
Voici un an, lors du salon de Frankfort, les voix étaient moqueuses, les attaques légion. Qui pouvait croire à ce 4 x 4 ? La charge était impitoyable ! Il suffisait d'évoquer ne serait-ce que du bout des lèvres la marque chinoise, l'on s'entendait alors dire d'une voix cinglante : « Qui donc l'achètera ? » Certains jouent l'ostracisme, s'engluent dans les préjugés. D'autres ne jugent pas, cherchent à comprendre et regardent, par le menu, le Landwind X-PEDITION. Ses atours ? Plutôt élégant ! Son Moteur ? D'origine japonaise livré en deux versions 2 roues motrices (2.0L et 2.4L) et 4 roues motrices (2.4L). Certains respirent, ils y voient l'assurance d'une mécanique solide ! Ils découvrent ensuite le tableau de bord. Ils cherchent dans les interstices, traquent la faille. Mais non ! Confortable, habillage électronique soigné, peu ou prou comme ses pairs ! Finalement, les préjugés s'érodent. Certains s'attablent, déclarent leur intérêt. Combien ? demandent-ils, la voix insolente. « 15 000 euros, premier prix ! » Ils s'étourdissent alors, comptent des doigts, le prix moyen d'un 4 x 4 est de 32 000 euros ! « Dites ? remarque l'un d'eux, avec un tel prix vous allez faire des ravages ! » « Ce n'est pas notre ambition, répond calmement une jeune femme, nous souhaitons juste rendre accessible ce qui ne l'est pas toujours ! » Un camerounais s'affaire, il veut le nom du constructeur, JMC (Jiangling Motors & Company). « J'en importerai bien cent dans mon pays ! Vous connaissez nos routes ? s'exclame-t-il, en me prenant à partie. Je vous le dis, seul un 4 x 4 peut leur tenir tête ! » L'on en vient à l'enrobage : les offres de financement, la garantie, l'assistance constructeur de 2 ans, kilométrage illimité, les modules d'après-vente, etc. Rien ne manque à l'appel ! Déjà en vente en Hollande et en Allemagne, le Landwind sera commercialisé en France, début 2007, par la société Asie Auto.
Sauf à craindre les escarmouches de certains lobbies, la chronique d'un succès attendu est indissociable de la personnalité apaisante d'Elizabeth Young. L'on nous disait la voiture accablée de tous les maux ! Polluante ! Gênante ! Proscrite du centre ville ! Pourchassée par les radars, les pervenches ! Brûlée ! Volée ! Qu'on se rassure ! Loin de l'angoisse palpable des présidents des grands groupes, du vernis technocratique des états major, de la raideur par trop confiante d'un Carlos Gohn, d'une communication calamiteuse (Peugeot), Elizabeth Young incarne un nouvel leadership, davantage à l'écoute de clients lassés par des prix en hausse et une pléthore de gadgets électroniques souvent inutiles. Changement de cap, de génération ! Libérant sur son visage un charme naturel, elle affiche une sérénité à toute épreuve. Sans doute doit-elle son calme à une passion ni feinte ni calculée pour les voitures. « Je les aime ! » clame-t-elle. Chez elle, la voiture n'est pas un pis aller dans une carrière conduite pour la gloire ou l'argent, c'est une raison d'être ! Sans doute doit-elle aussi cette force tranquille à son admiration pour la Chine dont elle vante l'énergie phénoménale. Pour conclure, ajoute-t-elle, « Nous allons réécrire l'histoire des japonais et des coréens en gagnant quelques années ! » Déjà, dans l'ombre, s'activent ses réseaux, hommes et femmes, qui l'aideront à tenir son objectif. Passant par là, une chinoise me dit d'une voix basse, « Demain, tout le monde sera heureux d'acheter des voitures à des prix convenables comme on achète aujourd'hui des ordinateurs. Voilà donc, ajoute-t-elle, la Chine offre au Monde la vraie démocratie, celle du produit accessible pour tous ! »
François de la Chevalerie (China Messengers)
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