Leur dossier est parti pour la Chine le 1er août. Angélique et Denis Bazalgues font partie des tout premiers candidats dont la demande a été traitée par la nouvelle Agence française de l'adoption (AFA). Pendant cinq ans, cette assistante commerciale et cet ingénieur aéronautique chez Airbus ont essayé de faire un enfant, sans succès : «On s'est arrêtés avant la fécondation in vitro.» Pour l'adoption, ils ont toujours pensé à l'Asie, un continent qui leur plaît. «Un jour ou l'autre, notre enfant nous demandera des informations sur ses origines, il faut qu'on puisse avoir envie de retourner dans son pays avec lui.» Angélique, 37 ans, et Denis, 40, ont souhaité passer par un organisme agréé pour l'adoption (OAA). Il y en a neuf dans leur département de Haute-Garonne. Ils ont écrit une lettre de motivation de plusieurs pages : «Vous vendez le fait que vous serez de bons parents. Pas facile.» La plupart ont refusé en envoyant une lettre type.
Angélique et Denis ne voulaient pas partir tout seuls. Sur les forums consacrés à l'adoption, les internautes commencent à parler de l'Agence française pour l'adoption. Le 23 mai, soit quatre jours après son ouverture, le couple écrit à l'agence, puis envoie un dossier complet. Angélique avait préparé à l'avance tous les documents requis. Elle appelle régulièrement. Ses interlocuteurs cessent vite d'être des anonymes. «Je les ai un peu harcelés», raconte Angélique. A l'agence, on calme un peu son enthousiasme. «On nous a bien dit que ce n'était pas sûr que les dossiers arrivent au bout», répète Angélique. Mais elle reste «très confiante» . Elle connaît déjà tout le vocabulaire des procédures d'adoption en Chine, parle en code : «DTC» (date to China), la «review room» (où l'on inspecte le dossier), la «matching room» (la salle d'apparentement). Angélique a monté un blog pour renseigner les candidats à l'adoption en Chine (1). Elle a calculé les délais et pense qu'ils pourront partir «mi-octobre de l'année prochaine» . Ils cumuleront leurs congés. En attendant, ils se renseignent sur la culture chinoise et ont acheté le Lonely Planet . Quand Angélique parle de l'enfant à venir, elle dit «elle» : au pays de l'enfant unique, ce sont les petites filles qu'on adopte. Avant, sur les forums, elle regardait les messages sur les démarches d'adoption. Aujourd'hui, ses yeux traînent sur les questions liées à l'alimentation, au sommeil. Angélique et Denis commencent à se demander s'il faudra acheter une poussette, trouver une nourrice. «On regarde davantage les enfants autour de nous.» Ils disent : «On fera ça, on ira là. Quand on sera avec la petite.»
Charlotte ROTMAN
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