Interview accordée par le président Hu Jintao aux médias russes
Chers amis,
Je suis heureux de rencontrer les représentants des principaux médias russes à la veille de ma prochaine visite en Russie. Tout d'abord, je tiens à transmettre mes sincères salutations et mes voeux les meilleurs au grand peuple russe que vous représentez.
Cette année est significative pour le développement des rapports sino-russes. Les rapports de partenariat et de coopération stratégique entre nos pays entrent dans leur deuxième décennie, qui marque une nouvelle étape de leur développement. De plus, l'Année de la Chine aura lieu pour la première fois en Russie. Au cours de ma rencontre avec le président Vladimir Poutine dans le cadre de ma prochaine visite, nous échangerons nos vues sur l'approfondissement du partenariat et de la coopération stratégique sino-russes, et sur l'extension de la coopération pratique sur tous les plans. Nous participerons avec Monsieur le Président aux cérémonies d'ouverture de l'Année de la Chine et de l'Exposition nationale chinoise. Je suis certain que, grâce à nos efforts conjugués, la visite à venir sera couronnée d'importants succès et qu'elle stimulera l'approfondissement des rapports sino-russes et la promotion de la coopération pratique.
Quelle est votre évaluation du niveau des relations sino-russes actuelles ? Quels sont les domaines de la coopération qui ont besoin d'une impulsion supplémentaire ?
Les rapports sino-russes actuels suivent une ligne ascendante et se trouvent à un niveau jamais atteint. Conformément à l'esprit du Traité de bon voisinage, d'amitié et de coopération entre la Chine et la Russie, et profitant du mécanisme des Années nationales, les deux parties font progresser au maximum la coopération pratique dans les domaines politique, économique, commercial, scientifique, technique et humanitaire, ainsi que dans d'autres domaines. Des succès appréciables ont été remportés. Une coopération étroite est également en vigueur sur des problèmes internationaux et régionaux importants tels que le problème nucléaire de la péninsule de Corée ou le dossier nucléaire iranien, ce qui a sans aucun doute une grande importance pour le maintien de la paix et de la stabilité dans le monde entier.
Promouvoir avec esprit de suite le partenariat et la coopération stratégique sino-russes, transmettre l'amitié de génération en génération : c'est là le désir commun et le choix irréversible de nos pays et de nos peuples. En vue d'approfondir les rapports bilatéraux multiformes dans cette nouvelle année, nous sommes disposés à poursuivre nos efforts conjointement avec la Russie dans les domaines suivants.
Premièrement, approfondir la confiance politique mutuelle, continuer à s'apporter un soutien réciproque sur les problèmes d'intérêt commun des deux Etats.
Deuxièmement, intensifier la coopération pratique dans les domaines économique, énergétique, scientifique, technique, etc. dans un esprit d'avantage mutuel et pour le bien commun.
Troisièmement, profitant de l'Année de la Chine en Russie, étendre les échanges et la coopération dans le domaine humanitaire, approfondir la compréhension et l'amitié entre nos deux pays et nos deux peuples.
Quatrièmement, intensifier la coopération stratégique entre nos pays dans les affaires internationales et régionales, apporter notre contribution à la paix et notre concours au développement général.
Je suis certain que, grâce aux efforts conjugués, le partenariat et la coopération sino-russes seront bénéfiques pour les deux peuples et pour les peuples des autres pays du monde.
Quel est votre avis sur les Années de la Chine et de la Russie ? Quelle est la manifestation qui vous a le plus impressionné dans le cadre de l'Année de la Russie en Chine ?
L'Année de la Russie en Chine a eu un grand succès. Plus de 300 manifestations ont été organisées. Elles ont été grandioses et éclatantes. J'ai participé à la cérémonie d'ouverture de l'Année de la Russie en Chine, et j'ai assisté à un concert de l'ensemble Alexandrov.
