Le groupe chinois AS Watson, propriété du milliardaire chinois de Hong Kong Li Ka-shing, a réussi son OPA sur le français Marionnaud, dont il détient déjà 90% des titres, devenant ainsi le premier distributeur mondial de parfums.
AS Watson avait lancé son offre le 1er février, pour un prix global de 900 millions d'euros, en plein accord avec le principal actionnaire de Marionnaud, la famille Frydman, qui avait accepté de lui vendre ses 22% du capital.
Le groupe Marionnaud, grandi trop vite, était en difficulté en raison de la découverte fin 2004 d'erreurs comptables de 98 millions d'euros, qui avaient plongé les résultats dans le rouge. En annonçant sa décision de vendre à Watson le groupe qu'il avait bâti, son PDG et fondateur Marcel Frydman, avait jugé qu'il s'agissait d'un "mariage heureux pour tous".
Avec les 1.300 magasins de Marionnaud en Europe, AS Watson complètera son réseau européen qui comportait déjà plusieurs chaînes d'hygiène-beauté et de parfums, comme Superdrug et Savers en Grande-Bretagne, ainsi que les parfumeries discount Ici Paris XL aux Pays-Bas et en Belgique. Le groupe chinois a déjà annoncé son intention d'investir massivement pour développer Marionnaud partout en Europe.
Close le 21 mars, l'offre de Watson (21,80 euros par action Marionnaud et 69,74 euros par obligation à option de conversion et/ou d'échange d'actions, OCEANE) lui a déjà apporté 90,69% du capital et des droits de vote, a indiqué jeudi l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Le groupe chinois n'a pas cependant réussi pour l'instant à acquérir plus de 95% des actions du parfumeur français, comme il l'en a l'objectif afin de retirer Marionnaud de la cote. Aussi il a indiqué jeudi qu'il comptait rouvrir son offre pour acquérir les titres restants, aux mêmes conditions, une fois publié le bilan définitif de l'OPA le 4 avril.
Au total, Watson versera 534 millions d'euros pour l'OPA, auxquels s'ajoutent un peu moins de 400 millions d'euros correspondant aux dettes du groupe français, soit un coût total pour le rachat de 900 millions d'euros.
Le succès de l'OPA ne faisait guère de doute, car outre celui des Frydman le repreneur avait obtenu l'accord du Crédit Agricole (Paris: FR0000045072 - actualité) , propriétaire de 9% du capital, du groupe belge Albert Frère (5%) et du Crédit Suisse First Boston (5%) pour apporter leurs titres.
En revanche Watson devait convaincre les petits actionnaires, l'Association des petits porteurs actifs (Appac) leur ayant conseillé de ne pas vendre car elle jugeait les conditions insuffisantes.
Mais cette offre était d'autant plus tentante qu'en février et mars, justement pendant que l'OPA était ouverte, Marionnaud a de nouveau revu ses comptes 2002, 2003 et 2004 à la baisse. Il a annoncé, coup sur coup, pour 2002 un bénéfice net de 9,4 millions aux lieux des 38,2 millions annoncés, pour 2003 un résultat net de 13 millions aux lieu des 39 millions et pour 2004 une perte nette estimée de 88 millions, alors que les dirigeants d'AS Watson eux-mêmes tablaient sur un bénéfice.
Marionnaud, qui fait l'objet d'une enquête de l'AMF et négocie avec ses banques créancières certaines échéances exigibles prochainement, a aussi laissé planer un doute sur la valeur de ses fonds de commerce.
Les analystes estimaient que pour les actionnaires minoritaires, l'offre représentait une opportunité inespérée de pouvoir sortir du capital d'un groupe qui évoluait depuis des mois dans une zone de turbulences.
En cas de réussite de l'OPA, Watson avait accepté de laisser pour l'instant Marcel Frydman PDG et son fils Gérald directeur général, et de les rémunérer de plus comme consultants pendant trois ans. L'Appac a réclamé une "collaboration étroite" avec Watson et condamné d'avance tout "mandat honorifique".
AFP
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