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Chine : DONALD TSANG YAM-KUEN - Le nouveau numéro un

Donald Tsang Yam-Kuen, 61 ans, nouveau chef de l'exécutif de Hong Kong. Issu de l'administration coloniale britannique, ce catholique convaincu est apprécié pour sa gestion des finances du territoire. Ses détracteurs soulignent toutefois son manque d'expérience politique, qui risque d'être un handicap pour lui dans les contacts avec Pékin, toujours délicats.
C'est de manière inattendue que le secrétaire général de l'administration de Hong Kong [le numéro deux du territoire], Donald Tsang Yam-Kuen, est devenu le chef de l'exécutif de Hong Kong. Il va remplacer Tung Chee-Hwa, démissionnaire, probablement pour les deux ans de mandat qu'il lui restait. Pourtant, Donald Tsang ne faisait pas partie des fonctionnaires hongkongais qu'affectionne Pékin. Mais cela semble finalement avoir joué en sa faveur après le départ de Jiang Zemin de la tête de l'Etat chinois.

On raconte qu'en 2001, lorsque Donald Tsang fut choisi pour succéder à Anson Chan à la tête de l'administration de Hong Kong, il était loin d'incarner le candidat idéal aux yeux de Pékin. Il avait cependant bénéficié du soutien appuyé de Tung Chee-Hwa, soucieux de maintenir le moral des troupes dans les services publics.

Les raisons pour lesquelles M. Tsang est susceptible de déplaire à Pékin sont nombreuses. Il a accompli ses études secondaires dans l'enseignement catholique et il est encore aujourd'hui un catholique fervent, contrairement à l'élite politique pékinoise, pour la plupart athée. De plus, Donald Tsang, qui aura 61 ans cette année, est issu des rangs de l'administration britannique. Avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine, au grand mécontentement des autorités communistes, il avait soutenu avec vigueur le projet de réforme de l'administration de Chris Patten [le dernier gouverneur britannique], projet pourtant vivement combattu par Pékin. Enfin, un certain nombre de hauts fonctionnaires chinois ont vu d'un très mauvais œil son maintien au poste de secrétaire des Finances [après la rétrocession à la Chine, en 1997], qui faisait suite à son anoblissement par la reine d'Angleterre.

Pour les nombreux fonctionnaires chinois issus du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, la pilule sera difficile à avaler si Donald Tsang devient effectivement le chef de l'exécutif [cela doit être confirmé par un vote le 10 juillet], voire se positionne parmi les “dirigeants nationaux” chinois.

Mais les temps changent, et de subtiles modifications sont en train d'apparaître au fur et à mesure que le président de la République chinoise, Hu Jintao, consolide son pouvoir. Lors du 4e plénum du Parti communiste chinois, en septembre dernier, Jiang Zemin a annoncé son retrait de la présidence de la Commission militaire du Comité central du PCC et, lors de la session parlementaire qui a pris fin le 12 mars, il a également quitté la présidence de la Commission nationale militaire.

Quand, à la fin de l'année dernière, à Macao, le président Hu Jintao avait “réprimandé” l'équipe dirigeante en poste dans la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong, il avait néanmoins donné une poignée de main appuyée à M. Tsang, pendant plus de six secondes, contre seulement quatre secondes pour Henry Tang [l'actuel secrétaire des Finances] et d'autres hauts responsables. Ces deux secondes de différence avaient alimenté toutes sortes de supputations.
Le représentant du ministère des Affaires étrangères chinois à Hong Kong, Yang Wenchang, avait déclaré le 22 février, lors d'un banquet donné à l'occasion du nouvel an chinois, que le gouvernement de Chine populaire accepterait n'importe quel candidat à la tête du Territoire, qu'il soit originaire du monde des affaires ou du monde de l'administration, pourvu qu'il bénéficie du soutien d'une large majorité de la population. Nombreux ont été les observateurs à considérer que le gouvernement chinois avait donné son accord tacite à l'entrée en lice de Donald Tsang dans la course au poste de chef de l'exécutif. S'il affirme ne pas avoir d'ambitions politiques, être conscient de ses talents exacts et vouloir faire valoir ses droits à la retraite pour “cultiver son jardin”, celui-ci insiste néanmoins souvent sur le fait que “le sang qui coule dans ses veines est hongkongais”…

Qiu Xin - Yazhou Shibao Zaixian / CI

 

Le 18 mars 2005
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