La Chine est devenue en dix ans un partenaire économique de choix pour l'Afrique. Là où les pays occidentaux trébuchent désormais, la Chine a su ouvrir une brèche, s'attirant les faveurs de tout un continent et remportant ainsi de nombreux contrats et parts de marchés. Et ce n'est pas près de s'arrêter...
La "Chinafrique" gagne du terrain, ayant sextuplé en sept ans le commerce bilatéral (à 35 milliards d'euros en 2006, selon la Banque Mondial) tout en dépassant la France comme second partenaire commercial en 2007. Pékin a su saisir la chance de leur complémentarité, entre le cruel déficit africain en infrastructures et celui de la Chine en ressources fossiles : la Chine fournit chaque année 22 milliards de dollars/an à 35 pays, en partie en équipements made in China, emportant en échange pétrole et minerais. Modèle illustré cette semaine par trois contrats : Au Niger, pays du Sahel enclavé et parmi les plus pauvres, mais riche en uranium et pétrole, la Chine livre ses vieilles centrales thermiques. Polluantes -mais à prix imbattable, ce seront les 1ères d'un pays en sous-tension chronique, raccordé au Nigéria. Elles seront payées sur une ligne de crédit de 5 milliards de dollars, payables en trois ans par la CNPC (China National Petroleum Corporation), qui construira aussi un oléoduc de 2000km et une raffinerie sur le gisement de Diffa (à l'Est), aux réserves prouvées de 324 millions de barils.
Au Gabon, après deux ans de palabres difficiles, la CMEC (China National Machinery and Equipment Corporation) obtient pour 25 ans 700km² de gisement de fer à Belinga (500 millions de tonnes de réserves): 790 milliards de dollars sont engagés pour ouvrir la liaison ferroviaire de 500km, une centrale hydroélectrique, et le port en eau profonde de Santa Clara. Rendement prévu : 30millions de tonne de minerai/an.
De passage à Luanda (Angola), Li Ruogu, gouverneur de l'Eximbank chinoise, signe trois chèques pour 135 millions de dollars, pour restaurer centrales électriques, centres de traitement des eaux et voirie. La Chine lui a déjà fourni entre 4 et 11 milliars de dollars. En revanche, Luanda offre les 2/3 de son or noir.
NB : depuis 2002, suite au détournement d'au moins 1 milliar de dollars, le FMI ne finance plus l'Angola.
En partenariat avec C.I, extrait du numéro du Vent de la Chine n°24
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