La brillante maîtrise des artistes russes m'a laissé une impression inoubliable. Le forum des milieux économiques et commerciaux, l'Exposition nationale russe, le festival de la culture, etc. ont beaucoup plu à nos concitoyens et ont eu un grand retentissement.
Cette année, dans le cadre de l'Année de la Chine en Russie, nous organiserons environ 200 manifestations dans les domaines politique, économique, scientifique, technique et humanitaire, ainsi que dans d'autres domaines. Je suis certain que, grâce aux efforts communs, l'Année de la Chine en Russie se déroulera également avec succès.
Les Années de la Chine et de la Russie sont des événements grandioses ayant pour objectif de promouvoir les rapports entre les Etats et de renforcer les sentiments amicaux entre nos peuples à long terme. J'ai la profonde certitude que ces manifestations contribueront à l'approfondissement de la compréhension et de l'amitié entre nos deux pays et nos deux peuples, qu'elles stimuleront le partenariat et la coopération stratégique sino-russes.
Pourriez-vous expliquer plus en détail la notion d'édification d'une "société socialiste harmonieuse" en Chine ? Quels sont les objectifs à atteindre ?
L'édification d'une société socialiste harmonieuse est un objectif stratégique important. Nous avons posé cet objectif stratégique en nous fondant sur les réalités du pays.
Nous estimons que l'harmonie sociale est un gage solide de la puissance du pays, de la renaissance de la nation et du bien-être du peuple. La société socialiste harmonieuse est une société où règnent la démocratie et la légalité, l'égalité et la justice, la confiance et la bienveillance, le calme et l'ordre, où il est possible d'avoir une vie bien remplie, et où l'homme et la nature sont en harmonie. Concentrant notre attention avant tout sur le règlement des problèmes qui préoccupent le plus les grandes couches de la population et qui concernent leurs intérêts les plus directs et réels, nous ferons de notre mieux pour améliorer les conditions sociales, contribuer à l'égalité et à la justice sociales, créer une culture harmonieuse, perfectionner l'administration de la société, renforcer ses forces créatrices, et assurer une harmonie entre le développement économique et l'édification politique et culturelle.
Certes, l'édification d'une harmonie sociale nécessitera des efforts permanents, ininterrompus. Nous avons de nombreux problèmes qui entravent la formation de l'harmonie sociale. Ce sont, par exemple, les difficultés dans le domaine de l'emploi, la répartition des revenus n'est pas encore dûment réglementée, le système de sécurité sociale attend d'être perfectionné, l'enseignement et l'assistance médicale doivent être développés, surtout dans les campagnes. Cela étant, nous contribuerons au maximum à l'harmonie sociale en approfondissant les réformes et en assurant un développement rapide et sain, nous créerons un climat social optimal pour le développement du pays, pour l'activité professionnelle et la vie de nos citoyens.
Quels sont les secteurs de l'économie russe les plus attrayants pour les hommes d'affaires chinois ? Est-ce que la Chine envisage de contribuer à l'arrivée du capital russe sur ses marchés ? Un accroissement considérable du chiffre des échanges commerciaux russo-chinois a été observé ces dernières années. Quels indices peuvent être attendus, à votre avis, dans ce domaine au cours des quatre à cinq prochaines années ?
Ces dernières années, les économies chinoise et russe se développent à des cadences rapides, ce qui est très propice à la coopération économique et commerciale entre nos pays. Notre coopération a déjà une bonne tradition dans les secteurs prioritaires, entre autres, dans la mise en valeur de ressources énergétiques, l'aviation et l'espace, le nucléaire civil, les constructions mécaniques, les hautes technologies, etc. En outre, de nombreuses entreprises chinoises manifestent leur intérêt pour une coopération avec la Russie dans des secteurs tels que l'électroménager, la fabrication et l'assemblage d'automobiles, la construction d'ouvrages d'infrastructure, la création de zones économiques spéciales, etc. Quant au gouvernement chinois, il encourage et soutient les grandes entreprises chinoises qui désirent entretenir une coopération mutuellement avantageuse avec des partenaires russes, mais il compte sur l'amélioration du climat d'investissement en Russie et sur un marché plus ouvert.
