A la veille de la visite en Chine du 1er ministre français, Brigitte Bardot intervient auprès de M. Raffarin et du Président Hu Jintao pour protester contre la cruauté des élevages et mises à mort des animaux dans ce pays :
Paris, le 19 avril 2005
Lettre ouverte à M. Hu Jintao
Président de la République
Populaire de Chine
Via l'Ambassade
11 Avenue George V
75008 Paris
Monsieur le Président,
Alors qu'est célébrée actuellement « l'année de la France en Chine », je me fais une fois encore le porte-parole d'une opinion publique scandalisée par les actes de cruauté perpétrés dans votre pays.
La Chine, déjà dénoncée pour l'exploitation cruelle d'ours pour leur bile dans des fermes de la honte, ne pourra pas indéfiniment se comporter avec autant de barbarie envers les animaux et se doit de respecter la vie en général. C'est d'autant plus indispensable à la veille des Jeux Olympiques, organisés à Pékin, dont la charte énonce « le respect des principes éthiques fondamentaux universel ».
Nous connaissons l'horreur des élevages de chiens et de chats dans votre pays et leur abattage dans des souffrances indescriptibles, un « spectacle » insoutenable, indigne de tout être humain qui se respecte. Je me suis battue, avec ma Fondation, pour que la France ne soit plus complice de ce commerce basé sur la torture et la mort d'innocentes victimes.
J'ai été reçue par le Premier ministre puis le ministre de l'Agriculture de mon pays qui ont accepté ma supplique et interdit (en novembre 2003) l'importation en France des peaux et fourrures de chiens et de chats. Aujourd'hui, ma Fondation travaille avec la Commission européenne afin que cette interdiction soit généralisée à tous les Etats membres de l'Union.
Malheureusement, la cruauté semble n'avoir aucune limite en Chine comme en témoigne le rapport réalisé par la Protection Suisse des Animaux sur l'élevage et la mise à mort des animaux pour leur fourrure. J'ai vu ces images monstrueuses où des renards, des chiens viverrins étaient assommés à coups de gourdins ou projetés avec force contre le sol. Les images de ces animaux encore conscients à qui l'on arrache la fourrure, se tordant de douleur une fois écorchés, me hantent et me révoltent au-delà de ce que vous pouvez imaginer.
La Chine est, peut-être, un pays d'avenir mais son présent est une ignominie écœurante !
Désormais, certains Chinois ont le courage de dénoncer ces pratiques immondes. A ce titre, le reportage paru récemment dans « Beijing news » est édifiant, et soyez assuré que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la France et l'Union européenne refusent d'importer les peaux et fourrures (quelle que soit l'espèce animale concernée) en provenance de Chine.
Monsieur le Président, vous avez le devoir d'accompagner la « République Populaire » de Chine vers une société plus juste et moins cruelle. L'adoption d'une loi de protection animale serait un premier pas… mais peut-on attendre d'un pays qui ne respecte pas les Droits de l'Homme qu'il fasse preuve d'un minimum de compassion pour les animaux ?
Brigitte Bardot
Présidente
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