souffrent de ne pouvoir contrôler effectivement leurs produits tout au long des transports et sont gênées par le manque de respect dans le délai de livraison. Pour les vêtements, il existe encore beaucoup de problèmes à résoudre du fait que le temps écoulé entre le choix du modèle, de la fabrication et de l'embarquement jusqu'à la livraison chez les commerçants nécessite 6 mois. Le problème à résoudre rapidement est que très peu d'entreprises (19% d'entreprises enquêtées) soient capables de suivre leurs produits au cours des transports afin d'en assurer elles-mêmes la livraison et que fort peu soient encore en mesure d'utiliser l'informatique pour suivre avec précision le processus de production de leurs produits et effectuer les prévisions nécessaires sur les ventes.
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