Dans l'ensemble, les investissements russes en Chine sont satisfaisants. Fin 2006, les investissements des entreprises russes en Chine ont atteint 610 millions de dollars. Des succès sont enregistrés dans la coopération dans l'industrie, le bâtiment, les transports et les télécommunications, l'industrie chimique, l'assemblage d'automobiles, etc. La Chine salue l'investissement de capitaux et la création d'un plus grand nombre d'entreprises russes en Chine.
Le commerce sino-russe se développe dynamiquement depuis 8 ans. Ainsi, en 2006, le chiffre d'affaires des échanges commerciaux a constitué 33,4 milliards de dollars, ce qui constitue un record. La coopération économique et commerciale sino-russe se distingue par une immense complémentarité. D'immenses potentiels et de larges perspectives existent sur ce plan. En développant inlassablement les rapports sino-russes et la coopération stratégique, nous atteindrons sans faute les objectifs que nous avons posés avec le président Vladimir Poutine : porter en 2010 le chiffre d'affaires des échanges commerciaux bilatéraux à 60-80 milliards de dollars. J'en suis sûr.
Les 29es Jeux olympiques d'été auront lieu à Pékin. Comment se déroule la préparation de cet événement qu'on peut qualifier d'historique, sans crainte d'exagérer ? Etes-vous certain que tout se déroulera bien ?
L'organisation des Jeux olympiques est une aspiration centenaire de la nation chinoise et un voeu de tout notre peuple. Le gouvernement chinois attache une grande importance à l'organisation des Jeux olympiques 2008 de Pékin. Tous les travaux préparatoires, notamment la construction d'installations sportives et d'une infrastructure appropriée, l'organisation des compétitions olympiques, le travail culturel et d'information, l'installation du réseau médiatique, etc. battent leur plein et s'effectuent conformément au programme. Nous sommes certains de notre capacité à organiser ces Jeux olympiques qui se distingueront par une grande qualité et par certains traits particuliers. Dans cet ordre d'idées, je souhaite sincèrement aux sportifs russes de remporter de brillants succès aux prochains Jeux olympiques de Pékin.
La Russie et la Chine se connaissent-elles bien ? Que peut-on faire pour développer les échanges d'informations entre nos pays ? Quel rôle peut être joué, à votre avis, par les médias en ce sens ? A propos, lisez-vous les informations qui circulent sur la Toile, quelle est votre attitude envers Internet ?
Les contacts entre la Chine et la Russie ont une longue histoire, l'amitié entre nos peuples plonge ses racines dans un passé lointain, c'est pourquoi le peuple chinois éprouve une profonde amitié pour le peuple russe. Dans la conscience de notre peuple, la Russie est associée à la belle mélodie de chansons telles que "L'obier en fleurs", "Le temps du muguet", aux bons souvenirs de la lutte commune des deux pays pendant la guerre mondiale contre le fascisme. Pour transmettre cette amitié traditionnelle de génération en génération, pour l'approfondir, nos deux peuples doivent avoir une idée exhaustive de leur développement compte tenu des changements immenses survenus ces dernières années dans nos deux pays. Sur ce plan, nous réservons un rôle important et irremplaçable aux médias. La Chine encourage et soutient les échanges et la coopération entre nos pays dans le domaine des médias, sous quelque forme que ce soit. Nous espérons que les journalistes russes publieront de plus en plus d'informations intéressantes et objectives sur la Chine.
A présent, Internet devient, jour après jour, une source d'informations importante pour les masses populaires. Je préfère moi-même apprendre par Internet les événements qui se produisent dans le pays et à l'étranger, les remarques et les propositions de l'opinion publique sur notre travail. Nous pouvons parfaitement utiliser Internet en vue d'approfondir les contacts et la compréhension entre nos deux peuples.
