A un mois de ses historiques Jeux Olympiques, Beijing semble prêt, à l'image de ses équipements sportifs et de ses rues refaites à neuf. Néanmoins, deux points noirs font tâche dans le décor : la pollution qui recouvre la ville, et les doutes plus que prononcés concernant la liberté de la presse pendant l'évènement sportif estival...
Alors que les Jeux Olympiques seront lancés avec la cérémonie d'ouverture le 8 août, les derniers préparatifs sont en phase de fignolage dans les rues pékinoises... Le plus difficile semblent derrière question infrastructures : les équipements sportifs sont fin prêts, et de nombreuses sections de la ville ont eu le droit à un ravalement de façade (souvent en sacrifiant le patrimoine traditionnel de certains quartiers)...
Les organisateurs des JO ont même fièrement inauguré le centre de presse et le centre international de radio-télédiffusion ce mardi. Quelques jours plus tôt avaient été mises en services deux nouvelles lignes de métro ainsi qu'une ligne de chemin de fer...
Bref, la capitale chinoise est dans les temps pour organiser des Jeux à l'image de ses attentes. Cependant, deux gros points noirs viennent perturber un tableau que toute la Chine aimerait idyllique.
D'une part, la pollution semble prendre des proportions importantes ces derniers jours à Pékin. Le ciel gris traduit une qualité de l'air déplorable, ce qui pose un problème majeur pour la tenue des épreuves sportives, notamment celles d'endurance.
Selon le CIO, certaines compétitions pourraient être reportées en cas de pic de pollution. Un affront que les organisateurs veulent à tout prix éviter, d'où le lancement de mesures draconiennes : d'ici le 20 juillet, des usines et sites de production industrielle de Beijing et ses environs vont être fermés provisoirement, tandis que des millions de véhicules seront interdits de circuler via un système de rotation basé sur les chiffres des plaques d'immatriculation.
Mais les problèmes ne s'arrêtent pas à la capitale chinoise puisque le site des épreuves nautiques, Qingdao, est lui aussi dans la tourmente. En effet, un problème d'éclosion d'algues marines menace les compétitions de voiles. Aujourd'hui, ce sont des milliers de volontaires et soldats qui luttent contre la montre pour nettoyer la baie de Qingdao...
D'autre part, la Chine est actuellement l'objet de critiques et mises en garde concernant la liberté de la presse pendant ses Jeux. En effet, en dépit des promesses faites en 2001 lors de l'attribution de l'Olympiade à Beijing, beaucoup se demandent quelle sera la réelle liberté accordée aux médias étrangers.
30 000 professionnels de l'information sont attendus en Chine pendant les épreuves sportives, et si les autorités chinoises ont promis de tenir leurs engagements, certains journalistes étrangers se sont plaint récemment d'entraves à leur travail alors qu'ils disposaient d'autorisations officielles...
Difficile alors de prévoir jusqu'où ira Pékin en matière de liberté de la presse, et des associations comme Amnesty International ou Human Right Watchers y sont allées chacune de leur pique : la première a adressé une lettre ouverte au président Hu Jintao et récolté plus de 100 000 signatures pour la libération de prisonniers politiques chinois, la seconde a édité un guide à l'usage des journalistes étrangers pour échapper au contrôle des autorités...
Mais l'attitude chinoise, pas forcément en phase avec les promesses (nées dans l'euphorie ?) de 2001, suit une certaine logique : les autorités craignent que des manifestations de dissidents soient relayées par les médias étrangers, aussi bien des défenseurs de la cause tibétaine, des membres de la secte Falun Gong, ou encore des séparatistes de tout autre minorité en colère...
Donc les JO pourraient ne pas satisfaire tout le monde... Mais il est une chose sur laquelle s'accordent la plupart des spécialistes et observateurs : l'olympiade de fera pas de la Chine une démocratie, mais l'aidera à avancer dans ce sens.
N.J. pour Chine Informations
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