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Cinq ans après la rétrocession, Hong Kong s'accroche à ses libertés

HONG KONG (AP) - C'était il y a cinq ans. Le 1er juillet 1997, après 156 ans sous la férule britannique, le drapeau de l'Union Jack tombait, le drapeau rouge de la Chine populaire reprenait ses droits sur Hong Kong.
Ses six millions d'habitants vivent désormais dans le cadre du compromis "Un pays, deux systèmes". Membre de la Chine, mais avec une économie de marché et un système judiciaire et civil de type britannique.

Cinq ans plus tard, il semble que la transition se soit faite sans heurt, les libertés d'expression, d'association et de religion restant intactes. Hong Kong est libre de commercer comme elle l'a toujours fait, même si son économie est toujours sous le coup de la crise financière asiatique de 1997. Pour Stephen Lam, le porte-parole du chef de l'exécutif autonome de Hong Kong Tung Chee-hwa, Pékin a honoré ses engagements.

Pourtant, même si aucun événement marquant n'est venu troubler cette apparente liberté, nombreux sont ceux qui redoutent que leurs droits ne soient que précaires. Et nombreux sont ceux qui redoutent que le gouvernement de Hong Kong ne soit trop zélé envers Pékin et que Tung ne soit qu'une marionnette.

"Le fait que nous puissions encore avoir des manifestations montre que nous sommes encore un peu différents de la Chine", explique une des figures de l'opposition, Emily Lau. "Mais les différences vont s'amoindrir de plus en plus".

Les habitants de Hong Kong ont des sentiments partagés quant à leur rétrocession à la mère patrie. "Il vaut mieux être dirigé par la Chine", estime Julia Lau, une courtière en assurance de 39 ans. "A présent, nous vivons sous la protection du gouvernement continental". Philip Chan, qui travaille dans une université, n'est pas aussi optimiste: "Le gouvernement a tout gâché depuis la rétrocession".

Tung Chee-hwa n'est guère populaire sur l'île. Il est non seulement perçu comme redevable de Pékin, mais il est également accusé de favoriser les riches aux dépens des citoyens ordinaires de Hong Kong, alors que la région souffre d'un taux de chômage record de 7,1%.

L'ancien magnat de la marine a réussi à être réélu à la tête de Hong Kong, en février, grâce à un arrangement inhabituel qui lui a permis d'être élu par 800 personnes seulement, principalement des représentants de lobbies.

Hong Kong pourrait théoriquement atteindre la démocratie totale d'ici 2007 mais les critiques estiment que le gouvernement traîne des pieds face à l'idée même d'engager le débat. Stephen Lam indique simplement que cela arrivera "en temps voulu".

Principale pierre d'achoppement entre Pékin et Hong Kong, la secte Falun Gong. La Chine l'a interdite en juillet 1999 parce qu'elle constitue, selon elle, une menace pour la sécurité publique et pour le régime communiste.

L'existence de Falun Gong est toujours légale à Hong Kong, même si de nombreuses personnes l'accusent de durcir le ton envers les adeptes de la secte. Les manifestations sont toujours autorisées mais le lieu de prédilection des adeptes, près d'un bureau de liaison chinois, a été mis hors d'usage: les autorités y ont installé un parterre de fleurs.

Deux affaires délictueuses sans précédent sont actuellement en cours, la première à l'encontre de trois militants pour la démocratie accusés d'avoir organisé une manifestation sans autorisation et la deuxième contre 16 adeptes de Falun Gong.

Dimanche, la secte a dénoncé le fait que 90 de ses membres n'aient pas pu entrer dans Hong Kong, où ils espérent manifester lundi lors de la cérémonie organisée pour le cinquième anniversaire de la rétrocession avec le président chinois Jiang Zemin.

"La lune de miel de cinq ans est terminée", juge Law Yuk-kai, directeur d'une organisation non-gouvernementale hong-kongaise de défense des droits de l'Homme. "Le pire scénario n'est pas survenu, mais nous ne devons pas trop nous vanter: (...) si vous avez été agressé mais pas assassiné, il n'y a vraiment rien d'important à célébrer". AP

 

Le 03 juillet 2002
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