Le XVIIe Congrès du Parti communiste chinois se tiendra à l'automne prochain. Forts de quelles réussites les dirigeants chinois abordent-t-ils ce grand événement ? Quelles décisions seront prises lors de ce congrès ?
Le XVIIe Congrès du Parti communiste chinois sera convoqué au deuxième semestre de cette année. Ce congrès a une très grande importance pour mobiliser tous les peuples du pays afin d'édifier une société aux revenus moyens et d'accélérer la formation d'une société socialiste harmonieuse.
Les sessions ordinaires de l'Assemblée populaire nationale chinoise et du Conseil consultatif politique du peuple qui se sont tenues récemment ont dressé le bilan du travail de l'année dernière et établi un plan de travail pour cette année. Les participants aux sessions ont souligné la nécessité de mettre en oeuvre tous les aspects de la conception, scientifiquement argumentée, du développement, de renforcer et de perfectionner la macro-réglementation, de faire progresser la mise en ordre de la structure économique et la transformation du mode de croissance économique, de déployer des efforts en vue d'atteindre les objectifs de faire des économies et de la protection de l'environnement, de faire avancer au maximum la réforme, la transparence et les innovations autonomes, de contribuer au développement de la dimension sociale et à l'amélioration de la vie de la population, d'engager le développement économique sur une voie scientifique. Je suis certain qu'en conjuguant les efforts de tous les communistes et des peuples de tout le pays, nous aborderons dignement le congrès à venir.
Conformément aux statuts du Parti communiste chinois, le Comité central de 16e législature et la Commission centrale du PCC pour le contrôle de la discipline présenteront des rapports au XVIIe congrès du parti où seront élus le Comité central et la Commission centrale du PCC pour le contrôle de la discipline de nouvelle législature et où sera élaboré un plan pour tous les aspects de la réforme, l'ouverture et la modernisation du pays pour la période à venir.
Le gouvernement chinois a maintes fois souligné la nécessité d'un développement mieux équilibré et d'un certain ralentissement des taux de croissance de l'économie nationale en vue d'éviter la surchauffe. Cependant, l'année dernière, la croissance du PIB a de nouveau dépassé les 10%. D'après vous, ces taux de croissance économique assurent-t-ils la stabilité économique et sociale ? Quels objectifs économiques sont prioritaires pour les dirigeants chinois ?
Une croissance relativement rapide, une efficacité assez grande et un niveau assez bas des prix des produits : voilà la tendance qui s'est maintenue l'année dernière dans l'économie nationale. Le 11e plan quinquennal a bien débuté. Le PIB a atteint 20.940 milliards de yuans, soit un accroissement de 10,7%. Depuis 4 ans, cet indice se maintient au niveau de 10%, ou un peu plus, aucune inflation trop prononcée n'ayant été à remarquer. Les revenus de la population s'accroissent assez rapidement, la vie du peuple s'améliore de façon tangible. En ce qui concerne les problèmes actuels du fonctionnement de l'économie, comme l'accroissement vertigineux des investissements et le gonflement des crédits, le gouvernement a intensifié opportunément le travail en vue d'améliorer la macro-réglementation et pris un ensemble de mesures en vue d'assurer une planification unique concernant la terre, les finances, l'accès au marché et l'accroissement de la consommation. Tout cela a apporté des résultats positifs et prévenu le danger de transformation indésirable de la croissance économique rapide en surchauffe. En analysant toutes les conditions dans leur ensemble, je peux affirmer que notre économie conservera incontestablement, à l'avenir également, sa tendance au développement stable et relativement rapide.
A l'étape suivante, nous déploierons des efforts dans les directions suivantes.
Premièrement, en se fondant sur une croissance économique stable et plus rapide, accélérer la transformation du mode de croissance, optimiser la structure économique, accroître le potentiel d'innovations autonomes, améliorer la qualité et accroître l'efficacité de la croissance économique.
