Par TANG Hao
Revu par W.L. pour Chine-informations.com
Quelques jours après l'évènement du Grenelle de l'environnement, TANG Hao, professeur en relation internationale à l'Université normale supérieure de Huanan, propose une analyse comparative des systèmes français et chinois en matière de protection de l'environnement, publiée dans la chronique Observateur Chine d'un journal important Métropole méridional 南方都市报 (Nanfang dushi bao)http://www.nanfangdaily.com.cn/southnews/dd/dsb/, le 31 oct. 2007. page A31
L'auteur présente dans un premier temps la "révolution écologique" française, le Grenelle de l'environnement, le désignant comme "leader de la défense de l'environnement en Europe, voire dans le monde entier".
L'article analyse la politique française dans le domaine de la défense de l'environnement. Selon l'auteur, il existe une véritable culture écologiste en France ; les militants français de cette "culture des verts" ont réussi à introduire cette valeur du respect de la nature et de l'environnement dans le "politiquement correcte" de la société. Cette valeur partagée "par tout le monde" serait un appuie important pour J. Chirac qui a fait intégrer la Charte de l'environnement à la Constitution française l'an dernier. D'autre part, la France aurait été également le premier pays au monde a avoir institué un Ministère de l'environnement. Celui-ci inclut aujourd'hui les administrations de l'énergie et du transport, les domaines les plus pollueurs. Ainsi, serait constituée en France une nouvelle voie du développement économique dirigé par le respect et la protection de l'environnement.
Après cette présentation du cas français, l'auteur s'intéresse au système chinois. Selon lui, les problématiques fondamentales dans la gestion de l'environnement en Chine coïncident avec quelques défauts du régime politique : Le pouvoir public intervient trop souvent dans les activités économiques, mais ne fournit pas suffisamment de services publics qui lui sont confiés, y compris dans la protection de l'environnement et la surveillance du marché. Concernant l'attribution des ressources par le pouvoir public, les ressources environnementales sont comme les ressources économiques et sociales, attribuées de façon déséquilibrées. Par exemple les financements de la prévention et de la dépollution sont investis pour la quasi-totalité dans les grandes villes et dans l'industrie, mais très rarement dans les zones rurales. Quant à la participation des citoyens à la politique de l'environnement, leurs pouvoirs n'étant pas clairement définis dans le droit chinois, ils ne peuvent se protéger contre les entreprises pollueuses. Dans le même temps, les règlements sur la création des associations étant trop strictes, les citoyens peuvent difficilement utiliser cette arme pour protéger leurs droits. Ces insuffisances législatives, selon l'auteur, font que le système chinois en matière de protection de l'environnement est peu concret et efficace. Les autorités chinoises proposent des concepts de développement durable et de culture écologique similaires à ceux en France, mais ces concepts s'appliquent avec beaucoup de difficultés dans la réalité.
De plus, l'ignorance des administrations locales sur la question de l'environnement participe aux défaillances du système chinois de protection. Il n'est plus secret en Chine que certains fonctionnaires locaux de l'environnement ferment les yeux devant les problèmes de pollutions provoquées par de grandes entreprises, sources économique et financières de la région. Pour preuve, l'auteur cite la défaite du Bureau national de l'environnement dans la mise en place du projet "PIB vert" en septembre dernier.
L'auteur note aussi que le système législatif chinois actuel sur le traitement des déchets n'étant pas assez stricte, un grand nombre d'entreprises étrangères viennent s'installer en Chine pour profiter de cette lacune ; les déchets industriels dangereux venant de l'étranger sont ainsi très nombreux. Ceci constitue une source de pollution industrielle considérable.
À la fin de son rapport, l'auteur revient sur la politique française de l'environnement, en faisant la comparaison avec le régime chinois. Selon lui, dans un régime basé sur l'économie de marché où l'intervention du pouvoir public est par défaut faible, la France a encore un long chemin à parcourir afin de mettre en place son projet. D'autant plus que le coût de la protection de l'environnement s'ajoute à une économie déjà en difficulté et à des problèmes sociaux comme le chômage, le manque de ressources sociales et un conflit racial immergeant. Toutefois, l'intervention publique paraît être aujourd'hui une solution incontournable pour la protection de l'environnement. Sur ce point, l'auteur termine en résumant que "la civilisation écologique est une démonstration naturelle de la civilisation politique d'un pays", ce qui est, selon lui, "prouvé par la réalité du développement de la Chine".
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