Les Occidentaux doivent connaître davantage la Chine et soutenir les réformes réussies de la Chine, du fait que celle-ci est très importante pour le monde, Thomas Heberer, président des Etudes sur l'Asie orientale à l'université de Duisburg-Essen (Allemagne), dans une interview à Xinhua.
"La Chine est très importante pour la communauté internationale et les problèmes mondiaux ne peuvent être résolus sans la Chine.
Ceux qui ne sont jamais allés en Chine se rendront compte peu à peu du fait que la Chine est complètement différente de ce qu'ils imaginent", a souligné M. Heberer, qui a travaillé de 1977 à 1981 en Chine pour l'hebdomadaire Beijing Review.
Pour lui, les couvertures largements négatives par les médias occidentaux des émeutes au Tibet, ainsi que d'autres questions chinoises ont avéré une "hystérie" et une "diabolisation de la Chine".
Le changement de l'"idéalisation" à la "diabolisation" de la Chine est dû à "la coïncidence d'un certain nombre de facteurs malheureux", notamment "la détérioration de la description médiatique de la Chine depuis la fin des années 90", "la crainte de la délocalisation d'entreprises à l'étranger, notamment vers la Chine", "la crainte du piratage des produits allemands" et "la crainte d'une éventuelle domination par la Chine", a indiqué Thomas Heberer, sinologue allemand de premier plan.
"Ces craintes sont renforcées par les reportages négatifs sur la Chine. D'autant plus que le gouvernement allemand n'a pas contrebalancé cette tendance", a regretté M. Heberer qui s'est rendu pour la première fois en Chine en 1975 et qui a sillionné la terre chinoise.
La majorité des Allemands et des Européens a très peu de connaissances sur la Chine et le Tibet, a indiqué M. Heberer, ajoutant qu'il est encore plus difficile d'avoir des informations objectives à ce propos sur internet étant donnés la grande quantité d'informations à trier dans un cyper-espace "démocratisé".
"Ceux qui connaissent peu la Chine ne peuvent avoir un jugement objectif. Ils croient aux médias qui préfèrent prendre les sujets qui se vendent", a-t-il expliqué.
"Puisque j'ai visité diverses parties de la Chine dans le cadre des recherches tous les ans depuis 1981, je connais les grands changements dans le pays", a poursuivi M. Heberer, qui se consacre depuis 1981 aux recherches sur le développement social en Chine.
Le changement fondamental de la fermeture sur elle-même d'avant les années 70 à l'ouverture au monde extérieur, les réformes phénoménales de l'économie planifiée rigide à l'économie de marché, ainsi que le pluralisme et la libéralisation croissant depuis la fin des années 70, ont fait de la Chine un pays de plus en plus ouvert et libre, a conclu M. Heberer.
Selon lui, il n'est pas surprenant que la transformation de l'économie planifiée en celle de marché ait en même temps apporté à la Chine beaucoup de problèmes, dont l'écart du revenu en croissance entre régions urbaines et rurales, le développement déséquilibré entre différentes régions et la corruption.
Il a également observé que le développement du système légal en Chine reste à la traîne par rapport à la transformation économique.
Mais "ce sont tous des phénomènes temporaires, qui pourront être résolus à la fin du processus de transformation", a souligné M. Heberer.
"En fait, dans un pays tellement grand avec des structures tellement complexes, les problèmes ne peuvent être résolus simultanément. La stabilité sociale et la croissance économique sont actuellement les priorités majeures avec le développement durable", a-t-il analysé.
"La transformation de la Chine prend du temps et de la patience. Et la direction chinoise a également prouvé sa capacité de tirer des leçons des erreurs et de les corriger", a-t-il ajouté.
"L'Allemagne et l'Europe doivent soutenir la Chine dans sa transformation réussie", a assuré M. Heberer qui refuse le point de vue qu'il y ait finalement une confrontation entre la Chine en croissance et l'Occident.
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