Deuxièmement, conformément à l'exigence de former une société qui économise et qui respecte l'environnement, assurer le développement de l'économie de recyclage et la protection de l'environnement, diminuer la consommation de ressources énergétiques et la quantité de déchets.
Troisièmement, planifier d'une manière égale le développement des villes et des campagnes, appliquer la politique d'approvisionnement inverse de l'agriculture par l'industrie et de soutien de la ville à la campagne, développer l'agriculture moderne, accroître les revenus des paysans et faire avancer au maximum l'édification d'une nouvelle campagne socialiste.
Quatrièmement, manifester une sollicitude permanente pour l'amélioration de la vie de la population, régler rapidement les problèmes qui préoccupent le plus les larges couches de la population, appliquer une politique dynamique dans le domaine de l'emploi, faire progresser la réforme du système de répartition des revenus, accélérer le perfectionnement du système de sécurité sociale, développer au maximum l'enseignement et la Santé publique, renforcer le secteur des services publics, enfin, contribuer à l'égalité des droits et à la justice dans la société.
Comment évaluez-vous le degré actuel d'ouverture de l'économie au capital étranger et son degré d'intégration à l'économie mondiale ? L'année dernière, la nécessité d'un contrôle plus rigoureux sur les investissements étrangers et les acquisitions d'entreprises chinoises par des compagnies étrangères a été soumise à la discussion en Chine. Peut-on en déduire que la Chine introduit des restrictions plus rigoureuses sur l'activité du capital étranger ?
Selon le gouvernement chinois, au total, 590.000 entreprises jouissant d'investissements étrangers ont été créées au cours des 29 années écoulées depuis le lancement de la politique de réforme et d'ouverture. Les investissements étrangers totalisent 700 milliards de dollars. 480 des 500 plus grandes compagnies du monde coopèrent avec la Chine. Après l'adhésion à l'OMC, la Chine respecte les engagements pris et ne cesse d'élargir l'accès à son marché. En ce moment, l'accès à l'industrie chinoise est entièrement assuré. Sur les 160 secteurs des services et du commerce, selon la classification de l'OMC, plus de 100 ont été ouverts. Pour ce qui est du degré d'ouverture, la Chine s'est approchée du niveau des pays développés. L'ouverture des secteurs bancaire, des assurances, des titres et de la vente de produits s'effectue d'après le calendrier établi. Tous les domaines de l'économie nationale comptent actuellement des entreprises jouissant d'investissements étrangers.
La Chine appliquera avec esprit de suite la politique d'Etat visant essentiellement à étendre les contacts avec le monde extérieur. Les nouvelles Règles d'acquisition par des investisseurs étrangers d'entreprises sur le territoire de la Chine sont entrées en vigueur en septembre 2006. Les modalités d'acquisition prévues par ces "Règles", plus ouvertes et plus transparentes, ne permettent pas seulement d'améliorer la qualité de l'utilisation des investissements étrangers en Chine, elles sont aussi utiles pour l'acquisition d'entreprises chinoises par les investisseurs étrangers conformément à la législation chinoise. Je tiens à souligner, une fois de plus, que la Chine continuera à approfondir la réforme et à élargir son ouverture. Au fur et à mesure du développement économique continu, le milieu d'investissement se perfectionnera en Chine, et les investisseurs étrangers auront plus de possibilités dans le domaine de l'investissement et de la coopération pratique avec les partenaires chinois.
Quel est le potentiel de développement de la coopération entre les Etats au sein de l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et quels sont les domaines de cette coopération qui sont, à votre avis, les plus attrayants ? Est-il prévu d'accroître le nombre de membres de l'OCS dans les prochaines années ?
En tant que bons voisins et partenaires importants les uns pour les autres, les Etats membres de l'OCS manifestent la volonté politique de renforcer leur coopération, et ils ont pour cela de solides fondements. Il y a d'immenses potentiels de coopération et de bonnes perspectives dans les différents domaines.
