Conférence de presse du 18/04/2008
L'ambassadeur Hervé Ladsous a répondu aux questions d'une quinzaine de journalistes chinois sur les points chauds de l'actualité

Hervé LADSOUS (HL) : Merci à tous d'être venus, il doit y avoir beaucoup de questions, nous allons voir.
Je vais vous faire quelques remarques préliminaires et après je prendrai les questions.
D'abord, je voudrais, dans toute cette agitation médiatique de ces derniers jours, ces deux dernières semaines, je voudrais souligner à quel point nous avons le souci d'être à l'écoute de la Chine, de l'opinion chinoise, des médias chinois. Je sais l'émotion qui a été, de manière tout à fait légitime, de manière tout à fait compréhensible, celle de l'opinion chinoise en voyant les difficultés qui ont entouré le passage de la flamme olympique à Paris il y a dix jours, comme d'ailleurs le passage de la flamme olympique à Londres ou le passage à San Francisco, cela je le comprends tout à fait. Mais au-delà de toute cette émotion et des questions que certains parmi vous ont pu se poser, je voudrais vous dire à quel point, pour mon pays, pour mon gouvernement, pour moi-même personnellement, la relation franco-chinoise demeure un facteur central, un facteur essentiel.
Cela va faire un demi siècle que la France a fait le choix stratégique de la Chine, un choix qui n'a jamais été démenti par les événements, un choix qui nous a amenés à être à vos côtés dans des moments très difficiles où parfois seule la France se mobilisait, souvenez-vous par exemple en 2003 de l'affaire du SRAS. Qui d'autre du monde entier est venu en Chine à ce moment-là ? le Premier ministre français. Qui d'autre a soutenu aussi activement les vues de la Chine, la politique de la Chine vis-à-vis de Taiwan ? la France toujours. Qui donc a bâti toute cette relation faite de contacts, de coopération dans tous les domaines, du plus politique à l'économique, au culturel, à la jeunesse, c'est toujours la France.
Cela c'est la réalité, une réalité qu'ensemble nous avons forgée, nous avons voulue et que nous avons mise en œuvre. Alors à partir de là il peut y avoir, et c'est légitime, des interrogations, des questionnements sur le pourquoi de certaines manifestations, le pourquoi de certaines déclarations et j'essayerai de répondre à vos questions si vous le souhaitez, mais je voudrais encore une fois vous redire à quel point le fond du sujet, c'est l'intimité franco-chinoise, l'intimité que nous avons bâtie ensemble et que nous voulons faire perdurer, que nous voulons voir s'épanouir encore à l'avenir.
Questions (Q) - Agence Xinhua :
1/ Comme vous l'avez mentionné, il y a des hommes politiques en France qui soutiennent publiquement le Dalai Lama au nom des droits de l'homme. Même le Président Sarkozy associe sa présence aux JO au dialogue entre le gouvernement chinois et le Dalai Lama, à votre avis, quel impact ont ces propos sur nos relations bilatérales ?
2/ Sur les JO, les médias français n'hésitent pas à employer des mots négatifs, répression, dictature, notamment lors du passage de la flamme à Paris, croyez-vous que cela blesse le peuple chinois et que cela peut nuire à notre amitié, qui était intime pendant la visite du Président Sarkozy en Chine ?
3/ Que trouvez-vous à dire sur les deux propos : « faire pression sur la Chine en profitant des JO », « sur les propos de Mme Jiang Yu, l'amitié nécessite des efforts des deux parties ».
4/ Ce qui m'inquiète le plus c'est que j'ai entendu que certains athlètes français ont proposé de porter un badge « pour un meilleur monde » pour montrer leur soutien au droit de l'homme et au Tibet, qui a été refusé. C'est dommage de laisser politiser les JO par les athlètes.
