Le numéro deux mondial de la grande distribution sacrifie ses supermarchés en Chine pour renforcer ses hypers et le hard-discount.
SANS état d'âme, José Luis Duran poursuit le nettoyage de printemps. Le directeur général de Carrefour l'avait promis. Son groupe ne restera pas dans le pays s'il estime qu'il ne peut pas s'imposer parmi les trois leaders du marché. Ce principe est affiné aujourd'hui : Carrefour évalue ses positions par segment de distribution et non plus seulement par pays. En Chine, l'enseigne, qui est de loin numéro un, a ainsi décidé d'abandonner les supermarchés.
Installé depuis 1995 dans l'empire du Milieu, Carrefour n'avait jamais vraiment mis l'accent sur cette branche. Sur ses 315 magasins chinois, 8 sont des supermarchés Champion, 73 des hypermarchés Carrefour et 234 des magasins hard-discount Dia. Encore a-t-il fallu attendre 2004 pour l'ouverture d'un premier Champion. Quatre magasins seront cédés à Shoulan, partenaire local de Carrefour. Pour les quatre autres, le groupe cherche un repreneur.
Le groupe dirigé par José Luis Duran explique que face à une «concurrence rude», l'enseigne Champion n'a pas donné les résultats escomptés. Attaqué par le numéro un mondial Wal-Mart, qui a annoncé il y a quelques semaines son intention de sextupler ses effectifs en cinq ans en Chine, Carrefour choisit de se recentrer sur ses points forts. Il poursuit donc les ouvertures d'hypermarchés – en moyenne un par mois – et de ses Dia – deux à trois par mois. Il est vrai que le marché chinois est l'un des plus juteux au monde. Avec plus d'un milliard d'habitants, la grande distribution y représente un chiffre d'affaires de 240 milliards de dollars, en hausse de 10% chaque année.
Dix milliards d'euros pour mille magasins
Carrefour souhaite mettre toutes les chances de son côté pour continuer à s'y tailler la part du lion. En 2005, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 2,4 milliards de dollars. Un chiffre qui n'est pas encore très significatif à l'échelle du groupe mais qu'il compte bien muscler.
En attendant, José Luis Duran accélère les désengagements de pays peu rentables. Le retrait des supermarchés chinois intervient après l'annonce de la sortie de Corée la semaine dernière, et les désengagements du Mexique, Japon, République tchèque et Slovaquie en 2005. Pour la Corée la liste des prétendants est déjà longue : l'américain Wal-Mart, le britannique Tesco et les coréens Lotte Shopping et Shinsegae, ont fait acte de candidature pour reprendre les 32 magasins pour près de 2 milliards de dollars. Mais José Luis Duran, qui est arrivé à la tête de Carrefour en 2004, n'est pas qu'un «cost-killer». C'est aussi l'homme de Le numéro deux mondial de la grande distribution sacrifie ses supermarchés en Chine pour renforcer ses hypers et le hard-discount.
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