La coopération dans le cadre de l'OCS s'effectue dans les domaines suivants : le maintien de la paix, le renforcement de la sécurité et de la confiance de la région ; la lutte commune contre trois fléaux : le trafic de drogue, le trafic d'armes et les crimes transfrontaliers ; le renforcement de la coopération économique régionale, le soutien à la création de conditions favorables pour le commerce et les investissements ; l'organisation de la coopération dans les domaines scientifique et technique, médical, culturel, sportif, touristique, etc. En ce moment, les Etats membres concentrent leurs efforts sur la coopération pratique dans les domaines de la sécurité, de l'économie, dans le domaine humanitaire et oeuvrent pour le bien des peuples des pays membres de l'organisation.
Certains Etats ont déjà exprimé leur désir de devenir membres de l'OCS. Les Etats membres de l'organisation doivent prendre la décision sur l'admission par consensus. Un document juridique sur l'admission de nouveaux membres est en voie d'élaboration dans l'organisation. Les questions concernant l'admission ne pourront probablement être examinées qu'après l'achèvement de l'élaboration du document.
Peut-on dire que la coopération qui se renforce entre la Russie, la Chine et l'Inde servira à l'avenir de base pour le développement d'un système politique multipolaire dans le monde ?
La Chine, la Russie et l'Inde, Etats qui jouissent d'un grand prestige dans l'arène internationale, ont beaucoup d'intérêts communs et occupent des positions semblables sur plusieurs problèmes internationaux et régionaux majeurs. Les trois pays se prononcent pour un monde multipolaire, pour la démocratisation des relations internationales, le maintien de la diversité du monde et pour le règlement des affaires internationales et des rapports interétatiques sur la base des normes universellement reconnues du droit international, pour le renforcement du rôle de l'ONU. La coopération tripartite entre la Chine, la Russie et l'Inde n'est pas dirigée contre les pays tiers, elle sera bénéfique aussi bien pour le développement des trois pays que pour la paix et le développement dans la région et le monde entier.
Quelle est la position du gouvernement chinois sur le développement des rapports avec l'administration de l'île ? Etes-vous prêts à établir et à entretenir des contacts avec les principales forces politiques de Taïwan et à quelles conditions ? Comment se développent les contacts avec le Guomindang ?
La principale pierre d'achoppement sur la voie du développement des rapports entre la Chine continentale et Taïwan reste le refus des autorités taïwanaises d'accepter le principe d'une Chine unique. Elles ne reconnaissent pas les ententes de 1992 sur le principe d'une Chine unique. Bien plus, les autorités de Taïwan intensifient jusqu'à présent leur propagande pour obtenir l'indépendance de Taïwan de jure en modifiant leur Constitution, espérant séparer Taïwan de la Chine. Nos compatriotes ne l'admettent en aucun cas.
Nous confirmons invariablement notre intention de reprendre le dialogue et les négociations entre les deux rives du détroit de Taïwan, de débattre de n'importe quels problèmes, si les autorités de Taïwan acceptent le principe d'une Chine unique. En ce qui concerne le développement des rapports entre les deux rives et la stimulation de la réunification pacifique de la Patrie, nous avons maintes fois souligné notre volonté d'entrer en pourparlers avec n'importe quelle personnalité et n'importe quel parti politique, s'ils reconnaissent le principe d'une Chine unique, et indépendamment de leurs propos et leurs actions passés.
En avril 2005, nous avons eu des pourparlers à Pékin avec M. Lien Chan, président du parti du Guomidang. Un communiqué intitulé "Volonté commune et perspectives de la paix et du développement des deux rives du détroit de Taïwan" a été publié à l'issue des pourparlers. Nous sommes prêts à poursuivre les contacts et la coopération entre les deux partis conformément à la volonté commune de défendre l'entente de 1992, de s'opposer à l'indépendance de Taïwan, de concentrer les efforts sur l'objectif d'assurer la paix et la stabilité du détroit de Taïwan pour développer les rapports entre les deux rives et défendre les intérêts des compatriotes des deux rives.
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