HL : 1/ En France les hommes politiques comme les médias ont une totale liberté d'expression. Et vous savez que la question des droits de l'homme est dans mon pays, comme dans quasiment tous les pays occidentaux, une question qui retient beaucoup l'attention. Les événement qui se sont déroulés au mois de mars au Tibet ont suscité beaucoup d'attention en France. Ils ont suscité beaucoup d'émotion. Je dois dire à cet égard que le spectacle de certains de vos compatriotes d'ethnie Han ou Hui se faisant frapper, se faisant tuer, voyant leurs magasins pillés, brûlés, tout cela a suscité beaucoup de chagrin, de tristesse en France. Il est apparu que l'harmonie, cette harmonie, qui est un objectif de votre pays, un objectif que nous partageons, que nous soutenons, que l'harmonie n'était pas présente dans ces circonstances. Et c'est dans ce contexte que chacun a réagi en fonction de ses options politiques et personnelles aussi. Et cela c'est aussi quelque chose que vous pouvez comprendre. Et c'est la raison pour laquelle, comme tous les pays occidentaux, nous avons dit que face à un défaut d'harmonie, le meilleur moyen de susciter à nouveau l'harmonie, c'est sans doute la reprise d'un dialogue sur les questions tibétaines. En disant cela, évidemment nous respectons la Chine, comme nous respectons la souveraineté chinoise sur le Tibet, nous ne donnons pas de conseil, nous ne donnons évidemment pas d'ordre, nous exprimons simplement notre souhait que l'harmonie puisse se renforcer à la faveur de la reprise d'un dialogue, c'est un vœu que nous exprimons. Et c'est précisément dans ce contexte que le Président Sarkozy, le 24 mars a dit que la France, si c'était souhaité, si c'était possible, était prête à aider à la reprise du dialogue. Il ne s'agit pas d'une pression ; il s'agit simplement de dire à nos vrais amis chinois, à nos amis sincères, que nous sommes aussi des amis et que nous voulons vous aider. Nous sommes prêts à vous aider, comme vous le souhaiterez, c'est à vous de nous le dire.
Aucun autre pays n'a fait cette proposition, nous l'avons faite parce que nous sommes les vrais amis de la Chine et j'ajouterai que c'était courageux de la part du Président de la République, parce que tout cela est commenté et souvent critiqué, en France même, mais il l'a fait parce qu'il considère qu'il est un véritable ami de la Chine.
2/ Les mots négatifs et blessants des médias français. Oui, c'est vrai il y a eu des mots négatifs, il y a eu des mots blessants, comme il y a tous les jours dans les médias français des mots négatifs, des mots blessants sur le Président de la République, sur le gouvernement, sur l'action du gouvernement français. On peut le regretter, mais c'est une réalité qui découle de la liberté de la presse en France, une liberté totale. C'est un principe majeur de la démocratie française. Ce que j'espère c'est qu'avec plus de travail, plus d'explications, plus de conviction, et à cet égard votre rôle à vous aussi est très important, je forme l'espoir que les médias français puissent avoir une vision plus réaliste, plus équilibrée. Mais c'est un travail énorme.
3/ Non, nous nous interdisons de faire pression sur la Chine, à travers les JO. Nous respectons la Chine, nous respectons les idéaux olympiques et tout ce qui s'y rattache. Mais il est vrai aussi que cette période pendant laquelle tout le monde, le monde entier va avoir les yeux fixés sur la Chine, c'est une merveilleuse occasion pour la Chine de donner la meilleure des images possibles. Une image de modernité, d'ouverture, une image bien sûr d'amitié, c'est tout cela que nous espérions, que nous espérons toujours, voir prévaloir durant cette période si importante. Je connais votre pays depuis 35 ans. Je sais que la Chine est un pays généreux, que la population chinoise est une population généreuse, est-ce que l'occasion n'est pas là, à travers des gestes de tolérance, de compléter encore cette impression ? Alors oui, je suis tout à fait d'accord avec Madame Jiang Yu du Waijiaobu, l'amitié ça nécessite, ça justifie des efforts de part et d'autre. Il faut nous parler, il faut continuer à travailler ensemble et c'est ce que nous faisons. Il y a des contacts politiques qui ont eu lieu, qui ont lieu, qui vont avoir lieu. Il faut que nous saisissions les occasions de mieux nous comprendre, mais je voulais vous redire que nous sommes totalement à l'écoute de nos amis chinois.
Et je voudrais revenir d'un mot sur la question précédente parce que bien sûr il y a eu des mots blessants et négatifs dans les médias, mais il y a eu aussi beaucoup de mots positifs et ces mots, peut-être que vous ne les avez pas vus, vous ne les avez pas entendus. Ca n'est pas un reproche, c'est un constat. Les médias s'intéressent beaucoup plus aux choses négatives, qu'aux choses positives. Mais je peux vous dire, que nous avons été probablement une très grande majorité de Français a nous sentir profondément tristes, à avoir le cœur qui saigne, en voyant Mlle Jin Jing essayer de protéger la flamme olympique, contre les attaques de gens, qui étaient clairement dans l'illégalité. Et cela, soyez conscients que beaucoup de médias français l'ont rapporté, l'ont écrit avec beaucoup d'émotion, beaucoup de tristesse.
