En Chine comme ailleurs, scientifiques et protecteurs de l'environnement n'en reviennent pas. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a suspendu de façon inattendue un projet hydroélectrique gigantesque sur le fleuve Salouen.
Prenant sa source au Tibet et traversant la partie occidentale de la Chine, le Salouen est “l'un des derniers fleuves immaculés d'Asie”, note le New York Times. “Son cours supérieur traverse une région de canyons si riche du point de vue de la biodiversité que le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) l'a classé l'an dernier au patrimoine mondial."
Le projet mis en veille par le Premier ministre chinois consiste en la construction de 13 barrages dignes des ouvrages titanesques entrepris par Pékin sur le Yangtsé-kiang (fleuve Bleu). En outre, il implique le déplacement de près de 50 000 personnes, essentiellement issues de diverses minorités ethniques. “L'implication personnelle du Premier ministre est une démarche rare et surprenante de la part d'un gouvernement non démocratique, qui a montré par le passé peu d'intérêt pour les conséquences environnementales de ses grands projets de travaux publics.” Les défenseurs de l'environnement et les scientifiques sont partagés entre l'étonnement, le soulagement et l'espoir après le gel du projet de barrage. Comme le rappelle le New York Times, “le gouvernement communiste chinois a eu un impact désastreux sur l'environnement. Les niveaux de pollution de l'eau et de l'air en Chine sont parmi les pires de la planète."
Courrier International
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