Chine-Cameroun : le Palais des congrès de Yaoundé, symbole marquantdu transfert des technologies (REPORTAGE) Par Raphaël MVOGO

© Chine Nouvelle (Xinhua) - Xinhua, le 16/07/2010 18:06

Fleuron de la coopération sino-camerounaise sans cesse citée en exemple par le président Paul Biya, le Palais des congrès de Yaoundé qui surplombe la colline Nkol-Nyada, un des sommets de la capitale camerounaise, est aussi un symbole marquant du transfert des technologies, affirment des sources officielles.

« J'ai été recruté en janvier 1983 à la suite d'un test organisé par les premiers responsables de la mission technique chinoise après la construction de l'immeuble. Je suis parmi les tout premiers techniciens camerounais à y prendre service », a témoigné à Xinhua Denis Dongmo, chef du service technique.

Inaugurée le 12 mai 1982, soit 7 ans après la pose de la première pierre en 1975, cette infrastructure qui joue à suffisance son rôle de centre de conférences en abritant les grands événements nationaux et internationaux organisés par les autorités camerounaises, jouit d'un statut d'établissement public avec à sa tête un directeur général.

Divisée en trois pavillons dont l'un abrite le siège du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) , elle renferme une grande salle de 1.500 places, une de 400 places, deux de 100 places et d'autres de 50 places. S'y ajoutent, un grand hall, un hall-balcon et deux vestibules.

Pour son service, Denis Dongmo coordonne une équipe d'environ 70 personnes comprenant des techniciens et des agents d'entretien. Ces techniciens représentent différents corps de métier dans les domaines de la climatisation, l'électricité, la sonorisation, les télécommunications, la plomberie et le génie civil.

« Nous sommes passés de la phase de transfert [des technologies] à celle d'appropriation. Parce que lorsqu'il y a des grandes cérémonies ici telles que les sommets des chefs d'Etat, c'est nous-mêmes qui travaillons », assure le chef de service, précisant que les membres de la mission technique chinoise qui se succèdent dans l'institution jouent plutôt un rôle d'assistants techniques.

Parmi trois autres pionniers encore en service, Denis Dongmo est un gardien du temple qui a vécu chaque étape de l'évolution du Palais des congrès de Yaoundé. Titulaire d'un brevet de techniciens supérieurs (BTS) en froid et climatisation obtenu l'année de son recrutement en 1982, il débute sa carrière au sein de la section chargée de la climatisation.

C'est une formation de deux ans sanctionnée par une attestation de fin de stage qui marque le point de départ pour l'ensemble des personnels recrutés. « Quand nous sommes arrivés, toutes les notices des équipements étaient écrites en chinois. C'est pour cela qu'ils [les responsables de la mission technique chinoise] devaient nous transmettre les connaissances », explique- t-il.

« C'était pour plusieurs corps de métier, parce que les Chinois avaient créé une section de climatisation, une section d'électricité, une section de sonorisation, une section de télécommunications, une section de plomberie et une section de génie civil », ajoute-t-il.

Grâce à une formation continue, l'équipe qui se renouvelle au fil du temps adapte son savoir-faire aux évolutions technologiques. « De temps en temps, les techniciens chinois nous dispensent des cours, surtout à destination des nouvelles recrues », informe M. Dongmo.

Selon lui, depuis les premières installations, les équipements ont été renouvelés en 2005. Et il souligne que « les nouvelles installations nous permettent de nous mieux épanouir, parce que ça vient avec la nouvelle technologie que nous tous nous comprenons. Les notices sont maintenant plus en anglais et en français ».

Des stages en Chine permettent de compléter cette formation. Par exemple, rappelle-t-il, celui d'il y a deux ans, sur les nouvelles technologies à Shanghai, avec des représentants d'autres pays africains. « L'année dernière, nous sommes allés encore pour un autre séminaire de deux mois, au cours duquel nous avons été entretenus sur les secrets du développement de la Chine ».

En dehors du Palais des congrès de Yaoundé, monument architectural, la technologie chinoise se décline également dans des formations hospitalières telles que l'hôpital gynéco- obstétrique et pédiatrique de Ngousso et une autre infrastructure de référence, à usage multifonctionnel, le Palais polyvalent des sports qui suscite la curiosité au coeur de la capitale. « Je le dis sans ambages, la coopération avec la Chine est gagnant-gagnant. Le bilan est très positif. Je trouve que les Chinois nous apportent beaucoup, on peut compter avec eux », se félicite Denis Dongmo.

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