
Le vice-Premier ministre chinois Huang Ju 黄菊, numéro six du régime communiste, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à Pékin, a annoncé l'agence Chine Nouvelle.
L'agence officielle a simplement indiqué que M. Huang, qui était âgé de 68 ans, était mort de maladie, sans préciser laquelle. Selon des médias de Hong Kong, il souffrait d'un cancer du pancréas.
Né en septembre 1938 dans la province de Zhejiang (est), diplômé en ingéniérie électrique, ce proche de Jiang Zemin, prédécesseur de l'actuel président Hu Jintao, avait été nommé en 2002 au sein du comité permanent du bureau politique du Parti communiste, centre du pouvoir, occupant le sixième rang.
Huang Ju était également depuis 2003 l'un des quatre vice-Premiers ministres, chargé de l'économie.
Bien que la santé des leaders chinois ait toujours été entourée du plus grand secret, le gouvernement avait annoncé en mars 2006 qu'il était malade et ne pouvait pas assister aux cérémonies officielles.
Sa dernière apparition publique remonte au mois de mars lors de la session annuelle du Parlement à Pékin, où il avait appelé les délégués de Shanghai à soutenir la lutte anti-corruption du président Hu Jintao.
Sa mort intervient à quelques mois du prochain Congrès du Parti communiste chinois, prévu à l'automne, qui doit confirmer un nouveau mandat de cinq ans pour Hu Jintao, président et numéro un parti.
Huang, en raison de son appartenance à "la clique de Shanghai" de l'ancien président Jiang Zemin, faisait plutôt partie d'un camp dont Hu Jintao a tenté de réduire l'influence tout au long de son mandat.
Les autorités centrales ont salué en lui samedi matin "un excellent membre du PCC (parti communiste), un combattant communiste de longue date et fidèle, et un dirigeant exceptionnel", a souligné Chine Nouvelle.
Le mois dernier, alors que se propageait une rumeur selon laquelle il était mort, des analystes avaient estimé que ce décès ne saurait influencer l'équilibre politique à Pékin, en soulignant que de toutes façons sa fin politique était proche.
"Je ne pense pas que cela aura beaucoup d'impact (...) Sa santé est de plus en plus mauvaise et on s'attend à ce qu'il se retire du comité permanent au prochain Congrès", avait dit Joseph Cheng, spécialiste de la politique chinoise à la City University de Hong Kong.
Samedi matin, un universitaire chinois confirmait cette évaluation de la situation: "Sa mort ne pèsera pas sur le cours de la politique chinoise, parce qu'il avait de toutes façons l'intention de se retirer après 17e congrès", a affirmé Hu Xingdou, un professeur de l'Institut de technologie de Pékin.
"De fait, il a quitté ses fonctions depuis longtemps et la vice-Premier ministre Wu Yi a repris ses dossiers. Sa mort ne changera donc pas vraiment la situation", a ajouté Hu Xingdou.
Wu Yi, ancienne responsable du commerce extérieur, ancienne ministre de la Santé, aujourd'hui toujours en charge des questions médicales en tant que vice-Premier ministre, joue effectivement un rôle de premier plan dans le domaine financier et commercial.
C'est elle qui conduisait ainsi la semaine dernière la délégation chinoise s'étant rendue à Washington dans le cadre du dialogue économique stratégique sino-américain.
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