4/ la question du badge. D'abord, je vous demanderais qu'est-ce que l'ont peut objecter à l'objectif d'un monde meilleur ? Tout le monde est d'accord sur l'idée que nous travaillons tous pour un monde meilleur. « One world one dream, for a better world”, c'est à peu près pareil. Je crois que en tout cas pour le gouvernement français, les Jeux ne doivent pas être politisés, les Jeux, c'est la rencontre des sportifs du monde entier, c'est une magnifique fête. Il faut que les JO de Pékin 2008 soient un très grand succès. J'espère juste que les athlètes chinois ne vont pas remporter toutes les médailles d'or et qu'ils vont nous en laisser quelques unes.
Q : M. Sarkozy a dit qu'il posait une condition préalable à sa présence lors de la cérémonie d'ouverture, qu'en est-il ?
HL : il n'a jamais parlé de conditions. Le Président Sarkozy a dit que toutes les options étaient ouvertes pour sa venue, y compris l'option de sa venue, mais qu'il prendrait sa décision en fonction du contexte, en formant l'espoir que ce contexte évolue positivement dans les semaines et les mois qui viennent.
Q : Sur le boycott de Carrefour, s'il fonctionne, s'il y a des violences, s'il y a des dégâts matériels subis par les entreprises françaises, quelle décision prendrait l'ambassade ? Mardi, vous avez sans doute entendu la porte parole Madame Jiang Yu dire que les raisons de cet appel au boycott se trouvaient du côté français. Que pouvez-vous faire, puisque c'est l'opinion de la majorité de la jeunesse chinoise ? Est-ce que vous pensez que c'est une bonne manière d'être patriote et une bonne manière d'exprimer le patriotisme ?
HL : D'abord je dirais que les appels au boycott viennent d'une toute petite minorité. Une partie de ces appels au boycott étaient fondés sur des allégations que Carrefour a démenties. Au contraire, Carrefour, par exemple, a été dès le lancement de la candidature de Pékin pour les JO, au premier rang des grandes entreprises, qui ont le plus activement soutenu tout ce projet et ses réalisations. Maintenant sur le fond, réfléchissons un peu. Carrefour emploie des dizaines de milliers d'employés chinois, ne vend pratiquement que des produits chinois. Alors lancer un boycott, est-ce que ce n'est pas se tirer une balle dans le pied ? Plus généralement, la France qui est le deuxième investisseur européen en Chine, a presque 2000 entreprises qui emploient des centaines de milliers de vos compatriotes qui travaillent avec vous, qui vendent des produits chinois, qui les exportent en France. Un boycott, est-ce que cela a du sens, dans des conditions comme celles-là ? les Français sont, comme les Chinois, des patriotes, donc je comprends très bien le sentiment que vous exprimez. Le patriotisme est légitime, mais, et là je cite, si je comprends bien, un commentaire du gouvernement chinois, « ce patriotisme doit s'exprimer de manière rationnelle et de manière efficace ». Je crois que nous avons, Chinois et Français, bâti trop de choses pendant ces dizaines d'années pour que tout cela soit mis en danger par des problèmes de très court terme, dont encore une fois je ne conteste pas la légitimité. Nous devons avoir une vision stratégique, une vision à long terme, une vision ensemble.
Q : Le boycott est un phénomène d'ampleur mondiale ; Carrefour a déjà été boycotté dans le passé au moins une fois, je crois que c'était au moment de la guerre en Irak, aux Etats-Unis. D'un autre côté la Chine a déjà boycotté Mc Donald. Que pensez-vous de ce type de boycott, face à des entreprises qui sont quand même représentatives d'un pays et que pensez-vous que Carrefour doit faire comme geste pour essayer d'atténuer le mécontentement ?
HL : Là dessus je vous dirais que d'abord, Carrefour est un soutien très actif, très solide aux JO. Il les soutient de différentes manières et peut-être est-ce quelque chose qu'on ne sait pas assez. Je le redis, boycotter une entreprise, dont tous les employés sont Chinois, dont tous les produits sont chinois, qu'est-ce que ça a comme sens ? Je sais qu'il y a en France des gens qui ont appelé au boycott des entreprises chinoises, ça me paraît tout aussi absurde.
Q : quel est l'impact à votre avis de ce boycott sur les échanges franco-chinois, est-ce que vous pensez que cela aura un impact sur l'investissement français en Chine ? Pensez-vous que cela aura un impact sur Airbus et sur le développement des projets nucléaires ?
