Le gouvernement de Shenzhen pourrait bientôt briser un tabou chinois en autorisant la grève.
Ni la Constitution, ni la loi ne prévoient le droit de grève. En réalité, il a été retiré de la Constitution en 1982 au motif que le système politique avait « éradiqué les problèmes entre les prolétaires et les propriétaires d'entreprises ».
Le mot grève (BaGong) a été supprimé au profit de l'arrêt de travail (TingGong), ou de la grève du zèle (DaiGong), ces deux formes de grève sauvage étant reconnues indirectement dans l'article 27 de la loi sur les syndicats. Dans ces cas, les syndicats ont l'obligation de « contribuer au rétablissement de la production et d'aider l'entreprise ou l'institution à prendre les mesures voulues pour la reprise du travail et le rétablissement
de l'ordre dans les meilleures délais », que les exigences des travailleurs aient été ou non satisfaites.
Or en avril, Wang Tong Xin, le vice-président du syndicat de Shenzhen, publiait un argumentaire pro grève étonnant, expliquant que mieux valait autoriser et réglementer la grève plutôt que de laisser se multiplier les explosions de colère.
« Des grèves et des manifestations, il y en a une par jour dans la région de Shenzhen, explique Liu Kaiming, directeur de l'ICO (Institut d'observation contemporaine de Shenzhen). Mais les journaux chinois n'en parlent pas ».
En juin, le gouvernement de Shenzhen soumettait un projet de directive à l'avis du public via les grands journaux locaux.
L'article 47 de ce projet a été particulièrement remarqué, il réglemente la grève. Si ce projet était adopté, les syndicats de chaque entreprise devraient en cas de débrayage représenter les intérêts des travailleurs et, c'est une nouveauté, négocier avec la direction.
Le texte, en ce moment entre les mains du gouvernement de Shenzhen, représente un espoir pour les travailleurs chinois. A suivre.
Emilie TORGEMEN,
Comme à la maison, le Mag des Francophones à Shanghaï
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