
Pékin a jugé positive vendredi sa mission de bons offices auprès de la Corée du Nord, qui a surtout permis d'évoquer le retour de celle-ci à la table des négociations, tandis que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice exhortait la Chine à une stricte application des sanctions de l'ONU.
Au lendemain de sa rencontre à Pyongyang avec Kim Jong-il, le numéro un nord-coréen, l'envoyé spécial chinois Tang Jiaxuan a indiqué à Mme Rice que sa visite "n'avait pas été vaine".
"Au moins, elle a permis d'accroître la compréhension mutuelle. Chacun a discuté de la manière de retourner aux négociations à six au plus vite", a affirmé de son côté le chef de la diplomatie chinoise Li Zhaoxing, sans donner de détails.
Les pourparlers à six pays (Chine, Etats-Unis, Russie, Japon, les deux Corées), qui visent en vain depuis trois ans à convaincre Pyongyang de renoncer au nucléaire, sont boycottés par la Corée du Nord depuis près d'un an.
Selon le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo citant une source diplomatique non identifiée au sein de la délégation chinoise qui s'est rendue à Pyongyang, Kim Jong-il aurait exprimé des regrets après le premier essai atomique réalisé le 9 octobre, tout en marquant le désir de renouer les négociations à condition que Washington fasse des concessions.
"Si les Etats-Unis font un certain degré de concessions, nous en ferons également, que ce soit au niveau bilatéral ou des pourparlers à six", affirme le journal citant des propos du leader nord-coréen rapportés par Tang Jiaxuan.
Mme Rice est cependant restée ferme, appelant la Corée du Nord à revenir immédiatement et sans conditions à la table des négociations.
"La République populaire démocratique de Corée (RPDC) devrait retourner aux discussions sans conditions et devrait commencer à mettre en oeuvre l'accord de septembre 2005 sur les négociations à six", a-t-elle déclaré.
Elle a également demandé à Pékin de mettre en oeuvre scrupuleusement les sanctions décrétées par l'ONU en représailles au premier essai nucléaire.
"Le ministre et moi avons discuté de l'importance d'une application dans son intégralité de la résolution 1718 afin d'être certain qu'il n'y aura pas de transfert de matériaux illégaux dangereux reliés aux programmes nord-coréens d'armes nucléaires", a déclaré Mme Rice à l'issue de sa rencontre avec Li Zhaoxing.
"En tant que membre des Nations unies et membre permanent du Conseil de sécurité, la Chine, comme toujours, continuera à mettre en oeuvre ses obligations internationales afférentes et exercera le rôle qui lui revient dans ce processus", a répondu M. Li, insistant sur le besoin de "dialogue et d'une résolution pacifique".
"La question nucléaire coréenne est à un moment décisif. La direction qu'elle prendra aura un effet direct sur la paix et la stabilité dans l'Asie du Nord-Est et du monde", a jugé pour sa part le Premier ministre Wen Jiabao en recevant Mme Rice.
La chef de la diplomatie américaine, qui a entamé sa tournée mercredi au Japon, avant de se rendre en Corée du Sud, est attendue samedi en Russie.
Ses déplacements visent à resserrer les rangs, en particulier au moment où se renforcent les craintes d'un nouvel essai nucléaire.
Chine et Corée du Sud ont notamment des réserves face à l'interception des cargaisons à destination et en provenance de Corée du Nord, aux fins d'inspection. Ces fouilles sont prévues dans la résolution de l'ONU qui décrète un embargo sur le matériel militaire et les produits de luxe.
Pékin et Séoul craignent que les arraisonnements de navires nord-coréens déclenchent une guerre ouverte. Pyongyang avait averti qu'elle infligerait des "coups implacables" à quiconque violerait sa souveraineté.
Les Etats-Unis surveillent d'ailleurs un navire "suspect" qui a quitté un port nord-coréen, a indiqué jeudi un responsable américain. Selon la chaîne de télévision CBS, les services américains de renseignement soupçonnent ce navire de transporter des équipements militaires.
» Réagissez, Ajoutez votre commentaire !
Articles Relatifs