HL : Franchement, je pense, j'espère que cet impact sera négligeable. Surtout parce que nous avons cette vision partagée sur le très long terme. Vous citez Airbus, vous citez l'énergie et je pense que vous avez en tête l'énergie nucléaire. Ce sont des projets qui s'inscrivent à l'horizon d'une génération. Nous avons 25 ans de coopération dans l'énergie nucléaire, dans l'aéronautique ; est-ce qu'il faudrait mettre cela en péril d'un coup, en l'espace d'une semaine ? je crois qu'il faut garder une vision de long terme et positive, dans laquelle nous nous sommes toujours inscrits.
Q : Vous avez fait une interview en direct sur China.com, je voudrais savoir ce que vous pensez de cette rencontre. Pensez-vous avoir convaincu ceux qui préconisaient ou appelaient à un boycott ? Je sais que vous êtes très occupé, mais qu'avez-vous fait concrètement pour apaiser le mécontentement ?
HL : Est-ce que j'ai convaincu ? J'aimerais le savoir, mais je constate qu'au moment où nous parlons, cette interview que j'ai réalisée il y a trois heures n'est toujours pas diffusée. Je ne comprends pas quel est le problème. C'est curieux. Je travaille jour et nuit avec toute mon équipe pour expliquer notre position, faire tous les commentaires qu'appelle la situation. Nous continuons à travailler avec nos homologues chinois pour essayer d'arranger tout ce qui mérite d'être arrangé.
Q : Le Président Sarkozy a dit qu'il envisageait la possibilité de boycotter la cérémonie des JO. Apparemment c'est le seul chef d'Etat occidental qui a eu cette posture, est-ce que ça veut dire que c'est une modification de la politique du dialogue de la France ? Quelle mesure va prendre le gouvernement français pour faire baisser la tension ?
HL : Le Président Sarkozy n'a jamais utilisé le mot boycott évidemment. Il y a pas mal de dirigeants occidentaux qui eux ont déjà dit que de toute façon ils ne viendraient pas aux JO. Alors que le Président Sarkozy a dit que toutes les options étaient ouvertes, donc y compris celle de venir, en fonction du contexte de ce moment-là. Quant aux mesures que nous prenons, cela consiste par exemple à vous rencontrer, à vous écouter et à vous parler.
Q : Vous avez dit toute à l'heure que l'appel au boycott était le fait d'une minorité mais en fait ce n'est pas l'impression que nous avons nous, on voit qu'il y a des centaines de milliers, peut-être quelques millions de gens qui à travers MSN, par le Net, par toutes sortes de moyens, appellent à ce boycott ; à côté de ça, vous avez des gens qui appellent à la retenue, à la raison comment qualifieriez- vous ces deux catégories de personnes ?
HL : D'abord je pense que ça prouve qu'il y a possibilité de débat en Chine et de ce point de vue là, c'est quelque chose de tout à fait légitime. Mais c'est je crois de la responsabilité des gouvernements, de mon gouvernement mais aussi de la part du gouvernement chinois. Réfléchissez avant de faire quelque chose de cette nature parce que ça serait source de plus de problèmes que de solutions positives.
Q : Pendant le passage de la flamme à Paris, la mairie de Paris a accroché le drapeau tibétain. Que signifiait cet emblème des indépendantistes tibétains sur la mairie de Paris ? Pourquoi a-t-il été accroché pendant le passage de la flamme ?
HL : Il faut comprendre une chose : en France, le gouvernement du pays et le gouvernement municipal sont deux choses différentes. Le gouvernement central ne peut pas, dans le droit français, dans la constitution française, donner d'ordre au gouvernement municipal.
Le maire de Paris a d'ailleurs, dans l'histoire, souvent été en conflit direct avec le gouvernement central, mais c'était il y a longtemps.
Alors, au cas d'espèce, cela relève de la responsabilité du gouvernement municipal, de la mairie, du maire, on ne peut que le constater. Ce que je peux vous dire c'est que sur aucun édifice public relevant de l'autorité du gouvernement central français il n'y a eu de drapeau tibétain.
J'en profite pour vous rappeler au passage que jamais on n'avait mobilisé autant de moyens policiers pour une cérémonie de cette nature car ce sont plus de 3000 policiers qui ont fait leur travail ce jour-là.
Q : Tout le monde a entendu parler du boycott des produits français initié par les Chinois, mais il y a aussi des Français qui proposent un boycott des produits chinois. Est-ce que vous ne craignez-pas que cette agitation populaire porte atteinte à la qualité des relations commerciales bilatérales ? Et deuxièmement est-ce qu'il y a actuellement des contacts entre nos gouvernements respectifs, entre les ministères compétents pour essayer de voir comment calmer les choses ?
HL : Je vous l'ai dit tout à l'heure : je trouve tout aussi injustifié l'appel au boycott des produits français en Chine que l'appel au boycott des produits chinois en France.
C'est contre-productif, et je le redis : nous devons nous situer dans une perspective positive de coopération « gagnant-gagnant » à long terme.
Enfin, je confirme que les deux gouvernements sont en contact étroit sur ces questions comme sur les autres.
Q : J'ai entendu dire que le maire de Paris a proposé d'honorer le Dalaï-Lama, pourquoi fait-il une telle proposition dans un contexte aussi sensible ? Est-ce que son point de vue est représentatif de la position des officiels français et du gouvernement français sur la question du Tibet ? Je pense que les jeux olympiques n'appartiennent pas seulement à la Chine et le parcours de la flamme est destiné au monde entier. Quelle est votre attitude envers les incidents inamicaux qui sont arrivés pendant le relais de la torche à Paris ? Pourquoi cet événement a-t-il été aussi politisé ?
HL : Sur la deuxième partie de votre question, sur le Tibet, je me suis déjà exprimé et je crois que j'ai été clair.
Sur la décision du maire de Paris vis-à-vis du Dalaï-Lama : je parle au nom du gouvernement français, je ne parle pas pour le maire de Paris.
Je viens de vous expliquer que le gouvernement municipal et le gouvernement central sont deux choses totalement séparées, totalement différentes, et je répète que cette décision est celle du maire, pas une décision du gouvernement.
Sur la troisième question, je vous le redis : ce qui s'est passé à Paris le 7 avril au moment du passage de la flamme a été quelque chose de tout à fait affligeant qui a provoqué énormément de tristesse dans l'esprit de tous ceux, et c'est la très grande majorité, qui considéraient la flamme comme le symbole des valeurs olympiques, des valeurs universelles, pas des valeurs françaises ou chinoises ou patagones ! Ces événements sont profondément, profondément déplorables et regrettables.
Q : Pendant le passage de la flamme à Paris, il y a eu, vous le savez, l'incident avec l'athlète Jin Jing : quelqu'un a essayé de s'emparer de la flamme. Est-ce que cette personne, qui serait un pro-tibétain, a été arrêtée ? Que sait-on de lui ? A quelle sanction s'expose-t-il ?
HL : Je sais que la police, qui a d'ailleurs maîtrisé l'agresseur, l'a placé dans ce que nous appelons la garde à vue. Il est clair que cet acte et tous les autres actes illégaux qui ont été commis à cette occasion seront sanctionnés conformément à la loi.
J'espère avoir personnellement l'occasion de rencontrer mademoiselle Jin Jing un jour prochain pour lui exprimer notre amitié et nos regrets.
Q : Quand-allez-vous la voir ?
HL : Je ne sais pas. Je viens juste de décider ça, devant vous ! Déjà il va falloir la contacter.
Q : Un éclaircissement : vous avez dit que tous ceux qui ont désobéi à la loi seront punis. Est-ce que vous parlez de ceux qui ont dérangé le cortège olympique ou ceux qui ont enfreint la loi ?
HL : Les personnes qui ont commis des actes illégaux.
Q : Est-ce que perturber le cortège était illégal ?
HL : Il y a deux choses : il y a manifester, ce qui n'est pas illégal en France…
Q : Qu'est-ce que ça veut dire « violer la loi » à Paris ? Qu'est-ce qui était illégal ?
HL : Ca veut dire vouloir écarter la police en commettant des actes de violence, en détruisant du matériel, etc. Mais je ne suis pas juriste.
Q : Est-ce que ça veut dire que celui qui a essayé de s'emparer de la torche a violé la loi ?
HL : Moi, je considère ça comme un acte d'agression.
Q : Vous dites que vous êtes en contact avec les autorités chinoises. A votre connaissance, comment réagissent-elles aux appels au boycott français ?
HL : Ecoutez, c'est à elles de répondre, pas à moi.
Mais dans un contexte plus général, je constate que le Président du sénat français et l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin viennent tous les deux visiter la Chine la semaine prochaine et que le meilleur accueil, je le sais, leur sera réservé.
De la même manière, l'ancien président Valéry Giscard-d'Estaing a été merveilleusement accueilli la semaine dernière.
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